ANGLE DOMINANT
Ottawa retient surtout le double standard commercial américain : Washington prolonge sa propre trêve avec Pékin tout en sermonnant le Canada pour un accord bien plus modeste sur les véhicules électriques chinois.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Washington a annoncé mercredi la prolongation de deux mois de la trêve commerciale avec Pékin, désormais fixée au 10 janvier, selon le secrétaire au Trésor Scott Bessent.
- 02
En janvier, le Canada a accepté 49 000 véhicules électriques chinois avec un tarif ramené de 100 % à 6,1 %, en échange d'une baisse des droits chinois sur le canola, les pois, le homard et le crabe canadiens.
- 03
Xi Jinping a pressé Trump, selon l'agence Xinhua, d'« adhérer à la position correcte d'opposition à l'indépendance de Taïwan », sans réponse publique connue à ce jour.
ANALYSE
Ottawa, 25 septembre 2026. Pour la presse canadienne, le sommet Trump-Xi à Washington tient moins de la diplomatie que de la mise en scène — et il éclaire surtout, par contraste, la politique commerciale d'Ottawa envers Pékin. Xi Jinping a été accueilli mercredi sur le tarmac de la base aérienne d'Andrews par Donald Trump, tapis rouge de 30 mètres, garde d'honneur et survol de bombardiers B-1 à l'appui. Le président américain a qualifié son homologue de « great leader », tandis que son administration prolongeait, le même jour, la trêve commerciale bilatérale de deux mois, jusqu'au 10 janvier, selon l'annonce du secrétaire au Trésor Scott Bessent. Jeudi, le sommet à la Maison-Blanche — moins de deux heures d'entretiens à huis clos, sans lecture officielle rendue publique — a été suivi d'un dîner d'État où figurait une liste d'invités « lourde en PDG de la tech », entre bar chilien en croûte de sésame et manifestants scandant « China out of Hong Kong » devant les grilles. Xi a plaidé pour une compétition « saine et bornée » plutôt qu'un affrontement à somme nulle, et pressé Trump, selon l'agence Xinhua, d'« adhérer à la position correcte d'opposition à l'indépendance de Taïwan » — demande restée sans réponse publique, alors que Washington a déjà retardé de plusieurs mois un contrat d'armement de 14 milliards de dollars US pour Taipei. Mais c'est le décalage avec le dossier canadien qui retient l'attention à Ottawa. CBC souligne que Washington, en pleine offensive de charme envers Pékin, continue de réprimander le premier ministre Mark Carney pour un accord bien plus modeste conclu en janvier : l'entrée de 49 000 véhicules électriques chinois moyennant un tarif ramené de 100 % à 6,1 %, contre une baisse des droits chinois sur le canola, les pois, le homard et le crabe canadiens. Le secrétaire au Commerce Howard Lutnick a lancé : « Carney a un problème avec nous, il monte dans un avion et va en Chine? », tandis que le secrétaire aux Transports Sean Duffy prédisait que Carney « regrettera » sa décision. Jia Wang, de l'Institut Chine de l'Université de l'Alberta, y voit la démonstration que Washington exige de ses partenaires ce qu'il s'autorise lui-même. La presse canadienne, tout en couvrant le faste du sommet — bombardiers, fanfare, thé prévu vendredi entre les deux couples présidentiels —, retient surtout ce double standard commercial, plus que les questions de l'IA, de Taïwan ou de l'Iran, laissées sans avancée annoncée.
SOURCES (3)
- Globe and MailMOYEN
- National PostMOYEN
