ANGLE DOMINANT
Berlin décrypte le sommet Trump-Xi comme une démonstration de faste sans substance, où gestes et symboles - tapis rouge, statue d'aigle, pandas - ont occupé le devant de la scène tandis que le commerce, Taïwan et l'intelligence artificielle restaient sans accord.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La trêve douanière n'a été prolongée que jusqu'au 10 janvier, sans accord sur les terres rares, la technologie ou l'agriculture, selon Die Zeit
- 02
Aucun dirigeant d'entreprise chinoise n'a assisté au dîner d'État malgré leurs espoirs jusqu'à la dernière minute, alors que Musk, Jensen Huang, Zuckerberg, Tim Cook et Sam Altman y étaient, selon la FAZ
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Trump est allé accueillir Xi en personne sur le tarmac, une première pour un président américain envers un chef d'État chinois, selon la FAZ et la Tagesschau
ANALYSE
Berlin, 25 septembre 2026. La presse allemande retient surtout le contraste entre la mise en scène et l'absence de résultats du sommet Trump-Xi à Washington. La Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) titre sobrement « Gesten statt Ergebnisse » (des gestes, pas des résultats) : jeudi, Donald Trump est allé chercher Xi Jinping en personne sur le tarmac, une première pour un président américain envers un chef d'État chinois, tandis que Xi, en costume Zhongshan comme lors du dîner d'État avec Barack Obama en 2015, a évoqué dans son toast « une amitié forgée dans le sang et le feu » qui « durera des générations », rappelant le précédent de Nixon à Pékin en 1972. Trump a répété vendredi que les deux pays ne s'étaient « jamais mieux entendus ».
La Tagesschau relève que la liste des sujets - IA, commerce, Ukraine, Taïwan - restait longue, mais que le sommet a surtout offert « faste et pompe, peu de substance », selon l'ex-diplomate américain Jeff Moon. Seule annonce concrète dès l'ouverture : la prolongation de la trêve douanière, avec suspension des surtaxes et restrictions à l'export jusqu'au 10 janvier. Trump a offert à Xi une statue d'aigle à tête blanche ; Xi a annoncé l'envoi de deux pandas au zoo d'Atlanta, présentés comme des « ambassadeurs de l'amitié », et l'invitation de 100 000 jeunes Américains en Chine sur cinq ans.
Le Handelsblatt souligne un contraste : des soldats américains photographiés à genoux, ôtant les derniers fils du tapis rouge avant l'arrivée de Xi, alors que Washington classe toujours Pékin comme une menace dans ses documents stratégiques et l'accuse de soutenir la Russie et l'Iran. La FAZ documente aussi l'absence remarquée des patrons chinois au dîner d'État malgré leurs espoirs jusqu'à la dernière minute : la liste des invités comptait Elon Musk, Jensen Huang, Mark Zuckerberg, Tim Cook, Sam Altman, le Français Bernard Arnault et l'Allemand Michael Miebach (Mastercard) - mais aucun dirigeant chinois.
Pour Die Zeit, ce sommet compte parmi « les plus étranges visites d'État de l'histoire récente des États-Unis » : Trump y a exclu plusieurs médias, laissant les chaînes d'État chinoises citer l'événement à leur avantage, tandis que Taïwan, les terres rares, la technologie et l'agriculture restent sans accord.
SOURCES (4)
- ZEIT OnlineMOYEN
- FAZMOYEN
- HandelsblattMOYEN
