ANGLE DOMINANT
Rome tranche que la crise houthiste n'est plus une affaire lointaine : son propre Eurofighter a été touché à Taëf et Crosetto annonce vouloir escorter ses navires à Bab el-Mandeb sans attendre l'Europe.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Un Eurofighter F-2000 italien a été touché et endommagé lors d'une attaque houthiste contre la base aérienne de Taëf, sans faire de blessé selon Crosetto
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Crosetto annonce vouloir faire escorter les navires italiens à Bab el-Mandeb sans attendre la décision de la mission européenne Aspides
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Plus de 1 200 navires par mois traversent Bab el-Mandeb depuis l'été, soit +28 % en nombre et +43 % en tonnage par rapport à l'été 2025, mais 39 % sous les niveaux antérieurs
ANALYSE
Rome, 19 septembre 2026. Pour la presse italienne, l'alerte aérienne de Riyad n'est plus un événement lointain : elle touche directement le dispositif militaire et commercial de l'Italie en mer Rouge. Jeudi, un Eurofighter F-2000 italien a été touché et endommagé lors d'une attaque houthiste visant la base aérienne de Taëf, en Arabie saoudite, où sont déployés des militaires italiens dans le cadre de la mission Inherent Resolve. Le ministre de la Défense Guido Crosetto a confirmé l'incident tout en précisant qu'il n'y avait « aucun blessé », selon La Repubblica.
Cet épisode intervient alors que Rome multiplie les initiatives pour sécuriser le trafic maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb, où les houthistes imposent depuis juillet un blocus aux pétroliers saoudiens et menacent désormais l'ensemble du commerce transitant par la zone. Depuis le forum sur la Risorsa Mare à La Spezia, Crosetto a annoncé avoir « décidé, avec le chef d'état-major, de ne pas attendre qu'Aspides détermine si les navires peuvent passer ou non ». Il a averti que « retarder ces passages revient à retarder l'économie, à aggraver les problèmes », et donné instruction à la Défense de préparer un plan garantissant le libre transit par le détroit, selon ANSA. La frégate Bergamini reste à quai à Djibouti, avec une dizaine de cargos battant pavillon ou armateur italien en attente d'escorte ; plus de 1 200 navires par mois traversent Bab el-Mandeb depuis l'été, soit +28 % en nombre et +43 % en tonnage par rapport à l'été 2025, mais des volumes encore inférieurs de 39 % aux niveaux antérieurs.
Rome met aussi la pression sur ses partenaires européens : Crosetto a écrit à la Haute Représentante Kaja Kallas pour réclamer un renforcement de la mission Aspides, se disant prêt à fournir une seconde frégate si les autres États contribuent financièrement. « L'Italie et la Grèce font beaucoup, mais si nous devons protéger toute l'Europe, il doit y avoir une contribution militaire ou financière », a insisté le chef de la diplomatie Antonio Tajani. La mission, lancée en février 2024 et dirigée depuis Larissa, ne compte que trois navires, quand l'Arabie saoudite cherche par ailleurs des soutiens plus larges — du Pakistan à Washington — face à l'offensive houthiste.
