ANGLE DOMINANT
Pretoria pèse la portée judiciaire du verdict de Damas, entre première condamnation de la transition syrienne et sentence sans prise sur un accusé protégé par Moscou.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le juge Fakhr al-Din al-Aryan condamne à mort Bachar al-Assad et son frère Maher pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité : « Il est donc condamné à mort »
- 02
Atef Najib, cousin d'Assad, est le seul accusé jugé en personne, présenté en cage, et condamné à mort pour la répression de Deraa en 2011
- 03
Assad et Maher ont fui vers Moscou en décembre 2024 et y ont reçu l'asile politique ; les nouvelles autorités syriennes ont demandé leur extradition à la Russie
ANALYSE
Pretoria, 12 août 2026. La presse sud-africaine relaie sans détour le verdict tombé mardi à Damas : la Quatrième chambre criminelle a condamné à mort par contumace l'ancien président syrien Bachar al-Assad, ainsi que son frère Maher, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis pendant près de quatorze ans de guerre civile qui a fait environ un demi-million de morts. TimesLIVE, Business Day, Daily Maverick et The Citizen reprennent la citation du juge Fakhr al-Din al-Aryan, lue en direct à la télévision d'État : Assad a mobilisé « les agences de l'État pour commettre des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité », et « il est donc condamné à mort ». Les chefs retenus incluent le meurtre prémédité, le meurtre intentionnel d'enfants de moins de 15 ans et la torture ayant entraîné la mort.
Les titres sud-africains soulignent qu'il s'agit de la première condamnation visant Assad ou son cercle depuis la chute, il y a vingt mois, d'un pouvoir familial qui aura duré cinq décennies. Ils détaillent le sort d'Atef Najib, cousin d'Assad et ancien général de brigade, seul accusé jugé en personne : présenté en cage dans l'uniforme des prisonniers, sans marque de remords selon The Citizen, il a lui aussi été condamné à mort pour avoir supervisé la répression à Deraa en 2011, foyer du soulèvement. Six autres responsables militaires et sécuritaires, dont Maher al-Assad, chef de la 4e division, ont été jugés par contumace.
La presse rappelle qu'Assad et son frère ont fui vers Moscou en décembre 2024 alors que les forces rebelles approchaient de Damas, où ils ont reçu l'asile politique — les nouvelles autorités syriennes ayant demandé à la Russie de les leur remettre. Un portrait publié par TimesLIVE évoque les conclusions de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques et de l'ONU sur l'usage du sarin et du chlore contre des zones rebelles, et rappelle que Donald Trump avait qualifié Assad d'« animal » après une attaque au gaz en 2018.
Business Day cite l'avocat des parties civiles Adnan al-Masalmeh, pour qui le verdict « marque une victoire du droit sur l'injustice ». Le pool sud-africain ne tranche pas sur l'efficacité pratique d'une sentence visant un homme protégé par Moscou ; il restitue le procès comme premier jalon judiciaire de la transition syrienne.
SOURCES (4)
- The CitizenMOYEN
- Business DayMOYEN
