ANGLE DOMINANT
Londres dissocie le faste protocolaire déployé à Washington de l'absence de toute avancée sur le commerce, Taïwan ou l'intelligence artificielle.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La trêve commerciale dite « accord de Busan » n'a été prolongée que jusqu'au 10 janvier, alors que Pékin espérait un an, selon la BBC.
- 02
Xi Jinping a exigé que l'intelligence artificielle reste « sous contrôle humain », deux jours après que Trump a qualifié les craintes sur l'IA de « canular » (The Independent).
- 03
CNN et MS NOW se sont vu refuser l'accès à la couverture de l'arrivée de Xi au dîner d'État jeudi soir, malgré une décision judiciaire fédérale ayant temporairement annulé l'interdiction de Trump (The Independent).
ANALYSE
Londres, vendredi 25 septembre 2026. Pour la presse britannique, le sommet Trump-Xi restera moins un événement diplomatique qu'une mise en scène soigneusement chorégraphiée. Le président américain a personnellement accueilli son homologue chinois sur le tarmac de la base de Joint Base Andrews mercredi soir, déroulant un tapis rouge flanqué de militaires et salué par un survol de bombardiers B-1 — un geste que Trump lui-même avait qualifié de « si mal » lorsqu'Obama l'avait offert à Xi en 2012, rappelle le Guardian.
Le dîner d'État de jeudi, dans l'East Room, a réuni les patrons de la tech américaine autour des deux présidents. Trump a offert à Xi une statue d'aigle, « symbole national des États-Unis et incarnation de l'esprit libre et ascendant de l'Amérique ». Xi, de son côté, a averti contre le « piège de Thucydide », appelant les deux pays à « coexister en paix » plutôt qu'à la confrontation, dans un climat de tensions sur l'intelligence artificielle, le commerce et Taïwan.
Mais derrière le faste, la BBC souligne l'absence de résultats concrets : la trêve commerciale dite « accord de Busan » n'a été prolongée que jusqu'au 10 janvier, alors que Pékin espérait un an, laissant en suspens les droits de douane, l'accès chinois aux puces américaines et les terres rares. Sur l'intelligence artificielle, Xi a exigé qu'elle « reste sous contrôle humain », deux jours après que Trump l'a qualifiée de « canular ».
Le Guardian relève une autre dissonance : la Chine, classée 178e sur l'indice de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, contre 64e pour les États-Unis, alors que CNN et MS NOW se sont vu refuser l'accès à la couverture de l'arrivée de Xi jeudi soir — malgré une décision judiciaire fédérale ayant temporairement annulé l'interdiction de Trump visant ces chaînes. L'ancien diplomate Michael McFaul juge ce contraste « erroné et embarrassant ».
Même le protocole intérieur agite les commentateurs : la place réservée à Ivanka Trump au premier rang, devant les secrétaires d'État Rubio et Bessent, a suscité une polémique jusque dans le camp républicain. Pour Londres, le sommet illustre surtout un théâtre bien réglé où l'amitié affichée masque des désaccords de fond restés entiers.
SOURCES (4)
- The IndependentMOYEN
- Daily MailMOYEN
