ANGLE DOMINANT
Paris décrypte un sommet BRICS+ scindé par les guerres en Ukraine et autour de l'Iran, entre ligne dure russo-chinoise et retrait émirati.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran en représailles, laissait transiter avant la guerre 20 % du pétrole mondial, alimentant la hausse des prix du brut (Le Monde).
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Les Emirats arabes unis, membres des BRICS, ont suspendu en août leurs échanges commerciaux et financiers avec l'Iran après avoir été visés par des missiles iraniens (Le Monde).
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La visite de Xi Jinping à New Delhi est sa première en Inde depuis 2019, six ans après un affrontement meurtrier à la frontière himalayenne contestée (France 24).
ANALYSE
Paris, 12 septembre 2026. À New Delhi, le sommet des BRICS+ qui s'ouvre ce 12 septembre confirme, vu de Paris, la fracture qui traverse le bloc depuis les frappes américaines et israéliennes sur l'Iran lancées fin février. Le Monde relève que les échanges entre dirigeants ont débuté vendredi 11 septembre, quand Narendra Modi a reçu successivement Vladimir Poutine et le président iranien Massoud Pezeshkian, avant l'arrivée samedi de Xi Jinping. Dès sa première intervention, Pezeshkian a dénoncé des sanctions ayant atteint « un stade critique et dangereux » après « l'agression militaire des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran », rappelant que Téhéran a verrouillé en représailles le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre 20 % du pétrole mondial — un blocage qui continue de faire flamber les prix du brut.
Cette ligne dure, soutenue par la Russie et la Chine « déterminées à contrer l'hégémonie américaine », selon Le Monde, se heurte à la position des Emirats arabes unis, qui ont suspendu en août leurs échanges avec Téhéran après avoir été visés par des missiles iraniens — une position que Le Monde juge « difficilement conciliable » au sein même du bloc.
France 24 souligne un autre fil du sommet : la visite de Xi Jinping, la première en Inde depuis 2019, marque le pas le plus significatif d'un dégel prudent entre les deux géants asiatiques, six ans après un affrontement meurtrier à leur frontière himalayenne contestée. Vols, visas et contacts de haut niveau se rétablissent progressivement, mais une profonde méfiance demeure, avec un déficit commercial croissant et une rivalité stratégique persistante.
RFI pointe enfin le paradoxe indien : sous haute sécurité, New Delhi affiche le visage de Narendra Modi en garant d'une « Inde développée », tandis que des sans-abris dorment sur les bancs publics près du centre de congrès Bharat Mandapam. Une étudiante en économie juge que « l'inégalité est élevée en Inde » et reste « le principal obstacle » à la croissance du pays — rappel que le multi-alignement diplomatique indien se joue aussi sur un terrain social contesté.
