ANGLE DOMINANT
Pretoria mesure le silence de la Confédération africaine de football (CAF), qui n'a pas cosigné la lettre ouverte des trois confédérations contre Gianni Infantino, laissant l'Afrique du côté du président de la FIFA.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trois confédérations sur six — UEFA, CONCACAF et AFC — accusent Infantino d'avoir rompu la confiance « par la tromperie », selon la lettre citée par Business Day et SABC News.
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Ni la CAF ni la CONMEBOL, les deux confédérations les plus proches d'Infantino, n'ont cosigné la lettre ouverte.
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SABC News rapporte que les trois confédérations ont menacé de boycotter les tournois de la FIFA tant qu'aucune garantie ne sera donnée contre un nouveau projet de vente des droits commerciaux.
ANALYSE
Pretoria, 11 août 2026. La lettre ouverte publiée lundi par l'UEFA, la CONCACAF et l'AFC, qui accusent Gianni Infantino d'avoir rompu la confiance de la famille du football « par la tromperie », fait la une de Business Day et de SABC News — mais la presse sud-africaine relève aussitôt ce que le texte ne dit pas : ni la Confédération africaine de football (CAF), qui chapeaute le football sud-africain, ni la CONMEBOL sud-américaine, les deux plus fidèles soutiens du président de la FIFA, n'ont apposé leur signature. Pour l'Afrique du Sud, qui a organisé la première Coupe du monde du continent en 2010, la gouvernance de la FIFA n'est jamais un sujet lointain.
Selon SABC News, la lettre — cosignée par les présidents Aleksander Čeferin (UEFA), Victor Montagliani (CONCACAF) et Salman Bin Ibrahim Al-Khalifa (AFC), ainsi que par trois secrétaires généraux — dénonce le projet, depuis abandonné, de vendre 20 % des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés, une opération qui visait à lever environ 4,2 milliards de dollars. « Le leadership dans le football n'est pas une possession », écrivent les trois confédérations, qui réclament une revue indépendante et évoquent la possibilité d'organiser des compétitions entre elles, hors giron de la FIFA, si la crise perdure. SABC News ajoute que les trois instances ont menacé de boycotter les tournois de la FIFA tant qu'aucune garantie ne sera donnée contre un nouveau projet du même type.
Business Day cite l'accusation centrale portée contre le dirigeant italo-suisse : il se serait « placé au-dessus du collectif qui lui a confié l'autorité ». Le titre rappelle qu'Infantino, en poste depuis 2016 et candidat à un troisième mandat pour 2027-2031, traverse une révolte ouverte depuis deux semaines.
Trois confédérations contre, deux silencieuses ou favorables, dont la CAF : la presse sud-africaine y lit une fracture qui coupe le football mondial en deux blocs, l'Afrique restant alignée sur le statu quo défendu par Infantino — et, en coulisses, par Donald Trump, qui a publiquement averti la FIFA contre toute idée de le remplacer, le qualifiant de « fantastique » après avoir présidé « la Coupe du monde la plus réussie de l'histoire ». Reste la question qui agite Pretoria : la CAF, longtemps bénéficiaire des largesses financières de la FIFA sous Infantino, tiendra-t-elle sa ligne jusqu'à l'élection de mars 2027 ?
