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Au-delà du pacte avec Islamabad, Riyad multiplie les sollicitations : aide antiaérienne demandée à Paris, Londres et Le Caire, discussions engagées avec Israël sous supervision américaine, pourparlers directs à Mascate entre diplomates américains et houthistes. Un Eurofighter italien a été touché à Taëf jeudi, et le diesel a atteint un record en Allemagne.
Aucun pays tiers n'est engagé militairement aux côtés de Riyad : le Pakistan promet un soutien, Washington propose du renseignement, et l'alerte du 19 septembre reste sans origine confirmée.
À court d'intercepteurs, l'Arabie saoudite a sollicité la France, le Royaume-Uni, l'Égypte et le Pakistan pour renforcer sa défense antiaérienne, rapportent l'agence AP citée par Gulf Times et RT. Washington, engagé face à l'Iran, voit lui aussi ses propres stocks se réduire, selon les mêmes sources.
« Ils ne captaient pas le signal. Ils ne voyaient pas les signes. »
Selon plusieurs sources diplomatiques citées par le Jerusalem Post et relayées par L'Express, Riyad et Jérusalem ont par ailleurs engagé des discussions, sous l'égide du commandement américain CENTCOM, sur un éventuel appui israélien en renseignement contre les houthistes. La presse saoudienne, elle, ne mentionne pas ce canal.
Cette quête d'appuis intervient alors qu'un diplomate occidental, cité par Ynetnews et Rappler, évoque un raté généralisé du renseignement face à une milice qui aurait rassemblé environ 100 000 combattants sans être détectée.
Selon cinq sources citées par Reuters et relayées par Rappler, Observador et Ynetnews, des représentants américains ont rencontré des responsables houthistes le week-end du 13 septembre à l'ambassade des États-Unis à Mascate, une réunion coorganisée par le gouvernement omanais. Les houthistes s'y seraient engagés à épargner les navires américains et israéliens, limitant leurs cibles aux bâtiments saoudiens.
Le département d'État américain n'a pas confirmé la rencontre, évoquant seulement la nécessité de garantir la liberté de navigation en mer Rouge, selon Observador. Le vice-président JD Vance a de son côté confirmé lundi que Washington était engagé dans des conversations directes avec les houthistes, se disant maître de la situation, selon Axios.
Sur la portée exacte du pacte pakistanais, les lectures divergent. Le général Ahmed Sharif Chaudhry a promis un soutien saoudien total et le ministre de la Défense Khawaja Asif a jugé que le moment était venu d'appliquer le pacte de Makkah, selon Geo News et Arab News. France 24, citant l'agence AP, relève au contraire que ni le Pakistan ni la Turquie n'avaient reçu, à cette date, de demande saoudienne formelle de soutien.
Un Eurofighter F-2000 italien a été touché et endommagé jeudi lors d'une attaque houthiste contre la base aérienne de Taëf, où sont déployés des militaires italiens au titre de la mission Inherent Resolve, sans faire de blessé, a précisé le ministre de la Défense Guido Crosetto, selon La Repubblica.
Face à l'absence de décision européenne commune, Crosetto a annoncé vouloir faire escorter les navires italiens à Bab el-Mandeb sans attendre la mission Aspides, avertissant que retarder ces passages revient à retarder l'économie, selon ANSA. Plus de 1 200 navires traversent chaque mois le détroit depuis l'été, en hausse de 28 % en nombre par rapport à l'été 2025 mais encore 39 % sous les niveaux d'avant-crise.
Le diesel a atteint en Allemagne son prix le plus élevé jamais enregistré, rapporte Handelsblatt, tandis qu'aux États-Unis il frôlait un record à 6,40 dollars le gallon, selon Gulf Times ; le baril de Brent se négociait vendredi à 103,83 dollars, en repli malgré les frappes, selon CNBC.
Le ministère qatari des Affaires étrangères a jugé qu'une fermeture de Bab al-Mandab serait catastrophique pour le monde entier, la région ne pouvant selon lui absorber un second détroit fermé après Ormuz, rapporte Gulf Times. La Chine, qui a acheté en 2025 plus de 80 % des exportations maritimes de pétrole iranien et échange environ 300 milliards de dollars par an avec le Golfe, a un intérêt économique direct à la stabilité de la zone, souligne la presse roumaine.
Les houthistes revendiquent plusieurs succès aériens non confirmés par Riyad : la destruction d'un F-15 saoudien au-dessus du gouvernorat de Marib, filmée et diffusée par la chaîne al-Masirah, ainsi que l'interception de deux autres appareils au-dessus de Mokha, rapportent RT, TASS et Swarajya.
Le porte-parole militaire houthiste Yahya Saree revendique environ 450 frappes saoudiennes en une semaine et 26 en vingt-quatre heures, un décompte que Riyad n'a pas confirmé, selon Al Jazeera, Digi24 et Ratopati.
La fiabilité des images circulant en ligne est elle-même questionnée : l'équipe de vérification des faits de Deutsche Welle a identifié une vidéo virale de neuf secondes, vue plus de 340 000 fois, présentée à tort comme montrant des frappes houthistes sur Abha, alors qu'elle est ancienne et générée par intelligence artificielle.
À Jakarta, la diplomatie indonésienne suit un autre fil : 74 des 77 ressortissants recensés à Mokha restent bloqués dans le port pris par les houthistes, selon le ministère indonésien des Affaires étrangères, qui appelle à une désescalade plutôt qu'à prendre parti.
Accord de défense mutuelle signé en septembre 2025 entre l'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie.
Pékin a demandé en privé à Téhéran d'aider à retenir les houthistes après un appel de Riyad, selon trois sources iraniennes.
Des diplomates américains ont rencontré des représentants houthistes à Oman pour préserver le cessez-le-feu de 2025.
Un Yéménite tué à Taëf par des débris de drone jeudi, premier mort annoncé par le royaume depuis juillet.
20 perspectives, chacune dans la voix de la presse de son pays.
Riyad rallie une large coalition de condamnations diplomatiques face aux houthistes, pendant que ses défenses aériennes interceptent drones et débris visant La Mecque et Taëf.
2 sources
Ankara appuie fermement Riyad, dénonçant l'attaque de drone houthiste contre La Mecque et réaffirmant sa solidarité avec la souveraineté saoudienne, alors que Washington reste en retrait militaire.
2 sources
Washington ménage une ligne de crête entre soutien verbal à Ryad et refus d'engagement militaire, misant sur le renseignement et des pourparlers discrets avec les houthistes pour préserver la liberté de navigation en mer Rouge.
6 sources
Canberra pèse d'abord l'onde de choc pétrolière de l'offensive houthiste, plus que son volet militaire ou diplomatique
2 sources
Dhaka mesure d'abord le risque économique d'une guerre qui referme, après le détroit d'Ormuz, une seconde route pétrolière vitale pour l'Asie, avant l'onde de choc sécuritaire qui frappe Riyad.
2 sources
Berlin mesure la crise du Bab al-Mandab à l'aune de son propre prix à la pompe : détroit bloqué, diesel au plus cher jamais enregistré, et Rome qui agit seule pendant que l'UE hésite.
3 sources
Addis-Abeba mesure les répercussions économiques de la crise en mer Rouge, où le blocus houthiste contre les pétroliers saoudiens fait grimper les prix du pétrole et menace la stabilité d'une route maritime dont dépend le commerce régional de la Corne de l'Afrique.
2 sources
Paris décrypte les failles de l'architecture de sécurité saoudienne : entre la promesse pakistanaise, la retenue américaine et l'appel discret à Israël, Riyad cherche à combler le vide laissé par Washington face aux houthistes.
6 sources
Jakarta mesure d'abord le sort de ses 74 ressortissants bloqués à Mokha et appelle à la désescalade, tandis que Riyad mobilise des appuis pakistanais et égyptiens face à l'offensive houthiste.
2 sources
Israël décrypte l'offensive houthiste comme un effondrement du renseignement saoudien qui rebat les équilibres régionaux, tout en relevant que les rebelles épargnent explicitement les navires israéliens.
