ANGLE DOMINANT
Buenos Aires retrouve dans le verdict de Damas l'écho de ses propres procès pour crimes de lesa humanidad, mais souligne qu'une condamnation par contumace reste sans exécution possible.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le Quatrième tribunal pénal de Damas a condamné Bachar al-Assad, son frère Maher al-Assad et sept autres anciens responsables à la peine de mort par contumace, selon Ambito et MercoPress.
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Le juge Fakhareddine al-Aryan a déclaré lors d'une audience retransmise en direct : « Bashar Assad utilizó organismos estatales para cometer crímenes de guerra y crímenes de lesa humanidad » (Ambito).
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Atef Najib, cousin d'Assad et ancien chef de la sécurité politique à Deraa entre 2008 et avril 2011, seul accusé présent au procès, est identifié par MercoPress comme responsable de la répression qui a déclenché le soulèvement de mars 2011.
ANALYSE
Buenos Aires, 12 août 2026. La presse argentine restitue le verdict rendu mardi à Damas comme l'acte judiciaire le plus lourd prononcé contre la famille Assad depuis la chute du régime, en décembre 2024. Selon Ambito, « el dictador sirio Bashar al-Assad fue condenado a muerte en ausencia » par le Quatrième tribunal pénal de Damas, qui l'a jugé responsable de crimes de lesa humanidad et de crimes de guerre commis durant les quatorze années de conflit syrien — un conflit qui, rappelle le quotidien, a fait près d'un demi-million de morts. Le juge Fakhareddine al-Aryan, cité par Ambito lors d'une audience retransmise en direct à la télévision d'État, a déclaré que « Bashar Assad utilizó organismos estatales para cometer crímenes de guerra y crímenes de lesa humanidad ».
Le tribunal a également condamné à mort le frère cadet d'Assad ainsi que son cousin, Atef Najib, seul accusé physiquement présent dans le box. MercoPress précise que Najib, ancien général de brigade à la tête de la sécurité politique à Deraa entre 2008 et avril 2011, est accusé d'avoir ordonné la détention et la torture d'un groupe de mineurs qui avaient peint des slogans antigouvernementaux — un épisode cité par le juge comme le déclencheur des premières manifestations du soulèvement de mars 2011, lorsque les forces de sécurité ont pris d'assaut la mosquée Omari, principal lieu de rassemblement des manifestants.
Ambito souligne que ces condamnations constituent « las primeras sentencias contra Assad o miembros de su círculo más cercano » depuis la fin d'une dynastie qui a dirigé la Syrie pendant plus de cinquante ans. L'ex-président, absent de l'audience car réfugié dans la région de Moscou depuis décembre 2024, échappe pour l'instant à toute exécution de la peine : ni MercoPress ni Ambito ne mentionnent de possibilité d'extradition depuis la Russie. Pour la presse argentine, le verdict marque donc « un punto de inflexión », selon les termes d'Ambito, plus qu'une clôture : la justice transitionnelle syrienne inscrit un premier jugement dans ses registres, sans disposer, à ce stade, des moyens concrets de le faire exécuter contre un homme hors d'atteinte. En Argentine, où les procès pour crimes de lesa humanidad ont marqué la mémoire judiciaire depuis les années 1980, ce verdict par contumace est lu comme un cas d'école de justice transitionnelle : une condamnation qui affirme un principe sans garantir son exécution.
