ANGLE DOMINANT
Doha décrypte la démission d'Aleksandar Vučić comme une manœuvre pour prolonger son emprise sur le pouvoir serbe, en changeant de fauteuil plutôt qu'en quittant la scène.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Aleksandar Vučić a démissionné dimanche 27 septembre pour se présenter comme candidat au poste de Premier ministre à la tête de la liste du SNS aux législatives anticipées du 25 octobre.
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Il a gracié 49 personnes juste avant de quitter ses fonctions, dont 23 condamnées en lien avec les manifestations étudiantes.
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Ana Brnabić, présidente du Parlement et alliée proche de Vučić, assure l'intérim présidentiel en attendant une élection.
ANALYSE
Doha, 28 septembre 2026. La presse qatarie suit avec attention le tournant institutionnel serbe : dimanche 27 septembre, Aleksandar Vučić a annoncé sa démission de la présidence pour conduire la liste de son Parti progressiste serbe (SNS) aux élections législatives anticipées du 25 octobre et briguer le poste de Premier ministre. Al Jazeera souligne que la Constitution lui interdisait un troisième mandat présidentiel — son second mandat devait s'achever en mai prochain — et note qu'il est désormais « seeking to extend his hold on power through the parliamentary vote ». La chaîne rappelle qu'il domine la vie politique serbe, comme président ou Premier ministre, depuis 2014.
Selon Gulf Times, Vučić a prononcé son discours de démission depuis le palais présidentiel de Belgrade, où des soutiens rassemblés dehors scandaient son nom. « Je démissionne de la présidence, a-t-il déclaré. Demain matin, je remettrai mes fonctions à la présidente du Parlement. » Ana Brnabić, alliée proche, assurera l'intérim présidentiel dans l'attente d'une élection. Le quotidien précise que rien dans la loi ne l'obligeait à démissionner, et cite sa formule : « I want to compete as an ordinary man, as one of the people. »
Les deux titres relient ce basculement au mouvement étudiant né après l'effondrement, le 1er novembre 2024, de l'auvent de la gare de Novi Sad, qui avait tué 16 personnes. Al Jazeera évoque certaines des plus grandes manifestations de l'histoire du pays, mobilisant des centaines de milliers de personnes autour d'accusations de corruption, de manque de transparence et d'ingérence politique dans les institutions — accusations que Vučić et ses alliés rejettent. Gulf Times ajoute que la tragédie a déclenché les plus grandes protestations depuis la chute de Slobodan Milošević en 2000, le président ayant fini par céder à la demande d'élections anticipées en évoquant une « turbulence majeure sur la scène politique intérieure ».
Minutes avant d'officialiser son départ, Vučić a usé de ses pouvoirs constitutionnels pour gracier 49 personnes, dont des étudiants et des fidèles de son parti soupçonnés d'infractions liées aux manifestations. « J'ai décidé de gracier 49 personnes, dont 23 en lien avec les terribles événements que nous avons traversés depuis un an et demi », a-t-il précisé. Pour la presse qatarie, cette démission calculée illustre une stratégie de conservation du pouvoir plus qu'un retrait politique.