2 sources
New Delhi décrypte avant tout le pacte de défense mutuelle liant Islamabad à Riyad : le Pakistan promet d'aller « jusqu'au bout » face aux houthistes, tandis que Washington se limite à une offre de renseignement.
2 sources
Rome tranche que la crise houthiste n'est plus une affaire lointaine : son propre Eurofighter a été touché à Taëf et Crosetto annonce vouloir escorter ses navires à Bab el-Mandeb sans attendre l'Europe.
2 sources
Katmandou distingue deux fronts dans la crise du Yémen : la pression diplomatique discrète de Pékin sur Téhéran, révélée par Reuters, et l'intensification des combats sur le terrain, décrite par le porte-parole militaire houthiste lui-même.
2 sources
Lima mesure la crise à l'aune du baril : la presse péruvienne retient surtout la menace pesant sur les exportations pétrolières saoudiennes et la flambée des prix au-dessus de 100 dollars, plus que la bataille militaire elle-même.
2 sources
Manille scrute avant tout les risques pesant sur l'approvisionnement pétrolier mondial et sur la sécurité de ses ressortissants dans le Golfe, alors que l'offensive houthiste menace les routes énergétiques dont dépend l'archipel.
2 sources
Islamabad revendique un rôle de garant régional : à l'ONU comme par la voix de son ministre de la Défense, le Pakistan affirme qu'il ira « jusqu'au bout » pour protéger l'Arabie saoudite et les Lieux saints, au nom du pacte de Makkah et de l'accord de défense mutuelle de 2025.
4 sources
Lisbonne dissocie le double langage de Washington : les houthistes promettent d'épargner les navires américains et israéliens lors d'une rencontre secrète à Mascate, tandis que seuls les pétroliers saoudiens restent visés par le blocus en mer Rouge.
2 sources
Doha tire la sonnette d'alarme : la perte de Bab el-Mandeb serait « catastrophique pour le monde entier », et l'émirat replace la crise saoudienne dans le cadre plus large des routes énergétiques mondiales, plutôt que du seul affrontement militaire avec les houthistes.
2 sources
Bucarest décrypte la médiation chinoise en coulisses face à l'avancée houthiste, plus que l'alerte aérienne sur Riyad elle-même.
2 sources
Moscou dissèque un front militaire en pleine bascule : les agences russes détaillent heure par heure les revendications houthistes, l'isolement diplomatique de Riyad et le refus américain de frapper.
5 sources
Points communs et différences de traitement dans les médias analysés.
L'intensification de l'offensive houthiste contre l'Arabie saoudite, dans la continuité du blocus maritime imposé depuis juillet contre les pétroliers saoudiens, constitue la toile de fond commune à l'ensemble de la couverture suivie.
Les houthistes ont étendu leur contrôle sur le littoral yéménite de la mer Rouge — notamment le port de Mokha, l'île de Perim et le détroit de Bab al-Mandab — menaçant une route commerciale majeure, un fait rapporté par la majorité des perspectives suivies.
Les déclarations pakistanaises promettant de défendre l'Arabie saoudite sont reprises comme un engagement acté par certaines rédactions, tandis que d'autres relèvent qu'aucune demande formelle n'a été adressée à Islamabad ou que la promesse n'est connue que via un média d'État saoudien.
Couvertures qui divergent
Une partie de la presse retient d'abord la menace pesant sur les routes pétrolières et les prix mondiaux de l'énergie, quand une autre met l'accent sur la solidarité militaire et diplomatique envers Riyad.
Couvertures qui vont dans ce sens
Couvertures qui divergent
Ce regroupement décrit les publications analysées, pas la position des habitants de ces pays ni celle de leurs gouvernements.
ANGLE DOMINANT
Riyad rallie une large coalition de condamnations diplomatiques face aux houthistes, pendant que ses défenses aériennes interceptent drones et débris visant La Mecque et Taëf.
POINTS CLES
ANALYSE
Riyad, 19 septembre 2026. Dans la presse saoudienne, le récit du week-end s'écrit moins en défaite qu'en mobilisation. Mardi 15 septembre à 18h50, les forces royales de défense aérienne ont intercepté et détruit un drone houthiste au sud de La Mecque, avant qu'il n'atteigne l'espace aérien restreint de la ville sainte — un deuxième ciblage de Makkah après un missile balistique en juillet 2017, selon le porte-parole de la Coalition arabe, le général Turki al-Malki. La Coalition a qualifié l'épisode d'« acte honteux » visant à « terroriser les pèlerins » et réaffirmé que « la sécurité des Deux Saintes Mosquées est une ligne rouge ». Jeudi 17 septembre, des débris d'un drone intercepté à Taëf ont tué un résident yéménite et blessé une Saoudienne et un résident pakistanais, selon la Défense civile — premier mort recensé côté saoudien dans cette escalade. Vendredi, les imams de la Grande Mosquée et de la Mosquée du Prophète ont dénoncé un « crime grave », affirmant que « le royaume restera la qibla des musulmans, impénétrable à la haine ». Le fil dominant de la presse du royaume n'est cependant pas seulement défensif : il est celui d'un isolement international des houthistes. L'Organisation de la coopération islamique, qui rassemble 57 pays, la Ligue arabe, le Conseil de coopération du Golfe et le Conseil des ministres arabes de l'Intérieur ont condamné les frappes ; vendredi, l'Union européenne, la Tunisie, l'Ouzbékistan et Oman ont fait de même, rejoints par la Turquie, qui a averti que la menace en mer Rouge et à Bab al-Mandeb « affecte négativement la sécurité régionale et le commerce maritime international ». Cette solidarité affichée compte d'autant plus pour Riyad que le détroit, dont les houthistes ont pris le contrôle de plusieurs points depuis leur offensive du 3 au 11 septembre, achemine 12 % du commerce mondial. Le ministre yéménite de l'Intérieur a averti Asharq Al-Awsat que l'Iran cherchait, via les Gardiens de la révolution, à « militariser » durablement Bab al-Mandeb. Washington, de son côté, a fait savoir par « canaux sécuritaires » qu'il ne négociait pas avec les houthistes, sans annoncer d'engagement militaire direct — une retenue que la presse saoudienne relève sans la commenter frontalement, préférant mettre en avant le front diplomatique qu'elle a su réunir autour d'elle.
ANGLE DOMINANT
Ankara appuie fermement Riyad, dénonçant l'attaque de drone houthiste contre La Mecque et réaffirmant sa solidarité avec la souveraineté saoudienne, alors que Washington reste en retrait militaire.
POINTS CLES
ANALYSE
Ankara, 19 septembre 2026. Les sirènes d'alerte aérienne qui ont retenti samedi à l'aube sur Riyad, une première dans la capitale saoudienne depuis l'intensification de l'offensive houthiste, confirment aux yeux d'Ankara la nécessité de la solidarité diplomatique qu'elle a affichée dès mercredi. Après le tir de drone qui a visé les abords de La Mecque, le ministère turc des Affaires étrangères avait publié un communiqué sans ambiguïté : « Nous condamnons fermement l'attaque de drone des houthistes visant la ville sainte de La Mecque », réaffirmant le soutien de la Turquie à « la souveraineté, l'intégrité territoriale et la sécurité de l'Arabie saoudite ». Le directeur de la Communication, Burhanettin Duran, avait renchéri sur X, qualifiant l'attaque de « despicable ».
Pour Ankara, l'épisode de Riyad s'inscrit dans une escalade continue depuis juillet, quand les houthistes ont déclaré un blocus maritime contre le royaume et revendiqué des avancées le long de la côte de la mer Rouge et du détroit de Bab al-Mandeb, tout en visant les infrastructures pétrolières saoudiennes. La défense antiaérienne saoudienne dit avoir intercepté et détruit le drone dirigé vers La Mecque avant qu'il n'entre dans l'espace aérien restreint de la ville. Un résident yéménite a par ailleurs été tué à Taëf par des débris de drone abattu, premier mort reconnu par Riyad dans cette flambée de violence, alors que le royaume évoque plus de 80 blessés.
