ANGLE DOMINANT
Paris décrypte la visite d'État de Xi Jinping comme un exercice de mise en scène diplomatique où le faste du protocole masque l'absence de percée sur le fond, du commerce à Taïwan.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La trêve commerciale entre Washington et Pékin a été prolongée jusqu'au 10 janvier 2027, annoncée par le secrétaire au Trésor Scott Bessent à l'arrivée de Xi Jinping
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Xi Jinping a annoncé l'envoi de deux pandas géants « dans quelques jours » au zoo d'Atlanta, présenté comme un « symbole d'amitié » entre les deux pays
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RFI qualifie le sommet de « beaucoup d'apparence, peu de substance », un jugement repris en écho par Le Monde sur la prééminence des images sur le fond
ANALYSE
Paris, 25 septembre 2026. La presse française retient d'abord le contraste entre le faste déployé à Washington et la maigreur du bilan. Sur la base aérienne d'Andrews, mercredi 23 septembre, Donald Trump a personnellement accueilli Xi Jinping ; Le Monde relève que le président américain « ne se déplace presque jamais pour accueillir un dirigeant étranger à l'aéroport ». Jeudi 24 septembre, la Maison-Blanche a multiplié les honneurs : parade militaire, survol de bombardiers, dîner d'État en présence de Tim Cook, Jensen Huang, Elon Musk et Sam Altman. Trump a offert une statue d'aigle et loué une « très grande amitié », affirmant que les deux pays « ne s'étaient jamais mieux entendus ». Xi a répondu en annonçant l'envoi « dans quelques jours » de deux pandas géants au zoo d'Atlanta, « symbole d'amitié entre la Chine et les États-Unis », selon BFMTV.
Mais RFI résume le sommet en une formule : « beaucoup d'apparence, peu de substance ». Le Monde va dans le même sens, notant que « les images produites et les propos publics convenus l'ont emporté sur la substance ». Le seul acquis concret reste la prolongation de la trêve commerciale jusqu'au 10 janvier 2027, annoncée par le secrétaire au Trésor Scott Bessent à l'arrivée de Xi ; Bessent a jugé Pékin « un peu en retard » dans ses achats agricoles. Sur Taïwan, l'Iran, les terres rares et l'intelligence artificielle, rien n'a été tranché : Xi a réaffirmé ses lignes rouges et appelé à une « coexistence pacifique » fondée sur une « responsabilité historique » partagée, tout en mettant en garde contre le « piège de Thucydide ». France 24 souligne que les espoirs de coopération sur l'IA restent minces, alors qu'un geste concret a émergé sur un autre front : Trump s'est dit prêt à laisser des constructeurs chinois comme BYD s'installer aux États-Unis, à condition d'y employer des salariés américains.
Des manifestants ont scandé « Libérez Hong Kong » devant la Maison-Blanche, rappel que la relation reste tendue sous le vernis protocolaire. Pour L'Express, cette mise en scène de la proximité personnelle pourrait desservir Washington : l'ancien analyste de la CIA Jonathan Czin juge que « Xi Jinping accorde très peu d'importance aux relations personnelles ».
SOURCES (5)
- L'ExpressMOYEN
- BFMTV InternationalMOYEN
