ANGLE DOMINANT
Kyiv scrute ce sommet à l'aune d'une seule question : Trump utilisera-t-il son nouveau levier de sanctions pour forcer Xi à lâcher Poutine, ou la relation Trump-Xi restera-t-elle affaire de commerce plutôt que de paix ?
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Zelensky a déclaré à New York le 22 septembre : « If [Trump] also brings Xi on board, it could make a difference. Xi has influence over Putin. »
- 02
Trump dispose d'une loi de sanctions permettant de taxer les principaux partenaires commerciaux de la Russie, mais a dit à Zelensky : « I hope I will not have to use it. »
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Selon le ministère chinois des Affaires étrangères, Trump et Xi ont évoqué la crise ukrainienne, le Moyen-Orient et la péninsule coréenne, et soutenu la tenue de rencontres à l'APEC et au G20.
ANALYSE
Kyiv, 25 septembre 2026. À Washington, la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping, achevée jeudi par des pourparlers à huis clos dans le Bureau ovale sans conférence de presse commune, est lue à Kyiv à travers un seul filtre : celui du levier que les États-Unis pourraient, ou non, actionner contre la Russie. Le président Volodymyr Zelensky avait donné le ton mardi 22 septembre à New York, en affirmant que « si [Trump] embarque aussi Xi, cela pourrait faire la différence. Xi a de l'influence sur Poutine ». Selon Ukrinform, il a plaidé auprès de Trump pour que Xi Jinping soit associé aux négociations visant à mettre fin à la guerre russe contre l'Ukraine.
Kyiv Post souligne que Trump dispose désormais d'un instrument inédit : une loi de sanctions permettant à Washington de taxer les principaux partenaires commerciaux de la Russie, dont la Chine. Mais le président américain a lui-même tempéré son usage mardi, devant Zelensky : « J'espère ne pas devoir l'utiliser ». Le même média relève que les raffineurs chinois ont récemment accru leurs achats de pétrole brut russe, et que le baril ESPO a grimpé, signe que Pékin ne referme pas le robinet.
Selon le ministère chinois des Affaires étrangères, cité par Ukrinform, Trump et Xi ont bien évoqué la « crise ukrainienne », aux côtés du Moyen-Orient et de la péninsule coréenne, sans que le communiqué n'en détaille le contenu. Les deux dirigeants ont par ailleurs soutenu la tenue de rencontres à l'APEC en Chine et au G20 aux États-Unis avant la fin de l'année. Xi a plaidé, avant les entretiens, pour éviter « le conflit et la confrontation », préférant une relation de « course » plutôt que d'« affrontement avec un vainqueur et un vaincu ».
Ukrainska Pravda relaie l'analyse de l'Associated Press comparant l'accueil réservé à Xi à celui offert plus tôt à Vladimir Poutine : même tapis rouge démesuré, même faste protocolaire, jusqu'au geste inhabituel de Trump venant accueillir Xi au pied de la passerelle de son avion à Joint Base Andrews. La trêve commerciale, prolongée jusqu'au 10 janvier selon l'annonce faite par le secrétaire au Trésor Scott Bessent au moment même de cet accueil, occupe le devant de la scène ; Taïwan, elle, reste sans réponse, Trump ayant refusé toute question des journalistes sur le sujet à sa sortie du Bureau ovale.
Pour Kyiv, l'enjeu réel du sommet n'est ni le protocole ni les pandas, mais la question restée sans réponse : Washington pressera-t-il vraiment Pékin d'abandonner Moscou, ou la relation Trump-Xi restera-t-elle, comme le note Kyiv Post, affaire d'intérêts commerciaux plutôt que de paix ?
SOURCES (3)
- Kyiv PostMOYEN
- Ukrainska Pravda ENMOYEN
