ANGLE DOMINANT
Manille scrute avant tout les risques pesant sur l'approvisionnement pétrolier mondial et sur la sécurité de ses ressortissants dans le Golfe, alors que l'offensive houthiste menace les routes énergétiques dont dépend l'archipel.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Un diplomate cité par Rappler affirme que les houthistes ont rassemblé environ 100 000 combattants sans être détectés : « Tout le monde, y compris les Saoudiens, a raté cette montée en puissance. »
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Selon des traders cités par GMA News, une fermeture prolongée de l'oléoduc Est-Ouest saoudien pourrait priver le marché mondial de jusqu'à 4 % de l'offre pétrolière, avec un Brent qui reste élevé.
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Rappler révèle que des responsables américains ont rencontré des représentants houthistes à Mascate le 13 septembre, ces derniers assurant vouloir respecter le cessez-le-feu de 2025 et épargner les navires américains et israéliens.
ANALYSE
Manille, 19 septembre 2026. Depuis les Philippines, la percée houthiste sur la mer Rouge est d'abord lue à travers le prisme de la facture énergétique. Selon Rappler, la capture par les rebelles yéménites, soutenus par l'Iran, des positions surplombant le détroit de Bab al-Mandeb constitue « le revers le plus grave subi par l'Arabie saoudite au Yémen depuis des années », révélant des failles du renseignement, l'effondrement des alliés yéménites de Riyad et les limites de la protection américaine. Un diplomate cité par le média affirme que les houthistes ont rassemblé environ 100 000 combattants en toute discrétion : « Tout le monde, y compris les Saoudiens, a raté cette montée en puissance et sous-estimé les intentions des houthistes. » Neil Quilliam, du centre de réflexion britannique Chatham House, parle d'un « échec de renseignement flagrant » : « Ils ne captaient pas le signal. Ils ne voyaient pas les signes. »
GMA News, citant Donald Trump, rapporte que le président américain espère la fin prochaine de la guerre contre l'Iran, entrée dans son septième mois, alors que les combats s'étendent avec des frappes aériennes saoudiennes au Yémen et des tirs de drones et missiles houthistes sur des villes saoudiennes. L'attaque contre l'oléoduc Est-Ouest saoudien aggrave, selon le média, la menace pesant sur l'approvisionnement énergétique mondial, déjà perturbé par les tensions dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux. Des traders estiment qu'une fermeture prolongée de l'oléoduc pourrait retrancher jusqu'à 4 % de l'offre pétrolière mondiale, tandis que le baril de Brent reste élevé. Washington a par ailleurs durci son avertissement aux voyageurs, interdisant à ses employés gouvernementaux de s'approcher à moins de 30 km de la frontière yéménite.
Rappler révèle par ailleurs que des responsables américains ont rencontré, le week-end du 13 septembre à Mascate, des représentants houthistes, selon cinq sources. Les houthistes, classés « organisation terroriste étrangère » par l'administration Trump depuis mars 2025, ont assuré vouloir respecter le cessez-le-feu de 2025 et ne pas viser les navires américains ou israéliens. Le même article note que Riyad a sollicité un soutien militaire américain que Washington a refusé, tout en maintenant un canal de négociation directe avec le mouvement.