La presse turque relève aussi, sans le commenter davantage, le contraste avec l'attitude américaine : Washington a rejeté les appels saoudiens à un soutien militaire contre les houthistes, qui avaient pourtant accepté un cessez-le-feu avec les États-Unis l'an dernier après deux mois de bombardements américains. Donald Trump a indiqué jeudi approcher d'une décision majeure sur une reprise des frappes contre l'Iran, sans engagement direct annoncé pour la défense du royaume. En creux, la solidarité affichée par Ankara, comme celle du Pakistan, de la Malaisie, du Bangladesh et des Maldives, toutes citées dans les dépêches turques, souligne combien le soutien occidental reste en retrait face à l'expansion houthiste, jugée désormais suffisamment sérieuse pour inquiéter les flux pétroliers via la mer Rouge.
ANGLE DOMINANT
Washington ménage une ligne de crête entre soutien verbal à Ryad et refus d'engagement militaire, misant sur le renseignement et des pourparlers discrets avec les houthistes pour préserver la liberté de navigation en mer Rouge.
POINTS CLES
ANALYSE
Washington, 19 septembre 2026. Dans les rédactions américaines, l'escalade autour de Ryad est lue à travers le refus persistant de l'administration Trump de s'engager militairement contre les houthistes, malgré les alertes aériennes qui ont visé la capitale saoudienne et plusieurs régions samedi 19 septembre pour la première fois depuis l'intensification des attaques. Selon Axios, des diplomates américains ont rencontré des représentants houthistes le week-end dernier à l'ambassade des États-Unis à Mascate, en Oman, pour discuter du maintien du cessez-le-feu de mai 2025 et garantir que le détroit de Bab al-Mandab reste ouvert à la navigation. Le vice-président JD Vance a confirmé lundi que Washington est "engagé dans des conversations directes avec les houthistes", ajoutant se sentir "maîtriser la situation". Le secrétaire d'État Marco Rubio s'est entretenu avec son homologue omanais sur la désescalade régionale.
Selon CBS News, le prince héritier Mohammed ben Salmane a demandé au président Trump une action militaire contre les houthistes ; ce dernier s'est limité à proposer une aide en renseignement et en ciblage. Un chercheur de la Foundation for Defense of Democracies, cité par Fox News, juge que Ryad "cherche une force pour mener sa guerre à sa place" et affirme : "je ne pense pas que nous, les États-Unis, nous impliquerons dans cette guerre autour de Bab el-Mandeb". C'est dans ce vide que le Pakistan a promis, par la voix du général Ahmed Sharif Chaudhry, de défendre l'Arabie saoudite "jusqu'au bout, diplomatiquement et physiquement", au nom du pacte signé en septembre 2025 avec Ryad et Ankara.
La presse américaine relie ce retrait militaire aux effets économiques : NPR souligne que l'offensive houthiste, qui a fait tomber le port de Mokha et l'île de Perim, a forcé environ 125 000 Yéménites à fuir et relancé une guerre civile ayant déjà tué plus de 150 000 personnes, tout en notant que "le plus important allié de l'Arabie saoudite, les États-Unis, semble rester en retrait". CNBC observe que les cours du Brent ont pourtant reculé vendredi, à 103,83 dollars le baril, Ryad ayant trouvé des voies alternatives via Oman pour continuer de livrer du brut à ses clients asiatiques malgré la fermeture partielle de l'oléoduc est-ouest. ABC News rapporte enfin qu'un Yéménite est mort à Taëf, touché par les débris d'un drone intercepté visant, selon Ryad, La Mecque.
ANGLE DOMINANT
Canberra pèse d'abord l'onde de choc pétrolière de l'offensive houthiste, plus que son volet militaire ou diplomatique
POINTS CLES
ANALYSE
Canberra, 19 septembre 2026. Pour la presse australienne, l'offensive houthiste en mer Rouge se lit avant tout par ses répercussions sur les marchés mondiaux. ABC News Australia résume une semaine où les rebelles yéménites, soutenus par l'Iran, ont descendu la côte de la mer Rouge jusqu'à un point de passage stratégique, menaçant les exportations pétrolières saoudiennes. Le média note que cette avancée, la plus importante des rebelles depuis des années, a ravivé la guerre civile yéménite vieille de douze ans et a déjà fait grimper les prix mondiaux du carburant. Elle donne aussi à l'Iran un nouveau levier, alors que Washington desserre par ailleurs son emprise sur le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique.
Les Houthistes ont pris le port de Mokha puis plusieurs îles proches du détroit de Bab al-Mandeb, par lequel transite environ 12 % du commerce mondial en temps normal, et se trouvent désormais à 32 kilomètres de Djibouti, où sont basées des forces américaines. Une attaque contre l'oléoduc est-ouest saoudien, imputée à des milices irakiennes proches de l'Iran, aggrave selon ABC la situation pour le royaume, qui voit aussi les rebelles lorgner les gisements pétroliers de l'est du Yémen. L'allié le plus important de Riyad, les États-Unis, semble rester à l'écart du conflit. ABC rappelle que les Houthistes avaient déjà pris Sanaa en 2014, provoquant l'intervention saoudienne de 2015 et une guerre qui n'a connu de trêve qu'en 2022.
Le volet humanitaire n'est pas absent : PerthNow rapporte la mort d'un Yéménite résidant en Arabie saoudite, tué à Taëf par les débris d'un drone intercepté, premier décès annoncé par les autorités saoudiennes, après plus de 80 blessés déjà recensés. Le média relaie aussi le témoignage de Wahida Omer, 50 ans, qui a fui son village de Dhubab par bateau à travers le détroit, sans nouvelles de son mari resté sur place. Selon l'Organisation internationale pour les migrations, plus de 100 000 Yéménites ont été déplacés depuis l'intensification des combats, essentiellement à l'intérieur du pays. La télévision houthiste a rapporté de nouvelles frappes saoudiennes jeudi dans la province de Hajjah et près de Taëz ; les Houthistes affirment de leur côté avoir abattu un F-15 saoudien mercredi, tandis que Riyad revendique des centaines de frappes aériennes en représailles.
ANGLE DOMINANT
Dhaka mesure d'abord le risque économique d'une guerre qui referme, après le détroit d'Ormuz, une seconde route pétrolière vitale pour l'Asie, avant l'onde de choc sécuritaire qui frappe Riyad.
POINTS CLES
ANALYSE
Dhaka, 19 septembre 2026. La presse bangladaise, très dépendante des dépêches Reuters relayées par TBS News et The Daily Star, retient d'abord la menace qui pèse sur le détroit de Bab al-Mandab, artère vitale pour le pétrole, le gaz et les cargaisons qui alimentent l'Asie. Les houthistes ont profité de « divisions profondes » chez leurs adversaires pour s'emparer du port de Mokha, de l'île de Perim et du détroit, forçant Riyad à dérouter jusqu'à 64 % de ses exportations pétrolières vers l'oléoduc Est-Ouest et le port de Yanbu, lui-même visé par des tirs de drones qui ont fait grimper les prix du brut.
Les alertes aériennes émises samedi à Riyad, une première depuis l'intensification des attaques, sont présentées comme la preuve que « la guerre s'étend » au royaume, aux côtés du blocus maritime imposé depuis juillet aux pétroliers saoudiens. The Daily Star reprend l'accusation saoudienne d'un drone visé vers La Mecque mardi, ainsi que le démenti houthiste qualifiant l'allégation de « mensonge usé », et rappelle que l'Organisation de la coopération islamique, qui rassemble 57 pays musulmans dont le Bangladesh, a condamné ces « attaques odieuses » contre les lieux saints.
Sur le plan diplomatique, TBS News détaille la pression chinoise sur Téhéran : selon trois sources iraniennes citées par Reuters, Pékin a demandé en privé à l'Iran de retenir les houthistes après un appel de Riyad, inquiet pour des routes énergétiques dont dépend la deuxième économie mondiale. Téhéran a répondu que la stabilité régionale dépendait de la fin de la guerre américano-israélienne. Washington, lui, refuse tout soutien militaire direct : Donald Trump a condamné l'avancée houthiste sans intervenir, se limitant à une offre de renseignement, tandis que le vice-président JD Vance confirme des contacts directs avec un mouvement qui aurait promis d'épargner navires américains et israéliens.
