ANGLE DOMINANT
Lisbonne dissocie le double langage de Washington : les houthistes promettent d'épargner les navires américains et israéliens lors d'une rencontre secrète à Mascate, tandis que seuls les pétroliers saoudiens restent visés par le blocus en mer Rouge.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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63 morts en 24 heures dans les combats entre forces gouvernementales yéménites et houthistes, dont 23 soldats et 40 combattants houthistes, selon des sources militaires citées par l'AFP.
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Un premier mort recensé sur le sol saoudien depuis juillet : un Yéménite tué à Taëf par la chute de débris d'un drone intercepté, selon la Défense civile saoudienne.
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Des représentants américains ont rencontré secrètement des houthistes à Mascate ce week-end ; ceux-ci promettent d'épargner les navires américains et israéliens, selon cinq sources citées par Reuters.
ANALYSE
Lisbonne, samedi 19 septembre 2026. Le Portugal retient du dossier houthiste un double langage américain, entre repli affiché et tractations discrètes à Mascate, alors que le conflit yéménite s'aggrave sur le terrain.
Selon des sources militaires citées par l'AFP, les combats entre forces gouvernementales yéménites et houthistes ont fait 63 morts en vingt-quatre heures : au moins 23 soldats dans des attaques de missiles et de drones à Taëz et Lahj, et 40 combattants houthistes dans des frappes saoudiennes et des combats terrestres. Des bombardements ont aussi visé des tours de télécommunications à Taëz, tuant quatre personnes, dont trois enfants, selon les houthistes.
Le mouvement, qui contrôle désormais toute la côte yéménite sur la mer Rouge, renforce son emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, reliant l'Europe à l'Asie via le canal de Suez, une avancée qui alimente les craintes internationales pour le transport maritime mondial.
En Arabie saoudite, une personne est morte après la chute de débris lors de l'interception d'un drone dans la province de Taëf, un premier bilan mortel sur le sol saoudien depuis la reprise des hostilités en juillet. La Défense civile saoudienne précise que la victime, un Yéménite, a aussi blessé un Saoudien et un Pakistanais, ce dernier dans un état critique.
Mais Lisbonne retient surtout l'ambiguïté de Washington. Selon cinq sources citées par Reuters, des représentants américains ont rencontré secrètement des houthistes ce week-end, à l'ambassade des États-Unis à Mascate, une réunion coorganisée par le gouvernement omanais. Les houthistes y auraient promis de ne pas attaquer les navires américains ou israéliens, limitant leurs cibles aux bâtiments saoudiens, et de ne pas viser les navires commerciaux. Le département d'État n'a pas confirmé la rencontre, évoquant seulement la nécessité de « garantir la liberté de navigation en mer Rouge » et de « prévenir l'exportation du terrorisme depuis le Moyen-Orient ».
Classés « organisation terroriste étrangère » par Washington en 2025, les houthistes restent un interlocuteur de fait pour les Américains, qui avaient déjà négocié le cessez-le-feu de mai dernier sur les navires en mer Rouge. Samedi, Donald Trump a affirmé que les houthistes avaient demandé à Washington de ne pas intervenir au Yémen après la prise des îles jalonnant le détroit. Lundi, le vice-président JD Vance a confié que les États-Unis étaient en contact direct avec les houthistes et d'autres acteurs régionaux, dont les Saoudiens.
