ANGLE DOMINANT
Lima mesure la crise à l'aune du baril : la presse péruvienne retient surtout la menace pesant sur les exportations pétrolières saoudiennes et la flambée des prix au-dessus de 100 dollars, plus que la bataille militaire elle-même.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Les houthistes ont pris le contrôle de la côte yéménite bordant la mer Rouge et renforcent leur emprise sur le détroit de Bab al-Mandeb, ce qui menace les exportations pétrolières saoudiennes alors que le baril dépasse 100 dollars.
- 02
Les combats de jeudi ont fait au moins 63 morts : 23 soldats gouvernementaux tués par missiles et drones à Taëz et Lahj, et 40 combattants houthistes tués lors de frappes aériennes saoudiennes et d'affrontements terrestres.
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La Défense civile saoudienne a annoncé son premier mort depuis le début des attaques houthistes : un ressortissant yéménite tué par des éclats d'un drone intercepté dans la province de Taëf, près de La Mecque.
ANALYSE
Lima, 19 septembre 2026. La presse péruvienne, relayant les dépêches AFP, décrit l'escalade au Moyen-Orient d'abord sous l'angle de son impact économique mondial. Andina rapporte que les rebelles houthistes, soutenus par l'Iran, ont pris la semaine dernière le contrôle de la côte yéménite bordant la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit stratégique de Bab al-Mandeb, ce qui « met en échec les exportations pétrolières de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial », alors que les prix du baril dépassent désormais les 100 dollars, une flambée jugée menaçante pour « l'économie mondiale ».
Mercredi, Riyad a accusé les houthistes d'avoir lancé un drone « lâche » contre La Mecque, un « mensonge » selon les rebelles yéménites. La coalition dirigée par l'Arabie saoudite a averti que la sécurité des deux mosquées saintes constituait « une ligne rouge ». Un habitant de La Mecque a raconté à l'AFP avoir vu des gens « paniquer et courir vers la fenêtre » après l'interception d'un drone par la défense antiaérienne.
Jeudi, les combats entre les forces gouvernementales, appuyées par Riyad, et les houthistes ont fait au moins 63 morts : 23 soldats tués par des missiles et drones dans les provinces de Taëz et Lahj, et 40 combattants houthistes tués lors de frappes aériennes saoudiennes et d'affrontements terrestres, selon des sources militaires citées par Andina. Le même jour, la Défense civile saoudienne a annoncé le premier mort recensé dans le royaume depuis le début des attaques : un ressortissant yéménite tué par des éclats d'un drone intercepté dans la province de Taëf, près de La Mecque. El Comercio Perú cite le communiqué officiel publié sur X : la Défense civile « se enfrentó a la caída de metralla de un dron... y esto causó la muerte de un residente de nacionalidad yemení ». Une Saoudienne a été blessée et un ressortissant pakistanais se trouve dans un état critique.
Les journaux péruviens rattachent cette flambée à la rupture, en juillet, de la trêve de facto négociée par l'ONU en 2022, et au conflit plus large ouvert fin février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran. Ils relèvent aussi que l'oléoduc Est-Ouest, qui permettait au royaume d'acheminer jusqu'à sept millions de barils par jour, reste fermé, obligeant Riyad à privilégier la route de la mer Rouge reliant l'océan Indien à la Méditerranée depuis le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran. Pour la presse locale, l'enjeu premier n'est pas tant la bataille militaire au Yémen que ses répercussions sur les marchés pétroliers, susceptibles de peser sur les économies importatrices comme celle du Pérou.
SOURCES (2)
- El Comercio PerúMOYEN
- AndinaMOYEN
