ANGLE DOMINANT
Vilnius décrypte la démission d'Aleksandar Vučić comme un transfert de pouvoir calculé, de la présidence vers un poste de Premier ministre constitutionnellement plus fort, en pleine contestation étudiante.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Vučić a démissionné dimanche 27 septembre pour conduire la liste du SNS aux législatives anticipées du 25 octobre et briguer le poste de Premier ministre, plus puissant que la présidence qu'il occupait depuis 2022.
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La présidente du Parlement Ana Brnabić assure l'intérim ; l'élection présidentielle doit se tenir dans les 90 jours, avec un premier tour espéré par Vučić « d'ici fin décembre ».
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Le mouvement « Les étudiants gagnent », né après l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad (16 morts, novembre 2024), et la coalition « Serbie européenne » contestent le SNS aux législatives.
ANALYSE
Vilnius, 28 septembre 2026. Dimanche 27 septembre, le président serbe Aleksandar Vučić a annoncé sa démission depuis le palais présidentiel de Belgrade, devant des centaines de partisans agitant des drapeaux. « C'est ma dernière soirée dans ce bâtiment », leur a-t-il lancé quelques minutes avant de quitter ses fonctions, avant d'ajouter : « J'ai servi fidèlement mon peuple et ma patrie, la Serbie. Je suis fier de ce que nous avons accompli ensemble. »
La presse lituanienne, qui relaie le dossier depuis Belgrade, souligne que la manœuvre a un objectif précis : conduire, le 25 octobre, la liste du Parti progressiste serbe (SNS) aux législatives anticipées, pour ensuite briguer le poste de Premier ministre — constitutionnellement plus puissant que la présidence qu'il occupait depuis sa réélection de mai 2022. La Constitution lui interdisait de toute façon un troisième mandat présidentiel.
En attendant l'élection d'un nouveau chef de l'État, l'intérim revient à la présidente du Parlement, Ana Brnabić : Vučić a précisé lui transmettre ses fonctions « demain matin ». Le scrutin présidentiel doit se tenir dans les 90 jours, avec une campagne de 30 à 60 jours ; il a évoqué un premier tour « d'ici fin décembre ». Il avait annoncé son intention de démissionner dès l'été, avant de fixer la date du scrutin au début du mois, invoquant « de grands troubles sur la scène politique du pays ».
Selon les récits lituaniens, le calendrier d'octobre répond à l'une des principales revendications du mouvement né après l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad en novembre 2024, qui a fait 16 morts et déclenché, selon ces mêmes journaux, les plus grandes manifestations en Serbie depuis la chute de Slobodan Milošević en 2000 — parfois des centaines de milliers de personnes dans la rue. Face au SNS et à ses alliés, le mouvement « Les étudiants gagnent » et la coalition d'opposition « Serbie européenne » doivent encore désigner leurs candidats à la présidentielle.
Vučić, élu président en 2017 et reconduit en 2022, justifie son choix en assurant vouloir « se battre comme un homme ordinaire, comme un membre du peuple ». Quelques minutes avant sa démission, il a également usé de ses prérogatives constitutionnelles pour accorder des grâces, un geste que la presse lituanienne relie directement aux poursuites nées de la contestation étudiante.
SOURCES (2)
- 15minMOYEN
- Verslo ziniosMOYEN
