ANGLE DOMINANT
Budapest décrypte dans la démission d'Aleksandar Vučić un repositionnement tactique plus qu'un retrait : la presse hongroise retient surtout la promesse de poursuivre l'intégration européenne serbe sans rompre avec les partenaires de l'Est.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Vučić a démissionné dimanche 27 septembre à Belgrade pour se présenter comme tête de liste du SNS et candidat au poste de Premier ministre aux législatives anticipées du 25 octobre (Index HU, HVG, 444, Telex).
- 02
Selon HVG et 444, Vučić revendique un demi-million d'emplois déclarés supplémentaires depuis 2012 et 686 km d'autoroutes et voies rapides construits en treize ans.
- 03
Ana Brnabić, présidente du Parlement, assurera l'intérim présidentiel pendant au maximum 90 jours, selon 444.
ANALYSE
Budapest, 28 septembre 2026. La démission d'Aleksandar Vučić, annoncée dimanche 27 septembre à Belgrade, occupe la presse hongroise sous un angle précis : moins celui d'un départ que celui d'un repositionnement institutionnel. Index, HVG, 444 et Telex rapportent tous que le président serbe a quitté ses fonctions pour se présenter comme tête de liste du Parti progressiste serbe (SNS) et de ses alliés, sous la bannière « Aleksandar Vučić – Serbie unie », aux législatives anticipées du 25 octobre, avec l'objectif assumé de redevenir Premier ministre.
Selon HVG et 444, Vučić a justifié sa démission par l'équité de la compétition électorale : « Egyszerű emberként, a nép egyik tagjaként akarok versenyezni » (« Je veux concourir en homme ordinaire, comme un membre du peuple »), a-t-il déclaré, ajoutant qu'il aurait pu rester en poste pendant la campagne mais jugeait « plus honnête » de partir d'abord. Il a signé sa lettre de démission en public et doit remettre les fonctions présidentielles lundi matin à Ana Brnabić, présidente du Parlement, qui assurera l'intérim pendant au maximum quatre-vingt-dix jours, selon 444.
La presse hongroise relaie longuement le bilan que Vučić a dressé de son mandat : une croissance « jamais vue » du PIB, un demi-million d'emplois déclarés supplémentaires depuis 2012 et 686 kilomètres d'autoroutes et de voies rapides construits en treize ans, chiffres cités par HVG et 444. Il a fixé pour priorités la paix, la stabilité, les intérêts nationaux et la protection des Serbes du Kosovo, tout en affirmant que la Serbie doit poursuivre son intégration européenne « sans rompre » ses liens avec ses « partenaires traditionnels de l'Est » — une formule reprise par Index, HVG et Telex.
Telex rappelle le contexte de contestation : depuis l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad, qui a tué seize personnes en 2024, des manifestations anti-Vučić se poursuivent, les protestataires dénonçant une corruption généralisée. Le média note aussi que Vučić avait annoncé dès juin son intention de démissionner « dans quelques semaines ». La Constitution serbe limitant à deux le nombre de mandats présidentiels, son second mandat aurait de toute façon expiré en 2027.
Le récit hongrois rapporte peu de jugement propre sur Vučić : il restitue ses mots, y compris ses accusations contre une opposition qui « refuserait le dialogue » tout en diffusant, selon lui, des contre-vérités à son sujet.
SOURCES (4)
- 444MOYEN
- Index HUMOYEN
- TelexMOYEN
- HVGMOYEN
