ANGLE DOMINANT
Dhaka mesure sa présence au sommet des BRICS de New Delhi à l'aune d'une rupture bilatérale avec l'Inde, née des propos de Sheikh Hasina depuis la capitale indienne, plus qu'à celle des guerres en Ukraine ou au Moyen-Orient qui dominent l'agenda du bloc.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
L'Inde a invité le Premier ministre Tarique Rahman au sommet en tant que président en exercice du Bimstec, invitation distincte de celle bilatérale déjà adressée ; Dhaka n'a toujours pas confirmé sa participation.
- 02
Les relations bilatérales sont tendues depuis que Sheikh Hasina a affirmé le 5 août, depuis New Delhi, vouloir rentrer au Bangladesh en décembre ; Dhaka l'a qualifiée d'"absconding, convicted genocider".
- 03
L'Inde a déployé plus de 30 000 membres des forces de sécurité pour le sommet des 12-13 septembre, qui marque la première visite de Xi Jinping en Inde depuis sept ans.
ANALYSE
Dhaka, 12 septembre 2026. À Delhi, Vladimir Poutine et Xi Jinping ouvrent le 18e sommet des BRICS, un bloc de onze pays représentant près de la moitié de la population mondiale et environ 40 % du PIB planétaire. Mais la presse bangladaise s'attarde moins sur cet agenda que sur une question domestique : Dhaka enverra-t-elle un représentant ? Selon The Business Standard, l'Inde a invité le Premier ministre Tarique Rahman en sa qualité de président en exercice du Bimstec, invitation distincte de celle, bilatérale, adressée séparément. Mais "des sources diplomatiques indiquent que le Bangladesh pourrait finalement décider de ne pas envoyer de représentant au sommet". Le ministre des Affaires étrangères Khalilur Rahman, aussi président de l'Assemblée générale de l'ONU, a refusé de commenter.
En cause, une relation bilatérale à vif depuis que Sheikh Hasina, depuis New Delhi, a affirmé le 5 août vouloir rentrer au pays en décembre pour y "restaurer la démocratie", malgré le risque d'emprisonnement ou de peine de mort. Dhaka a jugé l'intervention blessante pour les sentiments du peuple bangladais et l'a décrite comme "an absconding, convicted genocider". New Delhi a répliqué le 7 août n'avoir joué aucun rôle dans cet événement médiatique et n'avoir cautionné aucun propos.
Ce différend éclipse, dans la couverture bangladaise, la mécanique même du sommet : plus de 30 000 membres des forces de sécurité déployés à Delhi, la première visite de Xi Jinping en Inde depuis sept ans, ou les entretiens bilatéraux entre Narendra Modi et Vladimir Poutine sur le commerce, la défense et l'énergie, avec un objectif de 100 milliards de dollars d'échanges annuels d'ici 2030. Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, censées dominer les débats du sommet selon les agences, ne sont ici qu'un arrière-plan.
Pour Dhaka, l'enjeu immédiat n'est donc pas la position du bloc sur l'Iran ou l'Ukraine, mais la température des relations avec son grand voisin, tandis que le pouvoir actuel cherche à tenir Hasina, poursuivie pour génocide, à distance de toute tribune indienne.
SOURCES (3)
- The Business StandardMOYEN
- TBS Top NewsMOYEN
- The Daily Star WorldMOYEN