Les dépêches relayées signalent enfin un bilan humain naissant : un Yéménite tué à Taëf par les débris d'un drone intercepté, plus de 80 blessés selon Riyad, et plus de 100 000 Yéménites déplacés par les combats, selon l'OIM. Pour la presse bangladaise, ce chapitre reste secondaire face à l'enjeu énergétique et à la crainte que la guerre ne referme une seconde artère vitale pour l'approvisionnement asiatique.
ANGLE DOMINANT
Berlin mesure la crise du Bab al-Mandab à l'aune de son propre prix à la pompe : détroit bloqué, diesel au plus cher jamais enregistré, et Rome qui agit seule pendant que l'UE hésite.
POINTS CLES
ANALYSE
Berlin, 19 septembre 2026. Pour la presse allemande, l'alerte aérienne sur Riyad de samedi confirme un scénario redouté depuis des semaines : le blocage du détroit de Bab al-Mandab, que la Frankfurter Allgemeine Zeitung appelle « la porte des larmes », n'est plus une menace lointaine mais un fait qui pèse directement sur l'économie allemande. Handelsblatt rappelle que le diesel a atteint en Allemagne son prix le plus élevé jamais enregistré, tandis que le Brent et le WTI, après un rallye de deux jours, ont reculé mercredi jusqu'à 1,5 % et 2 %, des marchés rassurés par des informations selon lesquelles Ryad propose des cargaisons de brut supplémentaires à des raffineries asiatiques via des transbordements devant le port omanais de Sohar. Selon le même journal, Pékin a appelé à « l'ouverture du détroit d'Ormuz » et à la modération de l'Iran comme des États-Unis.
Face à l'absence de décision européenne commune, l'Italie a choisi la voie unilatérale : le ministre de la Défense Guido Crosetto a annoncé que la marine italienne protégerait le passage de ses navires, affirmant disposer « des capacités nécessaires pour sécuriser le transit », rapporte la FAZ. Un éditorial du même journal juge révolu « le temps de la myopie stratégique » et appelle à un large front commun, appuyé sur la puissance militaire américaine, pour contenir des houthistes désormais liés, selon le texte, aux milices irakiennes proches de l'Iran et à al-Chabab en Somalie.
Deutsche Welle documente par ailleurs la fragilité de l'information disponible : son équipe de vérification des faits a identifié une vidéo virale de neuf secondes, vue plus de 340 000 fois, présentée à tort comme montrant des frappes houthistes sur Abha, alors qu'elle est ancienne et générée par IA. La chaîne souligne aussi que l'Égypte subit une pression croissante sur le canal de Suez : le trafic dans le détroit est tombé à 21 navires par jour début septembre, contre une moyenne de 47 à la mi-juillet, même si le porte-parole houthiste affirme laisser passer tous les navires sauf ceux visant l'Arabie saoudite.
ANGLE DOMINANT
Addis-Abeba mesure les répercussions économiques de la crise en mer Rouge, où le blocus houthiste contre les pétroliers saoudiens fait grimper les prix du pétrole et menace la stabilité d'une route maritime dont dépend le commerce régional de la Corne de l'Afrique.
POINTS CLES
ANALYSE
Addis-Abeba, 19 septembre 2026. Les développements de la crise en mer Rouge, où l'Arabie saoudite affronte l'offensive des houthistes soutenus par l'Iran, sont mesurés à Addis-Abeba à l'aune de leurs répercussions économiques régionales, la Corne de l'Afrique étant riveraine des mêmes eaux stratégiques que Riyad tente désormais de sécuriser.
Mercredi, l'Arabie saoudite a accusé les houthistes d'avoir visé La Mecque par un drone, une attaque que la coalition dirigée par Riyad a qualifiée d'« acte terroriste lâche » et que les rebelles yéménites ont démentie, leur porte-parole militaire Yahya Saree affirmant que « nos opérations visent des installations pétrolières et des bases militaires loin des lieux saints ». Les houthistes affirment par ailleurs avoir intercepté deux formations de chasseurs saoudiens F-15 au-dessus de Mokha, les « obligeant à quitter immédiatement » l'espace aérien, tout en revendiquant des frappes sur les installations d'Aramco à Yanbu et la base aérienne de Khamis Mushait.
Le conflit, ravivé en juillet, a permis aux houthistes de renforcer leur emprise sur le détroit stratégique de Bab al-Mandab, verrou reliant l'Europe et l'Asie via la mer Rouge et le canal de Suez. Conséquence immédiate : le baril de Brent se négociait mercredi à un peu plus de 107 dollars, en léger repli mais toujours très au-dessus des niveaux d'avant-guerre — une pression que Doha juge potentiellement « catastrophique » si le détroit venait à être bloqué, rappelant que « le monde souffre déjà du blocus du détroit d'Ormuz ».
Face à cette pression, le prince héritier Mohammed ben Salmane a intensifié ses démarches diplomatiques, se rendant mardi au Caire pour appeler, aux côtés du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, à « garantir la liberté et la sécurité de navigation » en mer Rouge — l'Égypte redoutant elle aussi une chute de ses revenus du canal de Suez. Riyad a également sollicité Washington, mais selon le média américain Axios, citant des responsables américains, le président Donald Trump a refusé d'ordonner des frappes aériennes contre les houthistes.
Sur le plan humanitaire, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés recense au moins 100 000 déplacés au Yémen depuis le début, début septembre, de l'offensive houthiste, un chiffre qui s'ajoute à une crise déjà sévère dans le pays le plus pauvre de la péninsule Arabique depuis la guerre de 2014-2022.
ANGLE DOMINANT
Paris décrypte les failles de l'architecture de sécurité saoudienne : entre la promesse pakistanaise, la retenue américaine et l'appel discret à Israël, Riyad cherche à combler le vide laissé par Washington face aux houthistes.
POINTS CLES
ANALYSE
Paris, 19 septembre 2026. Dans la nuit de vendredi à samedi, la défense civile saoudienne a déclenché une alerte aérienne inédite sur Riyad, où des journalistes de l'AFP ont entendu de puissantes explosions avant la levée du signal, sans que le royaume en précise l'origine. La presse française y lit la preuve que le conflit yéménite, ranimé en juillet par un blocus houthiste contre les pétroliers saoudiens, a désormais franchi le seuil symbolique de la capitale.
Le récit hexagonal insiste sur l'isolement croissant de Riyad. France 24 note que le prince héritier Mohammed ben Salmane « découvre les limites de son alliance avec Washington » : Donald Trump refuse de frapper les houthistes malgré sa demande, selon CBS News, et se contente, d'après le département d'État américain, d'approuver jeudi la vente de 48 F-35 pour 24,3 milliards de dollars, livraison qui « ne sera pas effective avant bien longtemps ». RFI rapporte que des diplomates américains ont rencontré des représentants houthis à Mascate, obtenant des garanties que la flotte américaine et le commerce international seraient épargnés — au prix, selon le média, d'un abandon de fait des intérêts saoudiens.
Face à ce retrait américain, les médias français scrutent les alternatives de Riyad. Le pacte de défense mutuelle signé en septembre 2025 est mis à l'épreuve : le porte-parole de l'armée pakistanaise a promis à Arab News de défendre le royaume « jusqu'au bout, diplomatiquement et physiquement », mais France 24 relève, citant l'AP, que ni le Pakistan ni la Turquie n'ont reçu de demande saoudienne formelle de soutien. L'Express documente une piste plus inattendue : des discussions, sous l'égide du commandement américain CENTCOM, entre Riyad et Israël sur un appui en renseignement contre les houthistes, qui ont pris le port de Mokha et l'île de Perim, verrouillant le détroit de Bab el-Mandeb.
Sur le plan humanitaire, Le Monde relève le premier mort saoudien recensé depuis juillet — un Yéménite tué à Taëf par des débris de drone — et la « totale solidarité » exprimée par l'UE, qui exhorte les houthistes à cesser leurs frappes. Le trafic maritime saoudien reste, selon 20 Minutes citant la plateforme Kpler, réduit à un tiers de son niveau habituel depuis le 11 septembre, tandis que 26 nouvelles frappes saoudiennes sur Taëz étaient annoncées vendredi par les houthistes.
