ANGLE DOMINANT
Doha amplifie la voix des Syriens qui célèbrent le verdict, des takbirs de Deraa aux images de liesse à Idlib, bastion historique de la révolution.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La Quatrième chambre criminelle de Damas condamne Bachar al-Assad, son frère Maher et sept autres responsables à la peine de mort pour crimes contre l'humanité
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Atef Najib, cousin d'Assad et ex-chef de la sécurité politique à Deraa, 66 ans, arrêté en janvier 2025, est le seul jugé en personne et condamné à mort
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Le président de la Commission nationale pour la justice transitionnelle, Abdul Basit Abdul Latif, qualifie le verdict de « moment charnière » (Gulf Times)
ANALYSE
Doha, 12 août 2026. La chaîne qatarie Al Jazeera consacre l'essentiel de sa couverture non pas au dispositif juridique du verdict rendu mardi par la Quatrième chambre criminelle de Damas, mais à ce qu'il produit dans la rue syrienne. Ses équipes filment les scènes devant le Palais de justice de Damas : hymnes de joie, youyous, drapeaux syriens brandis, distribution de bonbons. « Justice enfin », résume un témoin cité par la chaîne, qui décrit la sentence comme « le premier pas vers la justice transitionnelle en Syrie ». À Idlib, présentée par Al Jazeera comme le point de départ de l'offensive qui a mis fin à cinquante-trois ans de pouvoir de la famille Assad, les habitants sont filmés en train de célébrer à leur tour. À Deraa, berceau du soulèvement de 2011, les mosquées résonnent de takbirs.
L'édition arabe d'Al Jazeera détaille les chefs d'accusation retenus par le juge Fakhr al-Din al-Aryan : meurtre avec préméditation visant plusieurs personnes, y compris des enfants, torture ayant entraîné la mort, détention arbitraire, qualifiés de crimes contre l'humanité. Outre Bachar al-Assad, condamné par contumace, son frère Maher al-Assad, commandant de la Quatrième division, ainsi que sept autres responsables sécuritaires et militaires écopent de la peine capitale.
Al Jazeera consacre un article séparé à Atef Najib, cousin d'Assad et ex-chef de la sécurité politique à Deraa, seul accusé jugé en personne : arrêté en janvier 2025, âgé de 66 ans, il est présenté comme l'homme ayant supervisé la répression des manifestations de 2011 dans la province. Le tribunal a jugé que les actes commis à Deraa cette année-là constituaient des crimes contre l'humanité. La chaîne rappelle que Bachar al-Assad, contrairement à Najib, vit en exil à Moscou sous étroite surveillance russe depuis la chute de son régime en décembre 2024, hors de portée de toute autorité de transition. Gulf Times, de son côté, cite le président de la Commission nationale pour la justice transitionnelle, Abdul Basit Abdul Latif, saluant « un moment charnière » sur le chemin de la justice pour les victimes et du renforcement de l'État de droit.
SOURCES (3)
- Al Jazeera ArabicMOYEN
