ANGLE DOMINANT
Doha relève que la fronde contre Infantino dépasse l'Europe : l'AFC, présidée par le Bahreïni Salman Bin Ibrahim Al-Khalifa, a aussi signé la lettre.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
L'AFC, présidée par le Bahreïni Salman Bin Ibrahim Al-Khalifa, cosigne la lettre ouverte aux côtés de l'UEFA et de la CONCACAF
- 02
La lettre dénonce une rupture de confiance « par la tromperie » et réclame une revue indépendante du projet de vente des droits commerciaux de la Coupe du monde
- 03
La CAF et la CONMEBOL n'ont pas signé le texte, soit trois confédérations contre et deux pour, sur six au total
ANALYSE
Doha, 11 août 2026. À Doha, la nouvelle se lit au prisme de l'appartenance : le Qatar siège au sein de l'AFC, la confédération asiatique qui a apposé sa signature au bas de la lettre ouverte adressée lundi « à la famille du football » aux côtés de l'UEFA et de la CONCACAF. Contrairement à une lecture strictement européenne du psychodrame Infantino, c'est le président de la confédération asiatique, le Bahreïni Salman Bin Ibrahim Al-Khalifa, qui a coapposé sa signature à celles d'Aleksander Čeferin (UEFA) et Victor Montagliani (CONCACAF), ainsi que trois secrétaires généraux. Cette convergence rappelle que la contestation du président de la FIFA traverse aussi le Golfe et l'Asie, et pas seulement les fédérations occidentales.
Le texte, cité par Gulf Times et Al Jazeera, affirme que « le football n'appartient à aucun individu » et que « le leadership dans le football n'est pas une possession ». Les trois confédérations dénoncent une rupture de confiance « par la tromperie », quand « un individu se place au-dessus du collectif qui lui a confié l'autorité » — une formulation rapportée par la presse qatarie sans être présentée comme un fait établi. Elles réclament une revue indépendante du projet de vente d'une participation dans les droits commerciaux de la Coupe du monde, plan lancé puis retiré en quelques jours par Infantino.
Face à cette fronde, la FIFA avait riposté samedi en dénonçant, selon Gulf Times, un « effort concerté et continu » visant à saper l'institution et son président, rappelant que toute contestation doit suivre ses statuts et procédures démocratiques. Donald Trump est monté au créneau lundi soir pour qualifier tout remplacement d'Infantino de « terrible erreur », le décrivant comme « fantastique » après avoir présidé, selon lui, la Coupe du monde « la plus réussie de l'histoire ».
Reste que la lettre n'a été signée ni par la CAF ni par la CONMEBOL, les deux confédérations les plus proches d'Infantino : trois contre deux sur six. Pour Doha, la ligne de fracture n'oppose donc pas un bloc européen à un président italo-suisse, mais traverse chaque continent — y compris l'Asie, dont le Qatar est membre à part entière.
