ANGLE DOMINANT
Canberra mesure le paradoxe indien : partenaire du Quad face à Pékin, New Delhi reste le premier acheteur de pétrole russe, un grand écart que le sommet des BRICS remet en pleine lumière.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La part du pétrole russe dans les importations de brut indiennes a atteint un record de 51 % en juillet 2026, selon PerthNow.
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Il s'agit de la première visite de Xi Jinping en Inde depuis 2019, six ans après un affrontement meurtrier à la frontière himalayenne, rapporte ABC News Australia.
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Modi a dit à Poutine, lors du sommet de l'OCS à Bichkek le 31 août, que la guerre en Ukraine devait cesser « for humanity's sake ».
ANALYSE
Canberra, 11 septembre 2026. Le sommet des BRICS qui s'ouvre à New Delhi, où l'Inde a mobilisé un dispositif de sécurité massif, retient depuis l'Australie une leçon d'abord économique : derrière l'affichage diplomatique de Vladimir Poutine, Xi Jinping et du président iranien Masoud Pezeshkian, ce sont les flux de pétrole et de commerce échappant aux sanctions occidentales qui structurent la réunion. ABC News Australia décrit un sommet à onze membres « dominated by economic challenges and conflict in the Middle East and Ukraine », et prévient : « Experts expect the gulf conflict will be the central fault line in coming days, with Iran, Saudi Arabia and The UAE set to attend. »
PerthNow détaille le mécanisme concret de ce contournement des sanctions : la part du pétrole russe dans les importations de brut indiennes a atteint un record de 51 % en juillet 2026, les perturbations des approvisionnements du Moyen-Orient ayant accru la dépendance des raffineurs indiens envers Moscou. Cette part se serait légèrement modérée en août, la Chine ayant accéléré ses propres achats de brut russe — un vase communicant entre les deux plus grands acheteurs d'énergie russe qui relativise l'isolement recherché par l'Occident depuis 2022.
New Delhi, qui avait déjà reçu Poutine en décembre 2025, veut aussi élargir la coopération vers le nucléaire civil, les engrais, la défense, les minéraux critiques, les chemins de fer et l'acier, selon une source indienne citée par PerthNow. Modi, qui avait dit à Poutine à Bichkek fin août que la guerre en Ukraine devait cesser « for humanity's sake », défend simultanément l'idée que le conflit ukrainien ne se règle pas en coupant les échanges énergétiques avec la Russie.
Pour l'Australie, partenaire du Quad avec l'Inde face à la Chine, ce grand écart illustre combien New Delhi navigue entre alliances stratégiques occidentales et achats massifs d'énergie russe, tout en amorçant un dégel avec Pékin — première visite de Xi en Inde depuis 2019, six ans après un affrontement meurtrier à la frontière himalayenne.
