ANGLE DOMINANT
Moscou retient de la démission de Vučić la confirmation que le refus serbe de sanctionner la Russie a nourri la contestation intérieure, plus qu'un simple remaniement institutionnel à Belgrade.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Vučić a signé sa démission dimanche 27 septembre en vertu de l'article 116, alinéa 5, de la Constitution serbe, transférant ses pouvoirs lundi à la présidente du Parlement Ana Brnabić (Sputnik, TASS).
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Il attribue à plus de 70% le refus serbe des sanctions anti-russes comme cause de la tentative de « révolution de couleur », propos tenus dimanche sur la télévision publique RTS (RIA Novosti).
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Vučić conduira la liste du Parti progressiste serbe (SNS) aux législatives anticipées du 25 octobre pour devenir premier ministre, face au cardiologue Ilija Srdanović, tête de la coalition « Liste étudiante » (TASS).
ANALYSE
Moscou, 28 septembre 2026. La démission d'Aleksandar Vučić, annoncée dimanche 27 septembre depuis le palais présidentiel de Belgrade, est décryptée par la presse russe à travers le prisme des sanctions occidentales contre la Russie. En vertu de l'article 116, alinéa 5, de la Constitution serbe, Vučić a signé sa démission en direct à la télévision, précisant qu'il transférerait ses pouvoirs lundi à la présidente du Parlement, Ana Brnabić, qui assurera l'intérim jusqu'à une élection présidentielle devant se tenir avant le 27 décembre, selon TASS et Interfax.
Mais c'est surtout l'explication que Vučić donne lui-même de la contestation qui retient l'attention à Moscou. Dimanche, sur la télévision publique RTS, il a affirmé que le refus de Belgrade d'imposer des sanctions à la Russie depuis la décision du Conseil de sécurité nationale serbe de mars 2022 était, selon ses mots, « à plus de 70 % la véritable raison » des tentatives de « révolution de couleur » qui secouent le pays depuis près de deux ans, rapporte RIA Novosti. Il a rappelé que Belgrade avait soutenu quatre des treize points de la résolution de l'ONU condamnant les actions russes en Ukraine, sans pour autant adopter de sanctions ni de saisies de biens d'entreprises russes.
Vučić a aussi fait état, samedi, d'un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, le remerciant de « quatorze ans de coopération » et espérant que les futurs présidents serbes maintiennent un équilibre « entre tous les facteurs de la scène internationale », selon RIA Novosti et Vedomosti.
Sur le plan électoral, Vučić, président depuis 2017 et réélu en 2022, conduira la liste du Parti progressiste serbe aux législatives anticipées du 25 octobre pour briguer le poste de premier ministre, face au cardiologue de Novi Sad Ilija Srdanović, tête de la coalition « Liste étudiante », selon TASS. RT décrit des partisans rassemblés devant le palais présidentiel, scandant des remerciements et saluant en lui un « génie politique ».
La chaîne serbe N1, citée par Interfax, confirme le départ effectif de Vučić dimanche. Meduza replace la décision dans le contexte de près de deux ans de mobilisation nés de l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad, qui a fait 16 morts le 1er novembre 2024, et rappelle que les Serbes devront voter deux fois : aux législatives du 25 octobre, puis à une présidentielle possible dès le 1er novembre.
SOURCES (7)
- SputnikMOYEN
- InterfaxMOYEN
- VedomostiMOYEN
- RIA NovostiMOYEN
