ANGLE DOMINANT
Islamabad retient d'abord la portée judiciaire du verdict de Damas : premières condamnations contre l'ancien pouvoir syrien, mais une sentence par contumace que Moscou peut vider de tout effet.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le juge Fakhareddine al-Aryan a déclaré en direct à la télévision d'État : « Bashar Assad a utilisé les agences de l'État pour commettre des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité » (Geo News)
- 02
Atef Najib, cousin d'Assad jugé en personne pour son rôle dans la répression de Deraa en 2011, a lui aussi été condamné à mort (Dawn, Geo News)
- 03
Bachar et Maher al-Assad ont fui vers Moscou en décembre 2024 et y ont obtenu l'asile politique, hors d'atteinte de la justice syrienne (Geo News)
ANALYSE
Islamabad, 12 août 2026. Les journaux pakistanais consacrent une large place à la condamnation à mort de Bachar al-Assad, prononcée mardi par la Quatrième chambre criminelle de Damas pour "crimes de guerre" et "crimes contre l'humanité". Dawn rappelle qu'il s'agit de la première condamnation visée contre l'ancien président ou ses proches depuis la fin, en décembre 2024, d'un règne familial de cinq décennies, sous les autorités de transition qui jugent depuis cette année d'anciens responsables du régime, par contumace ou en personne. Geo News cite le juge Fakhareddine al-Aryan, dont le verdict a été diffusé en direct à la télévision d'État : "Bashar Assad a utilisé les agences de l'État pour commettre des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité." Maher al-Assad, frère cadet du président déchu, est condamné dans les mêmes conditions.
Les trois titres pakistanais consultés relèvent le sort particulier d'Atef Najib, cousin d'Assad et ancien chef de la sécurité politique à Deraa, jugé en personne, contrairement aux autres accusés, et lui aussi condamné à mort pour son rôle dans la répression de 2011 à l'origine du soulèvement. Geo News rapporte les propos de l'avocat Adnan al-Masalmeh, représentant des familles de victimes : "Aujourd'hui est le jour de la justice pour tous les blessés, martyrs, détenus et Syriens contraints de quitter leur pays."
Daily Times et Dawn insistent toutefois sur la portée limitée de la sentence : Bachar et Maher al-Assad ont fui vers Moscou en décembre 2024 et y ont obtenu l'asile politique, selon Geo News, qui note que les nouvelles autorités syriennes ont appelé la Russie à les extrader. Aucun média du corpus pakistanais ne mentionne de réponse russe à cette demande. Dawn retrace le parcours d'Assad, né en 1965, devenu président en 2000 à la mort de son père Hafez, et dont le règne a été marqué par la guerre civile issue du Printemps arabe de 2011. Daily Times chiffre à "des centaines de milliers" de morts et "des millions" de déplacés le bilan du conflit syrien de près de quatorze ans. La couverture pakistanaise présente ainsi le procès comme une étape judiciaire majeure pour la transition syrienne, tout en restant prudente sur ses effets concrets tant que les condamnés demeurent hors d'atteinte en Russie.
