ANGLE DOMINANT
Berne mesure les répercussions d'une crise de gouvernance touchant une institution installée sur son sol, celle d'un dirigeant italo-suisse désormais contesté par la moitié des confédérations continentales.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Trois confédérations sur six (UEFA, Concacaf, AFC) publient une lettre ouverte commune, restée non signée par la CAF et la CONMEBOL
- 02
La lettre dénonce une confiance « brisée par la tromperie » et juge insuffisante la lettre d'excuses envoyée mercredi par la FIFA à ses 211 fédérations
- 03
Donald Trump avertit que la FIFA « commettrait une terrible erreur » si elle remplaçait Infantino, qu'il qualifie de « grandiose »
ANALYSE
Berne, 11 août 2026. La crise qui secoue la FIFA résonne particulièrement en Suisse, pays où l'instance mondiale a son siège à Zurich et dont le président, Gianni Infantino, est un juriste italo-suisse. Lundi, trois des six confédérations continentales — l'UEFA, la Concacaf et l'AFC — ont publié une lettre ouverte commune qui, sans le nommer explicitement, réclame entre les lignes le départ du dirigeant, relève Le Temps. « Le football n'appartient à aucun individu », écrivent les trois instances, ajoutant que « lorsque la confiance est brisée par la tromperie, lorsqu'un individu se place au-dessus du collectif qui lui a confié l'autorité, ce devoir est abandonné. »
Selon Le Temps, cette sortie balaie les tentatives de rédemption d'Infantino, qui semblait il y a quelques semaines encore se diriger vers une réélection tranquille le 18 mars 2027 à Rabat. Les trois confédérations ne se disent pas convaincues par la lettre envoyée mercredi dernier par la FIFA à ses 211 fédérations membres, qui reconnaissait des « erreurs » dans l'élaboration du projet de cession d'une participation dans les droits commerciaux de la Coupe du monde, abandonné sous la pression. Cette lettre, écrivent-elles, « ne reconnaît pas que la proposition elle-même était fondamentalement erronée ».
SRF News relève que la CAF et la CONMEBOL n'ont pas signé le texte — une fracture nette au sein de l'organisation faîtière. La chaîne alémanique rapporte aussi le soutien apporté lundi soir par Donald Trump, qui a averti que la FIFA « commettrait une terrible erreur » si elle envisageait de remplacer Infantino, qualifié de « grandiose » et crédité d'avoir dirigé « la Coupe du monde la plus réussie de l'histoire ». Infantino lui avait remis en décembre 2025 un « prix de la paix » créé spécialement pour l'occasion.
Pour l'institution basée à Zurich, l'épisode expose la fédération à une crise de gouvernance dont l'issue dépasse largement les frontières helvétiques, entre soutien politique outre-Atlantique et fronde de la moitié des confédérations continentales.