ANGLE DOMINANT
Jakarta mesure d'abord le sort de ses 74 ressortissants bloqués à Mokha et appelle à la désescalade, tandis que Riyad mobilise des appuis pakistanais et égyptiens face à l'offensive houthiste.
POINTS CLES
ANALYSE
Jakarta, 19 septembre 2026. Tôt samedi, deux explosions ont retenti à Riyad après l'émission d'une alerte aérienne par la défense civile saoudienne, une première pour la capitale depuis l'intensification de l'offensive houthiste. L'alerte, levée une demi-heure plus tard, n'a pas été suivie d'une explication officielle sur son origine, rapporte CNN Indonesia en citant l'AFP. Cet épisode s'ajoute à une escalade continue depuis juillet, quand les Houthistes, en réponse à une frappe sur l'aéroport de Sanaa, ont imposé un blocus maritime aux exportations pétrolières saoudiennes et pris le contrôle du port de Mokha, de l'île de Perim et du détroit de Bab al-Mandab.
Pour la diplomatie indonésienne, la priorité reste consulaire. Le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères, Vahd Nabyl, a confirmé jeudi que 74 des 77 ressortissants indonésiens recensés à Mokha demeurent bloqués dans le port repris par les insurgés le 10 septembre. « Nous continuons de suivre la situation via les ambassades de Mascate, Riyad et le consulat de Djeddah », a-t-il précisé, appelant à « une désescalade » du conflit plutôt qu'à un camp. L'ambassade à Riyad a elle aussi relayé les consignes de sécurité saoudiennes à ses ressortissants, recommandant de rester à l'abri des fenêtres et des zones ouvertes.
Sur le plan régional, la presse indonésienne relaie la mobilisation d'appuis autour de Riyad : le prince héritier Mohammed ben Salmane a sollicité le soutien de l'Égypte lors d'une rencontre au Caire avec Abdel Fattah al-Sissi, tandis qu'Islamabad, via le porte-parole militaire Ahmed Sharif Chaudhry, s'est engagé à défendre le royaume « diplomatiquement et militairement », en vertu du pacte de défense signé avec l'Arabie saoudite et la Turquie. Le chef d'état-major pakistanais Asim Munir a par ailleurs appelé son homologue iranien à user de son influence sur les Houthistes pour épargner les infrastructures énergétiques saoudiennes.
Selon l'ONU, citée vendredi par CNN Indonesia, les combats ont déjà déplacé plus de 112 000 personnes et poussé près de 3 000 civils à fuir par la mer vers Djibouti. Les Houthistes revendiquent de leur côté 26 frappes saoudiennes en 24 heures et 300 en une semaine, un décompte que Riyad ne confirme pas.
ANGLE DOMINANT
Israël décrypte l'offensive houthiste comme un effondrement du renseignement saoudien qui rebat les équilibres régionaux, tout en relevant que les rebelles épargnent explicitement les navires israéliens.
POINTS CLES
ANALYSE
Jérusalem, 19 septembre 2026. Pour la presse israélienne, l'alerte aérienne déclenchée samedi sur Riyad confirme un scénario redouté depuis des mois : l'effondrement du dispositif de défense saoudien face à une milice soutenue par l'Iran. Selon Ynetnews, citant plusieurs responsables occidentaux, régionaux et yéménites, les houthistes avaient rassemblé quelque 100 000 combattants sans que Riyad ni ses alliés n'en détectent l'ampleur. Un diplomate cité par le site déclare : « Tout le monde, y compris les Saoudiens, a raté cette montée en puissance et mal évalué les intentions des houthistes. » Neil Quilliam, du think tank britannique Chatham House, parle d'un « échec du renseignement flagrant ».
Le Jerusalem Post relate la première alerte antiaérienne visant la capitale saoudienne elle-même et la ville d'Al-Kharj, samedi matin. Un journaliste de Reuters a entendu deux détonations dans le quartier d'Olaya à Riyad avant la levée de l'alerte. Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné vendredi « dans les termes les plus forts » les attaques houthistes contre le royaume, évoquant des blessés civils, « y compris des femmes et des enfants ».
La déroute des forces saoudiennes a aussi livré aux houthistes un stock d'armements américains et saoudiens abandonnés, susceptible selon des sources régionales citées par Ynetnews de renforcer leurs capacités. Pris en étau, le royaume cherche des soutiens : le Jerusalem Post rapporte que la Chine a demandé en privé à Téhéran de contenir les houthistes après un appel de Riyad, mais que l'Iran a répondu que la stabilité régionale dépendait de la fin de « la guerre américano-israélienne contre l'Iran ».
Un fait retient particulièrement l'attention à Jérusalem : selon Ynetnews citant Reuters, des responsables américains ont rencontré des représentants houthistes à Mascate, où le mouvement s'est engagé à ne viser ni les navires américains ni les navires israéliens, à l'exception des bâtiments saoudiens. La presse relève enfin la chute des cours du pétrole après la révélation du contournement saoudien via le port omanais de Sohar, alors que les prix chinois atteignaient un record.
ANGLE DOMINANT
New Delhi décrypte avant tout le pacte de défense mutuelle liant Islamabad à Riyad : le Pakistan promet d'aller « jusqu'au bout » face aux houthistes, tandis que Washington se limite à une offre de renseignement.
POINTS CLES
ANALYSE
New Delhi, 19 septembre 2026. Pour la presse indienne, l'alerte aérienne de Riyad s'inscrit avant tout dans le prolongement d'un dossier diplomatique surveillé de près depuis Islamabad : l'application du pacte de défense mutuelle signé en septembre 2025 par le Pakistan, l'Arabie saoudite et la Turquie. Jeudi, le porte-parole de l'armée pakistanaise, le général Ahmed Sharif Chaudhry, a assuré au quotidien Arab News que son pays irait « jusqu'au bout » pour défendre le royaume, « diplomatiquement et physiquement ». Le ministre de la Défense pakistanais, Khawaja Asif, a confirmé cet engagement après l'interception d'un drone houthiste près de La Mecque, affirmant à Geo News qu'Islamabad « remplira son devoir » au titre de l'accord trilatéral. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Sajjad Haider Khan, a réitéré cet engagement lors d'un point presse hebdomadaire, restant discret sur la nature exacte d'une éventuelle réponse militaire pakistanaise.
Autre fil suivi à New Delhi : la diplomatie chinoise vis-à-vis de l'Iran. Selon trois sources iraniennes citées par Reuters, Pékin a demandé en privé à Téhéran d'user de son influence sur les houthistes après un appel à l'aide de Riyad, inquiet pour ses exportations pétrolières et la sécurité du trafic maritime autour du détroit de Bab al-Mandeb. Téhéran aurait répondu que la stabilité régionale dépendait de la fin de la guerre américano-israélienne contre l'Iran. Le ministère chinois des Affaires étrangères s'est limité publiquement à un appel à la retenue et au dialogue, sans mentionner de pression économique sur l'Iran.
La presse indienne relaie aussi les revendications militaires houthistes : le groupe affirme avoir abattu un chasseur F-15 saoudien au-dessus de Marib, diffusant des images de débris via la chaîne al-Masirah, sans confirmation officielle de Riyad. Si l'information est vérifiée, ce serait la première perte confirmée d'un F-15 saoudien face aux défenses antiaériennes houthistes. Le rôle de Washington, resté en retrait selon les informations relayées, retient moins l'attention à New Delhi que celui d'Islamabad, allié stratégique historique du royaume saoudien. Aucun des articles indiens consultés ne mentionne directement les alertes aériennes déclenchées à Riyad samedi, ni le bilan humain rapporté à Taëf, la focale restant fixée sur les postures diplomatiques régionales.
ANGLE DOMINANT
Rome tranche que la crise houthiste n'est plus une affaire lointaine : son propre Eurofighter a été touché à Taëf et Crosetto annonce vouloir escorter ses navires à Bab el-Mandeb sans attendre l'Europe.
