ANGLE DOMINANT
Paris décrypte ce revers judiciaire comme la preuve qu'une coalition transpartisane de juges, conservateurs et progressistes confondus, borne le pouvoir exécutif de Donald Trump à l'approche des midterms.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Quatre des six juges conservateurs, dont le président John Roberts, ont rejoint les trois juges progressistes pour rejeter la demande de l'administration Trump, soit sept voix sur neuf selon 20 Minutes.
- 02
Seuls Samuel Alito et Clarence Thomas ont exprimé leur désaccord ; Alito estime que le service postal « a une large autorité pour réguler le courrier », selon France 24.
- 03
Près d'un tiers des électeurs américains ont voté par correspondance en 2024, selon l'organisation States United, citée par Le Monde et Sud Ouest.
ANALYSE
Paris, 16 septembre 2026. La Cour suprême des États-Unis a rejeté, lundi 14 septembre 2026, la demande d'urgence de l'administration Trump visant à imposer de nouvelles règles au service postal pour le vote par correspondance, à l'approche des élections de mi-mandat du 3 novembre. La presse française insiste sur la composition de la majorité qui a scellé ce revers : quatre des six juges conservateurs de la Cour, dont son président John Roberts, se sont joints aux trois juges progressistes pour rejeter la demande, selon Le Monde, RFI et France 24. Les juges estiment, dans une brève décision, que « le gouvernement a peu de chances de l'emporter quand l'affaire sera jugée sur le fond » et qu'il n'a pas démontré la nécessité de suspendre la décision de première instance. Ce résultat, sept voix sur neuf selon 20 Minutes, est présenté comme la preuve que le désaccord dépasse le clivage partisan habituel de la haute juridiction. Seuls Samuel Alito et Clarence Thomas ont exprimé leur dissidence ; Alito estimant que le service postal « a une large autorité pour réguler le courrier » et dispose probablement du pouvoir d'appliquer les restrictions, selon France 24. Brett Kavanaugh a joint une opinion concordante, tout en laissant la porte ouverte à un retour du dossier devant la Cour après les midterms.
Les médias français relaient la colère du président américain, qui a qualifié la décision d'« horrible » et de « hautement politique » sur Truth Social mardi, accusant certains juges d'être « pétrifiés » par les démocrates et incapables de « sauver notre Amérique », selon BFMTV. Le ministre de la Justice Todd Blanche a néanmoins assuré que l'exécutif « va se conformer à la décision de la Cour suprême ». Les titres soulignent la portée pratique : les 50 États peuvent conserver leurs procédures actuelles, qui ont concerné près d'un tiers des électeurs en 2024 selon States United, alors que l'envoi des premiers bulletins avait déjà commencé dans certains États. Le recours émanait du procureur général de Californie Rob Bonta et de vingt-deux autres États démocrates. Pour la presse française, l'épisode illustre moins un enjeu électoral immédiat qu'une limite institutionnelle posée à l'exécutif : la Cour rappelle que les règles du jeu ne peuvent être changées à la dernière minute, sans trancher le fond du droit, que l'administration a déjà annoncé vouloir rouvrir avant 2028.
SOURCES (7)
- 20 MinutesMOYEN
- Sud OuestMOYEN
- HuffPost FranceMOYEN
- BFMTVMOYEN
- La Cour suprême américaine rejette le recours de Donald Trump pour restreindre le vote par correspondance...
- "Une lourde défaite pour l'Amérique": Donald Trump fustige la décision de la Cour suprême sur le vote par correspondance
- Vote par correspondance aux États-Unis: "Nous allons nous conformer à la décision de la Cour suprême", dit Todd Blanche
