ANGLE DOMINANT
Bruxelles retient d'abord le revers politique infligé à Donald Trump, sept semaines avant des midterms où sa majorité est déjà fragile, plus que la stricte question de droit électoral.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La Cour suprême a rejeté lundi soir la demande d'urgence de l'administration Trump, laissant en place les blocages prononcés par des tribunaux du Massachusetts et du district de Columbia.
- 02
Quatre des six juges conservateurs, dont le président John Roberts, ont voté avec les trois juges progressistes ; Clarence Thomas et Samuel Alito ont exigé l'application immédiate de la réforme.
- 03
Selon l'organisation States United citée par DH, près d'un tiers des électeurs américains ont voté par correspondance en 2024.
ANALYSE
Bruxelles, 16 septembre 2026. La presse belge retient d'abord un mot : « revers ». Lundi soir, la Cour suprême des États-Unis a rejeté la demande d'urgence de l'administration Trump visant à imposer de nouvelles règles au service postal pour le vote par correspondance, laissant en place les décisions de tribunaux inférieurs du Massachusetts et du district de Columbia qui bloquaient ce plan pour les élections de mi-mandat du 3 novembre. Selon DH, quatre des six juges conservateurs de la Cour, « dont son président, John Roberts », ainsi que les trois juges progressistes, ont rejeté la demande, estimant que « le gouvernement a peu de chances de l'emporter » sur le fond et qu'il n'a « pas démontré la nécessité » de suspendre la décision de première instance. La Libre Belgique rappelle que ce vote concerne désormais « entre un tiers et la moitié des électeurs américains » et que la Cour, en statuant ainsi, cherche avant tout à éviter « la confusion, voire le chaos » d'ici au 3 novembre, sans trancher le fond du litige — ce qui, note le journal, ne dissipe « pas toutes les inquiétudes » sur le bon déroulement du scrutin, « loin s'en faut ».
La Libre Belgique souligne que la majorité a tranché pour des raisons pratiques : impossible d'appliquer les changements réclamés dans les délais, alors que des États ont déjà commencé à envoyer les bulletins, voire que « les électeurs ont même déjà voté ». Clarence Thomas et Samuel Alito, eux, ont exigé « l'application immédiate de la réforme » malgré ce risque de confusion.
Pour DH, l'enjeu dépasse la procédure : « près d'un tiers des électeurs américains ont voté par correspondance en 2024 », selon l'organisation States United, alors que « la droite américaine pourrait perdre sa fine majorité à la Chambre, voire au Sénat, au profit des démocrates ». L'ACLU y voit une « grande victoire pour le droit de vote, l'intégrité des élections et la démocratie ».
Donald Trump, lui, a qualifié mardi la décision d'« horrible » et « hautement politique », fustigeant « ces démocrates dérangés et dépravés » et des juges qu'il dit « pétrifiés », incapables selon lui de « sauver notre Amérique ». Il y voit une « lourde défaite pour les républicains et pour l'Amérique ». Les journaux belges relaient cette colère présidentielle tout en rappelant que la Cour ne s'est prononcée que sur l'urgence, pas sur le fond du dossier, qui pourrait resurgir avant 2028.
SOURCES (2)
- La Libre BelgiqueMOYEN
- DH (Dernière Heure)MOYEN