POINTS CLES
ANALYSE
Rome, 19 septembre 2026. Pour la presse italienne, l'alerte aérienne de Riyad n'est plus un événement lointain : elle touche directement le dispositif militaire et commercial de l'Italie en mer Rouge. Jeudi, un Eurofighter F-2000 italien a été touché et endommagé lors d'une attaque houthiste visant la base aérienne de Taëf, en Arabie saoudite, où sont déployés des militaires italiens dans le cadre de la mission Inherent Resolve. Le ministre de la Défense Guido Crosetto a confirmé l'incident tout en précisant qu'il n'y avait « aucun blessé », selon La Repubblica.
Cet épisode intervient alors que Rome multiplie les initiatives pour sécuriser le trafic maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb, où les houthistes imposent depuis juillet un blocus aux pétroliers saoudiens et menacent désormais l'ensemble du commerce transitant par la zone. Depuis le forum sur la Risorsa Mare à La Spezia, Crosetto a annoncé avoir « décidé, avec le chef d'état-major, de ne pas attendre qu'Aspides détermine si les navires peuvent passer ou non ». Il a averti que « retarder ces passages revient à retarder l'économie, à aggraver les problèmes », et donné instruction à la Défense de préparer un plan garantissant le libre transit par le détroit, selon ANSA. La frégate Bergamini reste à quai à Djibouti, avec une dizaine de cargos battant pavillon ou armateur italien en attente d'escorte ; plus de 1 200 navires par mois traversent Bab el-Mandeb depuis l'été, soit +28 % en nombre et +43 % en tonnage par rapport à l'été 2025, mais des volumes encore inférieurs de 39 % aux niveaux antérieurs.
Rome met aussi la pression sur ses partenaires européens : Crosetto a écrit à la Haute Représentante Kaja Kallas pour réclamer un renforcement de la mission Aspides, se disant prêt à fournir une seconde frégate si les autres États contribuent financièrement. « L'Italie et la Grèce font beaucoup, mais si nous devons protéger toute l'Europe, il doit y avoir une contribution militaire ou financière », a insisté le chef de la diplomatie Antonio Tajani. La mission, lancée en février 2024 et dirigée depuis Larissa, ne compte que trois navires, quand l'Arabie saoudite cherche par ailleurs des soutiens plus larges — du Pakistan à Washington — face à l'offensive houthiste.
ANGLE DOMINANT
Katmandou distingue deux fronts dans la crise du Yémen : la pression diplomatique discrète de Pékin sur Téhéran, révélée par Reuters, et l'intensification des combats sur le terrain, décrite par le porte-parole militaire houthiste lui-même.
POINTS CLES
ANALYSE
Katmandou, 19 septembre 2026. La presse népalaise, dépourvue de correspondants dans la péninsule Arabique, retransmet la crise du Yémen à travers deux dépêches distinctes qui dessinent des lignes de fracture différentes. Le Kathmandu Post, reprenant une enquête de Reuters, révèle que la Chine a demandé en privé à l'Iran d'aider à « retenir » les houthistes, après un appel direct de l'Arabie saoudite à Pékin. Selon trois sources iraniennes citées par l'agence, cette démarche discrète est allée plus loin que les appels publics chinois « à la retenue, au dialogue et au rétablissement d'une navigation sûre ». Riyad se serait tourné vers Pékin après les avancées rapides des houthistes le long de la mer Rouge et autour du détroit de Bab al-Mandab, qui exposent davantage les exportations pétrolières et le trafic maritime saoudiens — un axe dont dépend la deuxième économie mondiale. La réponse de Téhéran, selon ces mêmes sources, a été de renvoyer la stabilité régionale à la fin de « la guerre américano-israélienne contre l'Iran ». Pékin n'aurait proféré aucune menace explicite de pression économique envers l'Iran s'il ne pesait pas sur les houthistes. Le ministère chinois des Affaires étrangères, sollicité par Reuters, a répondu ne pas vouloir voir « les tensions régionales déborder davantage vers le Yémen et la mer Rouge ».
À l'inverse, le site Ratopati relaie une tout autre version des combats, fondée sur le porte-parole militaire houthiste Yahya Saria : selon lui, la coalition dirigée par l'Arabie saoudite aurait mené 26 frappes aériennes dans la province de Taëz en 24 heures, et près de 300 dans neuf provinces yéménites au cours de la semaine. Des combats terrestres sont signalés dans la zone montagneuse de Kahbub, dans le Lahej, proche du détroit de Bab al-Mandab, ainsi qu'à Taëz et Marib. Riyad n'a pas répondu à ces accusations, précise l'article. Le conflit, rappelle Ratopati, remonte à 2014, quand les houthistes avaient pris Sanaa.
Ces deux récits, juxtaposés sans arbitrage éditorial, illustrent la difficulté d'une presse népalaise à trancher entre le narratif diplomatique porté par les grandes agences occidentales et la version militaire diffusée par le porte-parole houthiste lui-même, sans confirmation saoudienne d'aucun des deux côtés.
ANGLE DOMINANT
Lima mesure la crise à l'aune du baril : la presse péruvienne retient surtout la menace pesant sur les exportations pétrolières saoudiennes et la flambée des prix au-dessus de 100 dollars, plus que la bataille militaire elle-même.
POINTS CLES
ANALYSE
Lima, 19 septembre 2026. La presse péruvienne, relayant les dépêches AFP, décrit l'escalade au Moyen-Orient d'abord sous l'angle de son impact économique mondial. Andina rapporte que les rebelles houthistes, soutenus par l'Iran, ont pris la semaine dernière le contrôle de la côte yéménite bordant la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit stratégique de Bab al-Mandeb, ce qui « met en échec les exportations pétrolières de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial », alors que les prix du baril dépassent désormais les 100 dollars, une flambée jugée menaçante pour « l'économie mondiale ».
Mercredi, Riyad a accusé les houthistes d'avoir lancé un drone « lâche » contre La Mecque, un « mensonge » selon les rebelles yéménites. La coalition dirigée par l'Arabie saoudite a averti que la sécurité des deux mosquées saintes constituait « une ligne rouge ». Un habitant de La Mecque a raconté à l'AFP avoir vu des gens « paniquer et courir vers la fenêtre » après l'interception d'un drone par la défense antiaérienne.
Jeudi, les combats entre les forces gouvernementales, appuyées par Riyad, et les houthistes ont fait au moins 63 morts : 23 soldats tués par des missiles et drones dans les provinces de Taëz et Lahj, et 40 combattants houthistes tués lors de frappes aériennes saoudiennes et d'affrontements terrestres, selon des sources militaires citées par Andina. Le même jour, la Défense civile saoudienne a annoncé le premier mort recensé dans le royaume depuis le début des attaques : un ressortissant yéménite tué par des éclats d'un drone intercepté dans la province de Taëf, près de La Mecque. El Comercio Perú cite le communiqué officiel publié sur X : la Défense civile « se enfrentó a la caída de metralla de un dron... y esto causó la muerte de un residente de nacionalidad yemení ». Une Saoudienne a été blessée et un ressortissant pakistanais se trouve dans un état critique.
Les journaux péruviens rattachent cette flambée à la rupture, en juillet, de la trêve de facto négociée par l'ONU en 2022, et au conflit plus large ouvert fin février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran. Ils relèvent aussi que l'oléoduc Est-Ouest, qui permettait au royaume d'acheminer jusqu'à sept millions de barils par jour, reste fermé, obligeant Riyad à privilégier la route de la mer Rouge reliant l'océan Indien à la Méditerranée depuis le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran. Pour la presse locale, l'enjeu premier n'est pas tant la bataille militaire au Yémen que ses répercussions sur les marchés pétroliers, susceptibles de peser sur les économies importatrices comme celle du Pérou.
ANGLE DOMINANT
Manille scrute avant tout les risques pesant sur l'approvisionnement pétrolier mondial et sur la sécurité de ses ressortissants dans le Golfe, alors que l'offensive houthiste menace les routes énergétiques dont dépend l'archipel.
