ANGLE DOMINANT
Addis-Abeba mesure les répercussions économiques de la crise en mer Rouge, où le blocus houthiste contre les pétroliers saoudiens fait grimper les prix du pétrole et menace la stabilité d'une route maritime dont dépend le commerce régional de la Corne de l'Afrique.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le baril de Brent se négociait mercredi à un peu plus de 107 dollars, en repli mais toujours nettement au-dessus des niveaux d'avant-conflit.
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Selon le HCR, au moins 100 000 personnes ont été déplacées au Yémen depuis le début, début septembre, de l'offensive houthiste.
- 03
Les houthistes affirment avoir intercepté deux formations de chasseurs saoudiens F-15 au-dessus de Mokha et les avoir forcés à quitter immédiatement l'espace aérien.
ANALYSE
Addis-Abeba, 19 septembre 2026. Les développements de la crise en mer Rouge, où l'Arabie saoudite affronte l'offensive des houthistes soutenus par l'Iran, sont mesurés à Addis-Abeba à l'aune de leurs répercussions économiques régionales, la Corne de l'Afrique étant riveraine des mêmes eaux stratégiques que Riyad tente désormais de sécuriser.
Mercredi, l'Arabie saoudite a accusé les houthistes d'avoir visé La Mecque par un drone, une attaque que la coalition dirigée par Riyad a qualifiée d'« acte terroriste lâche » et que les rebelles yéménites ont démentie, leur porte-parole militaire Yahya Saree affirmant que « nos opérations visent des installations pétrolières et des bases militaires loin des lieux saints ». Les houthistes affirment par ailleurs avoir intercepté deux formations de chasseurs saoudiens F-15 au-dessus de Mokha, les « obligeant à quitter immédiatement » l'espace aérien, tout en revendiquant des frappes sur les installations d'Aramco à Yanbu et la base aérienne de Khamis Mushait.
Le conflit, ravivé en juillet, a permis aux houthistes de renforcer leur emprise sur le détroit stratégique de Bab al-Mandab, verrou reliant l'Europe et l'Asie via la mer Rouge et le canal de Suez. Conséquence immédiate : le baril de Brent se négociait mercredi à un peu plus de 107 dollars, en léger repli mais toujours très au-dessus des niveaux d'avant-guerre — une pression que Doha juge potentiellement « catastrophique » si le détroit venait à être bloqué, rappelant que « le monde souffre déjà du blocus du détroit d'Ormuz ».
Face à cette pression, le prince héritier Mohammed ben Salmane a intensifié ses démarches diplomatiques, se rendant mardi au Caire pour appeler, aux côtés du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, à « garantir la liberté et la sécurité de navigation » en mer Rouge — l'Égypte redoutant elle aussi une chute de ses revenus du canal de Suez. Riyad a également sollicité Washington, mais selon le média américain Axios, citant des responsables américains, le président Donald Trump a refusé d'ordonner des frappes aériennes contre les houthistes.
Sur le plan humanitaire, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés recense au moins 100 000 déplacés au Yémen depuis le début, début septembre, de l'offensive houthiste, un chiffre qui s'ajoute à une crise déjà sévère dans le pays le plus pauvre de la péninsule Arabique depuis la guerre de 2014-2022.
