ANGLE DOMINANT
Islamabad revendique un rôle de garant régional : à l'ONU comme par la voix de son ministre de la Défense, le Pakistan affirme qu'il ira « jusqu'au bout » pour protéger l'Arabie saoudite et les Lieux saints, au nom du pacte de Makkah et de l'accord de défense mutuelle de 2025.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le ministre de la Défense Khawaja Asif : « L'accord de Makkah s'applique à nous, et nous remplirons notre devoir » (Geo News, 16 septembre).
- 02
Le Premier ministre Shehbaz Sharif a promis un soutien « épaule contre épaule » à Riyad et condamné une attaque « ignoble et abjecte » contre les Lieux saints.
- 03
L'ambassadeur Asim Iftikhar Ahmad a demandé au Conseil de sécurité la cessation immédiate des attaques houthistes contre les navires dans Bab al-Mandab et alerté sur les risques pour Ormuz.
ANALYSE
Islamabad, 19 septembre 2026. Après les alertes aériennes déclenchées à Riyad et dans plusieurs régions saoudiennes, le Pakistan multiplie les gestes de solidarité envers l'Arabie saoudite, entre pacte de défense invoqué et diplomatie à l'ONU. Mercredi, le ministre pakistanais de la Défense Khawaja Asif a jugé que « le moment est venu » d'appliquer l'accord de Makkah conclu avec Riyad, après une tentative de frappe de drone houthiste près de la ville sainte. « L'accord de Makkah s'applique à nous, et nous remplirons notre devoir », a-t-il déclaré sur Geo News, précisant que le Pakistan n'avait toutefois pas besoin d'un texte pour protéger les Lieux saints, un devoir qui s'impose selon lui même en son absence. Le même jour, le Premier ministre Shehbaz Sharif a réaffirmé le « plein soutien » d'Islamabad à la défense de l'Arabie saoudite, assurant que le pays se tenait « épaule contre épaule » avec Riyad et condamnant une tentative d'attaque « ignoble et abjecte » contre les Lieux saints, tout en appelant à la retenue et à la désescalade régionale.
Vendredi, l'ambassadeur pakistanais aux Nations unies, Asim Iftikhar Ahmad, a porté cette solidarité devant le Conseil de sécurité, réuni en format Arria sur le blocus maritime imposé par les houthistes. Il a exigé la cessation « immédiate » des attaques contre les navires marchands dans le détroit de Bab al-Mandab, dénonçant les « desseins malveillants » d'un mouvement accusé de vouloir transformer le détroit en arme contre la navigation commerciale. L'envoyé a averti que la crise maritime, conjuguée aux perturbations dans le détroit d'Ormuz, menaçait la paix, la sécurité énergétique et alimentaire mondiales, et a appelé à protéger la liberté de navigation et les équipages.
La presse pakistanaise relaie par ailleurs les informations de Reuters selon lesquelles la Chine a demandé en privé à l'Iran d'user de son influence sur les houthistes après un appel de Riyad à Pékin, Téhéran répondant, selon trois sources iraniennes citées par l'agence, que la stabilité régionale dépendait de la fin de la guerre américano-israélienne contre l'Iran. Pékin, qui dépend des routes énergétiques de la mer Rouge, a publiquement appelé à la retenue, au dialogue et au rétablissement d'une navigation sûre.
La presse pakistanaise relève enfin qu'un résident pakistanais a été blessé cette semaine à Taëf lors de l'interception d'un drone qui a tué un Yéménite — premier décès reconnu par Riyad depuis l'intensification des attaques houthistes, sur fond d'une guerre déjà vieille de sept mois entre l'Iran et les États-Unis.
SOURCES (4)
- ARY NewsMOYEN
- Daily TimesMOYEN
- Business RecorderMOYEN