POINTS CLES
ANALYSE
Manille, 19 septembre 2026. Depuis les Philippines, la percée houthiste sur la mer Rouge est d'abord lue à travers le prisme de la facture énergétique. Selon Rappler, la capture par les rebelles yéménites, soutenus par l'Iran, des positions surplombant le détroit de Bab al-Mandeb constitue « le revers le plus grave subi par l'Arabie saoudite au Yémen depuis des années », révélant des failles du renseignement, l'effondrement des alliés yéménites de Riyad et les limites de la protection américaine. Un diplomate cité par le média affirme que les houthistes ont rassemblé environ 100 000 combattants en toute discrétion : « Tout le monde, y compris les Saoudiens, a raté cette montée en puissance et sous-estimé les intentions des houthistes. » Neil Quilliam, du centre de réflexion britannique Chatham House, parle d'un « échec de renseignement flagrant » : « Ils ne captaient pas le signal. Ils ne voyaient pas les signes. »
GMA News, citant Donald Trump, rapporte que le président américain espère la fin prochaine de la guerre contre l'Iran, entrée dans son septième mois, alors que les combats s'étendent avec des frappes aériennes saoudiennes au Yémen et des tirs de drones et missiles houthistes sur des villes saoudiennes. L'attaque contre l'oléoduc Est-Ouest saoudien aggrave, selon le média, la menace pesant sur l'approvisionnement énergétique mondial, déjà perturbé par les tensions dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux. Des traders estiment qu'une fermeture prolongée de l'oléoduc pourrait retrancher jusqu'à 4 % de l'offre pétrolière mondiale, tandis que le baril de Brent reste élevé. Washington a par ailleurs durci son avertissement aux voyageurs, interdisant à ses employés gouvernementaux de s'approcher à moins de 30 km de la frontière yéménite.
Rappler révèle par ailleurs que des responsables américains ont rencontré, le week-end du 13 septembre à Mascate, des représentants houthistes, selon cinq sources. Les houthistes, classés « organisation terroriste étrangère » par l'administration Trump depuis mars 2025, ont assuré vouloir respecter le cessez-le-feu de 2025 et ne pas viser les navires américains ou israéliens. Le même article note que Riyad a sollicité un soutien militaire américain que Washington a refusé, tout en maintenant un canal de négociation directe avec le mouvement.
ANGLE DOMINANT
Islamabad revendique un rôle de garant régional : à l'ONU comme par la voix de son ministre de la Défense, le Pakistan affirme qu'il ira « jusqu'au bout » pour protéger l'Arabie saoudite et les Lieux saints, au nom du pacte de Makkah et de l'accord de défense mutuelle de 2025.
POINTS CLES
ANALYSE
Islamabad, 19 septembre 2026. Après les alertes aériennes déclenchées à Riyad et dans plusieurs régions saoudiennes, le Pakistan multiplie les gestes de solidarité envers l'Arabie saoudite, entre pacte de défense invoqué et diplomatie à l'ONU. Mercredi, le ministre pakistanais de la Défense Khawaja Asif a jugé que « le moment est venu » d'appliquer l'accord de Makkah conclu avec Riyad, après une tentative de frappe de drone houthiste près de la ville sainte. « L'accord de Makkah s'applique à nous, et nous remplirons notre devoir », a-t-il déclaré sur Geo News, précisant que le Pakistan n'avait toutefois pas besoin d'un texte pour protéger les Lieux saints, un devoir qui s'impose selon lui même en son absence. Le même jour, le Premier ministre Shehbaz Sharif a réaffirmé le « plein soutien » d'Islamabad à la défense de l'Arabie saoudite, assurant que le pays se tenait « épaule contre épaule » avec Riyad et condamnant une tentative d'attaque « ignoble et abjecte » contre les Lieux saints, tout en appelant à la retenue et à la désescalade régionale.
Vendredi, l'ambassadeur pakistanais aux Nations unies, Asim Iftikhar Ahmad, a porté cette solidarité devant le Conseil de sécurité, réuni en format Arria sur le blocus maritime imposé par les houthistes. Il a exigé la cessation « immédiate » des attaques contre les navires marchands dans le détroit de Bab al-Mandab, dénonçant les « desseins malveillants » d'un mouvement accusé de vouloir transformer le détroit en arme contre la navigation commerciale. L'envoyé a averti que la crise maritime, conjuguée aux perturbations dans le détroit d'Ormuz, menaçait la paix, la sécurité énergétique et alimentaire mondiales, et a appelé à protéger la liberté de navigation et les équipages.
La presse pakistanaise relaie par ailleurs les informations de Reuters selon lesquelles la Chine a demandé en privé à l'Iran d'user de son influence sur les houthistes après un appel de Riyad à Pékin, Téhéran répondant, selon trois sources iraniennes citées par l'agence, que la stabilité régionale dépendait de la fin de la guerre américano-israélienne contre l'Iran. Pékin, qui dépend des routes énergétiques de la mer Rouge, a publiquement appelé à la retenue, au dialogue et au rétablissement d'une navigation sûre.
La presse pakistanaise relève enfin qu'un résident pakistanais a été blessé cette semaine à Taëf lors de l'interception d'un drone qui a tué un Yéménite — premier décès reconnu par Riyad depuis l'intensification des attaques houthistes, sur fond d'une guerre déjà vieille de sept mois entre l'Iran et les États-Unis.
ANGLE DOMINANT
Lisbonne dissocie le double langage de Washington : les houthistes promettent d'épargner les navires américains et israéliens lors d'une rencontre secrète à Mascate, tandis que seuls les pétroliers saoudiens restent visés par le blocus en mer Rouge.
POINTS CLES
ANALYSE
Lisbonne, samedi 19 septembre 2026. Le Portugal retient du dossier houthiste un double langage américain, entre repli affiché et tractations discrètes à Mascate, alors que le conflit yéménite s'aggrave sur le terrain.
Selon des sources militaires citées par l'AFP, les combats entre forces gouvernementales yéménites et houthistes ont fait 63 morts en vingt-quatre heures : au moins 23 soldats dans des attaques de missiles et de drones à Taëz et Lahj, et 40 combattants houthistes dans des frappes saoudiennes et des combats terrestres. Des bombardements ont aussi visé des tours de télécommunications à Taëz, tuant quatre personnes, dont trois enfants, selon les houthistes.
Le mouvement, qui contrôle désormais toute la côte yéménite sur la mer Rouge, renforce son emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, reliant l'Europe à l'Asie via le canal de Suez, une avancée qui alimente les craintes internationales pour le transport maritime mondial.
En Arabie saoudite, une personne est morte après la chute de débris lors de l'interception d'un drone dans la province de Taëf, un premier bilan mortel sur le sol saoudien depuis la reprise des hostilités en juillet. La Défense civile saoudienne précise que la victime, un Yéménite, a aussi blessé un Saoudien et un Pakistanais, ce dernier dans un état critique.
Mais Lisbonne retient surtout l'ambiguïté de Washington. Selon cinq sources citées par Reuters, des représentants américains ont rencontré secrètement des houthistes ce week-end, à l'ambassade des États-Unis à Mascate, une réunion coorganisée par le gouvernement omanais. Les houthistes y auraient promis de ne pas attaquer les navires américains ou israéliens, limitant leurs cibles aux bâtiments saoudiens, et de ne pas viser les navires commerciaux. Le département d'État n'a pas confirmé la rencontre, évoquant seulement la nécessité de « garantir la liberté de navigation en mer Rouge » et de « prévenir l'exportation du terrorisme depuis le Moyen-Orient ».
Classés « organisation terroriste étrangère » par Washington en 2025, les houthistes restent un interlocuteur de fait pour les Américains, qui avaient déjà négocié le cessez-le-feu de mai dernier sur les navires en mer Rouge. Samedi, Donald Trump a affirmé que les houthistes avaient demandé à Washington de ne pas intervenir au Yémen après la prise des îles jalonnant le détroit. Lundi, le vice-président JD Vance a confié que les États-Unis étaient en contact direct avec les houthistes et d'autres acteurs régionaux, dont les Saoudiens.
ANGLE DOMINANT
Doha tire la sonnette d'alarme : la perte de Bab el-Mandeb serait « catastrophique pour le monde entier », et l'émirat replace la crise saoudienne dans le cadre plus large des routes énergétiques mondiales, plutôt que du seul affrontement militaire avec les houthistes.
