ANGLE DOMINANT
Bruxelles décrypte la manœuvre : un président qui troque son fauteuil pour un poste plus puissant, à la veille d'un scrutin législatif anticipé marqué par la contestation étudiante.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Aleksandar Vučić, 56 ans, a annoncé sa démission dimanche 27 septembre devant le palais présidentiel : « Je démissionne de mes fonctions de président ».
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Ana Brnabić, présidente du Parlement, assure l'intérim dès ce lundi ; une nouvelle élection présidentielle doit se tenir dans un délai maximal de trois mois.
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Juste avant son départ, Vučić a gracié 49 personnes, dont 23 étudiants et sympathisants de son parti poursuivis pour des faits liés aux manifestations.
ANALYSE
Bruxelles, 28 septembre 2026. La démission d'Aleksandar Vučić, annoncée dimanche 27 septembre devant le palais présidentiel de Belgrade, est lue à Bruxelles comme une manœuvre de pouvoir plus qu'un retrait. « Je démissionne de mes fonctions de président », a déclaré le chef de l'État serbe devant ses partisans, avant d'ajouter : « Demain matin, je remettrai mon mandat au président de l'Assemblée nationale. » À 56 ans, et après deux mandats présidentiels que la Constitution serbe lui interdisait de renouveler, Vučić ne quitte pas la scène : il prend la tête de liste de son Parti progressiste serbe (SNS) pour les élections législatives anticipées du 25 octobre, avec l'objectif déclaré de redevenir Premier ministre, un poste jugé formellement plus puissant que la présidence.
L'intérim reviendra dès ce lundi à Ana Brnabić, présidente du Parlement et alliée proche de Vučić, en attendant l'organisation d'une élection présidentielle dans un délai maximal de trois mois. Quelques minutes avant d'annoncer son départ, le président sortant a encore usé de ses prérogatives constitutionnelles pour gracier 49 personnes, dont 23 étudiants et sympathisants de son parti poursuivis pour des faits liés aux manifestations qui secouent le pays depuis près de deux ans.
Le scrutin du 25 octobre se tient dans un climat de contestation inédit pour Vučić, président puis désormais candidat Premier ministre, en position dominante depuis 2014. Le mouvement, porté principalement par des étudiants, est né après l'effondrement d'un auvent à la gare de Novi Sad en 2024, qui avait fait 16 morts et nourri, depuis, des accusations de corruption et de mauvaise gestion des institutions. Le SNS y affrontera deux blocs distincts : un mouvement issu directement des mobilisations étudiantes contre la corruption, et une coalition de partis d'opposition pro-européens qui espère profiter de l'usure du pouvoir en place.
Pour la presse belge, l'enjeu tient moins à la forme institutionnelle du pouvoir qu'à sa continuité : en changeant de fauteuil, Vučić cherche à préserver son influence politique sans affronter la limite constitutionnelle des deux mandats présidentiels qu'il a déjà épuisés. La candidature européenne de la Serbie, évoquée en fin d'article mais non développée par les sources belges, reste en arrière-plan d'un récit centré avant tout sur la mécanique électorale interne et sur le bras de fer avec la rue.
