ANGLE DOMINANT
Kuala Lumpur mesure la trêve commerciale prolongée entre Washington et Pékin comme un sursis provisoire, pas une résolution, pour une économie malaisienne suspendue aux flux commerciaux entre ses deux premiers partenaires.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a annoncé mercredi une prolongation de deux mois de la trêve commerciale sino-américaine, qui devait expirer en novembre.
- 02
Trump a accueilli personnellement Xi Jinping sur le tarmac de la base conjointe Andrews mercredi, une première depuis plus de soixante ans pour un président américain recevant un dirigeant étranger.
- 03
Trump a affirmé que Chine et États-Unis s'accordent à ne pas imposer de nouveaux contrôles sur l'IA, qu'il appelle désormais « Super Intelligence ».
ANALYSE
Kuala Lumpur, 25 septembre 2026. Pour l'économie malaisienne, dépendante des flux commerciaux entre Washington et Pékin, la rencontre de jeudi à la Maison-Blanche entre Donald Trump et Xi Jinping se lit d'abord à travers une ligne concrète : la prolongation de deux mois de la trêve commerciale sino-américaine, annoncée mercredi par le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent, alors qu'elle devait expirer en novembre. Aucune levée des droits de douane instaurés l'an dernier par Washington n'a été annoncée, et les deux camps disent vouloir éviter de replonger dans la guerre commerciale que ces mêmes tarifs avaient déclenchée.
Le protocole, lui, a été soigné jusqu'au moindre détail. Xi Jinping est arrivé mercredi à Washington pour sa première visite aux États-Unis depuis près de trois ans ; Trump l'a accueilli en personne sur le tarmac de la base conjointe Andrews, une première depuis plus de soixante ans pour un président américain recevant un dirigeant étranger. Jeudi, la journée a enchaîné accueil sur la pelouse Sud de la Maison-Blanche, survol militaire, entretiens au Bureau ovale et dîner d'État. Xi a appelé à ce que Chine et États-Unis soient « des partenaires plutôt que des rivaux », selon les médias d'État chinois cités par la presse malaisienne, et a plaidé pour une concurrence maintenue « dans des limites » raisonnables.
Sur la technologie, terrain sensible pour les industries électroniques et de semi-conducteurs malaisiennes, Trump a affirmé sur les réseaux sociaux qu'aucun nouveau contrôle n'était nécessaire sur ce qu'il appelle désormais la « Super Intelligence » : « c'est aussi la position de la Chine », a-t-il écrit. Il a par ailleurs jugé Xi, 73 ans, « fort, vif et en forme », après des rumeurs sur la santé du dirigeant chinois. Aucun de ces sujets n'a toutefois donné lieu à un accord chiffré ou daté, au-delà de la seule prolongation de la trêve.
Derrière l'amitié affichée, les tensions restent entières : la presse malaisienne relève que le sommet laisse en suspens la guerre commerciale, le soutien diplomatique et économique de Pékin à l'Iran, ainsi que Taïwan et les technologies — des sujets qui pèsent directement sur les chaînes d'approvisionnement dont dépend la Malaisie, prise entre ses deux premiers partenaires commerciaux. De prochaines rencontres entre Trump et Xi sont déjà évoquées lors des sommets de l'APEC et du G20, signe que Kuala Lumpur devra continuer à composer, sommet après sommet, avec une relation sino-américaine qui reste à négocier plutôt qu'à stabiliser.