POINTS CLES
ANALYSE
Doha, 19 septembre 2026. Tôt samedi, des alertes aériennes ont retenti à Riyad et dans plusieurs régions saoudiennes, une première dans la capitale depuis l'intensification des attaques houthistes ; des journalistes ont entendu des explosions avant la levée de l'alerte. Pour Doha, cet épisode confirme un avertissement formulé plus tôt ce mois-ci : le directeur du département Médias et Communication du ministère des Affaires étrangères, Ibrahim bin Sultan al-Hashmi, a jugé que la perte de Bab el-Mandeb serait « catastrophique pour le monde entier », estimant que la région ne pouvait absorber la fermeture d'un second détroit après Ormuz. Il a précisé que le Qatar travaillait avec ses partenaires régionaux et internationaux à préserver la liberté de navigation.
L'avancée houthiste a été rapide : prise de Mokha le 10 septembre, puis de l'ensemble du littoral restant et de l'île de Perim le lendemain, avant la capture de l'archipel des Hanish. Le mouvement, soutenu par l'Iran, tient désormais tout le littoral yéménite de la mer Rouge. L'Organisation internationale pour les migrations recense plus de 100 000 déplacés, pour l'essentiel à l'intérieur du Yémen. Les conséquences énergétiques sont mondiales : le brut, qui a touché son plus haut niveau depuis mai, restait mercredi supérieur à 100 dollars, et le prix moyen du diesel aux États-Unis a frôlé un record à 6,40 dollars le gallon. L'oléoduc Est-Ouest saoudien, qui permettait d'exporter du brut par la mer Rouge, reste à l'arrêt depuis une frappe que Riyad attribue à l'Irak.
Sur le plan militaire, Riyad, à court d'intercepteurs, a sollicité la France, le Pakistan, l'Égypte et le Royaume-Uni pour renforcer sa défense antiaérienne, tandis que Washington, engagé face à l'Iran, voit ses propres stocks se réduire. Riyad a accusé les houthistes d'avoir visé La Mecque mercredi, ce qu'ils ont démenti ; un Yéménite est mort à Taëf sous les débris d'un drone intercepté. Le Qatar, qui ne revendique pas de rôle militaire dans ce dossier, insiste sur la coordination diplomatique plutôt que sur l'escalade des frappes.
Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Mohammad Asif, a jugé qu'il était temps d'activer le pacte de La Mecque face à l'escalade des attaques houthistes, affirmant qu'Islamabad protégerait le royaume et ses lieux saints même en l'absence d'accord formel, et qu'il avait transmis à Téhéran un message saoudien exprimant ces inquiétudes. L'Italie, de son côté, a annoncé le déploiement de navires de guerre pour sécuriser ses propres flux commerciaux dans le détroit, sans attendre une décision commune de l'Union européenne.
ANGLE DOMINANT
Bucarest décrypte la médiation chinoise en coulisses face à l'avancée houthiste, plus que l'alerte aérienne sur Riyad elle-même.
POINTS CLES
ANALYSE
Bucarest, 19 septembre 2026. La presse roumaine retient d'abord la manœuvre discrète de Pékin plutôt que l'alerte aérienne sur Riyad elle-même. Selon Digi24 et Mediafax, qui citent tous deux trois sources iraniennes rapportées par Reuters, la Chine a demandé en privé à Téhéran d'aider à freiner l'avancée des rebelles houthistes, après un appel direct de l'Arabie saoudite à Pékin. Publiquement, la diplomatie chinoise s'en tient à un langage de retenue et de dialogue ; en coulisses, le message adressé à Téhéran serait allé plus loin, selon les sources citées.
Le déclencheur de cette médiation informelle : l'avancée rapide des houthistes le long de la côte de la mer Rouge et autour du détroit stratégique de Bab al-Mandeb, qui expose directement les exportations pétrolières et le trafic maritime saoudiens - un axe vital pour Pékin, qui a acheté en 2025 plus de 80% des exportations maritimes de pétrole iranien et dont les échanges avec le Conseil de coopération du Golfe avoisinent 300 milliards de dollars par an, rappelle Mediafax.
La réponse de Téhéran, relayée par les deux titres, place la responsabilité ailleurs : la stabilité régionale, répond l'Iran, dépend de la fin de « la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran ». Le ministère chinois des Affaires étrangères a de son côté publié une déclaration appelant à la retenue, citée par Mediafax : « L'escalade de l'instabilité régionale ne sert les intérêts d'aucune partie. La souveraineté et la sécurité de tous les pays doivent être respectées. »
Sur le terrain, Digi24 rapporte que les houthistes affirment avoir abattu un F-15 saoudien au-dessus de la province de Marib, à l'aide d'un missile sol-air de fabrication locale, et ont diffusé une vidéo de l'appareil en flammes. Le porte-parole militaire houthiste, Yahya Saree, revendique environ 450 frappes saoudiennes cette semaine, tandis que Riyad accuse mercredi le mouvement d'avoir visé La Mecque avec un drone - accusation démentie par les houthistes, qui affirment ne cibler que « les installations pétrolières et les bases militaires, loin des lieux saints ».
La presse roumaine, appuyée presque exclusivement sur des dépêches Reuters et AFP relayées, dessine ainsi une crise où la médiation passe par des canaux discrets - chinois - plutôt que par une intervention occidentale visible.
ANGLE DOMINANT
Moscou dissèque un front militaire en pleine bascule : les agences russes détaillent heure par heure les revendications houthistes, l'isolement diplomatique de Riyad et le refus américain de frapper.
POINTS CLES
ANALYSE
Moscou, 19 septembre 2026. Les agences russes assemblent un tableau de guerre où chaque camp revendique ses coups. Tôt samedi, la défense civile saoudienne a déclenché des alertes aériennes à Riyad et dans plusieurs régions, une première pour la capitale depuis l'intensification de l'offensive houthiste ; des journalistes de l'AFP et de Reuters ont entendu des explosions avant la levée de l'alerte, sans que le royaume en précise l'origine, relève RT.
Nourri par les communiqués du porte-parole houthiste Yahya Saree, relayés par TASS et Interfax, le récit russe détaille des succès revendiqués par le mouvement Ansar Allah : frappes de missiles et de drones sur une installation Aramco à Yanbu et sur la base aérienne de Khamis Mushait mercredi, puis la destruction revendiquée d'un F-15 saoudien au-dessus du gouvernorat de Marib, filmée et diffusée en vidéo — une première si elle est confirmée, note RT, sans démenti saoudien. TASS ajoute que les houthistes affirment avoir intercepté deux autres F-15 partis de Khamis Mushait.
Sur le terrain, Interfax et TASS rappellent que les forces houthistes, soutenues par l'Iran, ont repris tout le littoral yéménite sur la mer Rouge — les ports de Moha et Dubab, ainsi que l'île stratégique de Perim au cœur du détroit de Bab al-Mandeb — leur donnant la capacité de contrôler le trafic maritime international. Ryad aurait mené, selon les houthistes cités par TASS, près de 40 raids aériens en une journée sur Taëz, Marib et Hodeïda, avec morts et blessés parmi les civils.
RT documente l'isolement diplomatique de Riyad : Washington a refusé d'intervenir militairement pour préserver ses canaux avec les houthistes, selon Trump lui-même, malgré deux appels du prince héritier Mohammed ben Salmane. À court d'intercepteurs selon l'AP citée par RT, le royaume sollicite la France, le Royaume-Uni, le Pakistan et l'Égypte pour une défense antiaérienne, tandis qu'Oman et l'Égypte pilotent la désescalade.
RIA Novosti, citant Reuters et trois sources iraniennes, ajoute un angle que les autres agences russes laissent de côté : Pékin aurait demandé en privé à Téhéran de retenir les houthistes après un appel saoudien, craignant pour ses routes d'approvisionnement énergétique ; l'Iran aurait répondu que la stabilisation régionale dépendait de la fin du conflit américano-israélien contre lui. TASS relaie enfin la condamnation turque de la frappe houthiste visant La Mecque, Ankara réaffirmant son soutien à la souveraineté saoudienne et appelant à l'arrêt des attaques.
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