ANGLE DOMINANT
Canberra pèse d'abord l'onde de choc pétrolière de l'offensive houthiste, plus que son volet militaire ou diplomatique
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Les Houthistes contrôlent désormais le port de Mokha et des îles proches du détroit de Bab al-Mandeb, par lequel transite environ 12 % du commerce mondial en temps normal (ABC News Australia)
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Un Yéménite résidant en Arabie saoudite a été tué à Taëf par les débris d'un drone intercepté, premier décès annoncé par les autorités saoudiennes, après plus de 80 blessés déjà recensés (PerthNow)
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L'Organisation internationale pour les migrations recense plus de 100 000 Yéménites déplacés depuis l'intensification des combats, essentiellement à l'intérieur du pays (PerthNow)
ANALYSE
Canberra, 19 septembre 2026. Pour la presse australienne, l'offensive houthiste en mer Rouge se lit avant tout par ses répercussions sur les marchés mondiaux. ABC News Australia résume une semaine où les rebelles yéménites, soutenus par l'Iran, ont descendu la côte de la mer Rouge jusqu'à un point de passage stratégique, menaçant les exportations pétrolières saoudiennes. Le média note que cette avancée, la plus importante des rebelles depuis des années, a ravivé la guerre civile yéménite vieille de douze ans et a déjà fait grimper les prix mondiaux du carburant. Elle donne aussi à l'Iran un nouveau levier, alors que Washington desserre par ailleurs son emprise sur le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique.
Les Houthistes ont pris le port de Mokha puis plusieurs îles proches du détroit de Bab al-Mandeb, par lequel transite environ 12 % du commerce mondial en temps normal, et se trouvent désormais à 32 kilomètres de Djibouti, où sont basées des forces américaines. Une attaque contre l'oléoduc est-ouest saoudien, imputée à des milices irakiennes proches de l'Iran, aggrave selon ABC la situation pour le royaume, qui voit aussi les rebelles lorgner les gisements pétroliers de l'est du Yémen. L'allié le plus important de Riyad, les États-Unis, semble rester à l'écart du conflit. ABC rappelle que les Houthistes avaient déjà pris Sanaa en 2014, provoquant l'intervention saoudienne de 2015 et une guerre qui n'a connu de trêve qu'en 2022.
Le volet humanitaire n'est pas absent : PerthNow rapporte la mort d'un Yéménite résidant en Arabie saoudite, tué à Taëf par les débris d'un drone intercepté, premier décès annoncé par les autorités saoudiennes, après plus de 80 blessés déjà recensés. Le média relaie aussi le témoignage de Wahida Omer, 50 ans, qui a fui son village de Dhubab par bateau à travers le détroit, sans nouvelles de son mari resté sur place. Selon l'Organisation internationale pour les migrations, plus de 100 000 Yéménites ont été déplacés depuis l'intensification des combats, essentiellement à l'intérieur du pays. La télévision houthiste a rapporté de nouvelles frappes saoudiennes jeudi dans la province de Hajjah et près de Taëz ; les Houthistes affirment de leur côté avoir abattu un F-15 saoudien mercredi, tandis que Riyad revendique des centaines de frappes aériennes en représailles.
