ANGLE DOMINANT
Paris décrypte la démission d'Aleksandar Vučić comme une manœuvre pour contourner la limite du troisième mandat présidentiel en briguant un poste de Premier ministre jugé plus puissant, sur fond de contestation étudiante.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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« Je démissionne de mes fonctions de président », a déclaré Aleksandar Vučić dimanche 27 septembre devant le palais présidentiel de Belgrade (RFI, France 24).
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Le scrutin législatif anticipé, fixé au 25 octobre, devait initialement se tenir en décembre 2027 avant d'être avancé début septembre (RFI, France 24).
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Vučić dit avoir gracié 49 personnes, dont 23 condamnées en lien avec les manifestations, parmi ses derniers actes de président.
ANALYSE
Paris, 28 septembre 2026. La presse française lit la démission d'Aleksandar Vučić comme un coup tactique plus qu'un retrait. Dimanche 27 septembre, devant le palais présidentiel de Belgrade où ses partisans scandaient son nom, le chef de l'État serbe a lancé : « Je démissionne de mes fonctions de président. Demain matin, je remettrai mon mandat au président de l'Assemblée nationale. » L'objectif affiché est de conduire la liste de son Parti progressiste serbe (SNS) aux élections législatives anticipées du 25 octobre, pour ensuite briguer le poste de Premier ministre — une fonction jugée formellement plus puissante que la présidence.
Les rédactions françaises rappellent que la Constitution serbe interdisait à Vučić, président depuis 2017 et réélu en mai 2022, un troisième mandat, lequel devait de toute façon s'achever en mai prochain. Le Monde souligne que « la loi ne l'obligeait pas à démissionner » : le geste est présenté comme un choix stratégique, non une contrainte légale. En fonction, comme président ou Premier ministre, depuis 2014, l'homme fort du SNS entend rester aux commandes en changeant de titre.
Le fil des articles insiste sur l'origine du scrutin anticipé : une revendication portée depuis près de deux ans par le mouvement étudiant né après l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad, qui a tué 16 personnes le 1er novembre 2024 et a été largement attribué à la corruption. RFI et France 24 rappellent que ces manifestations comptent parmi les plus importantes en Serbie depuis la chute de Slobodan Milošević en 2000, ayant rassemblé jusqu'à plusieurs centaines de milliers de personnes. Le scrutin, initialement prévu en décembre 2027, a été avancé début septembre, Vučić invoquant alors « d'importantes turbulences sur la scène politique intérieure ».
Sur le fond, les articles notent que le président sortant a gracié 49 personnes, dont 23 condamnées en lien avec les manifestations, l'un de ses derniers actes avant de quitter ses fonctions. Il dit vouloir se présenter « comme un homme ordinaire, comme l'un des membres du peuple ». La présidence reviendra par intérim à la présidente du Parlement, Ana Brnabić, en attendant une élection présidentielle. Pour la presse française, cette séquence dessine moins une alternance qu'un réaménagement du pouvoir personnel de Vučić, désormais suspendu au verdict des urnes du 25 octobre face à une opposition étudiante toujours mobilisée.
SOURCES (4)
- Ouest-FranceMOYEN
