ANGLE DOMINANT
Brasília décrypte le verdict de Damas à travers une question simple : pourquoi, et pour quels crimes précis, Bachar al-Assad a-t-il été condamné à mort ?
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
G1 Globo Mundo : le tribunal syrien a condamné Assad à mort par contumace mardi 11 août pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité ; l'ex-dirigeant a fui vers la Russie en décembre 2024.
- 02
G1 Globo Mundo : l'exécution de la peine « está longe de ser uma possibilidade imediata », la Syrie devant d'abord obtenir l'extradition d'Assad par Moscou.
- 03
La Folha de S.Paulo chiffre le conflit à environ 500 000 morts et 5 millions de réfugiés dans les pays voisins depuis 2011, la famille Assad ayant dirigé le pays 54 ans.
ANALYSE
Brasília, 12 août 2026. La presse brésilienne consacre l'essentiel de sa couverture à une question pédagogique : pourquoi, et pour quels crimes précis, Bachar al-Assad a-t-il été condamné à mort ? G1 Globo Mundo, dans un article intitulé « Pourquoi l'ex-dictateur syrien Bashar al-Assad a été condamné à mort », détaille le verdict rendu mardi 11 août par un tribunal syrien : l'ex-dirigeant déchu est jugé coupable de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis durant la guerre civile. Absent du procès — il a fui la Syrie en décembre 2024 avec sa famille et a reçu l'asile en Russie —, Assad écope de la première condamnation prononcée contre lui depuis sa chute. G1 souligne que l'exécution de la peine « est loin d'être une possibilité immédiate » : la Syrie devrait d'abord obtenir son extradition par Moscou.
Le média rappelle aussi le sort de son cousin, Atef Najib, ex-chef de la sécurité politique dans la province de Deraa, présent au tribunal, jugé dans une cage vêtu d'un uniforme de prisonnier, et condamné à mort lui aussi. Deraa est présentée comme le « berceau de la révolte » : en mars 2011, l'arrestation et la présomption de torture d'un groupe d'adolescents accusés d'avoir tagué des slogans anti-gouvernementaux avait déclenché les premières manifestations, réprimées avec violence, jusqu'à basculer en guerre civile.
Une seconde dépêche de G1 précise que le frère cadet de Bachar, Maher al-Assad, est également condamné à mort, et chiffre le bilan du conflit à environ 500 000 morts en quatorze ans. Elle rappelle qu'Assad a dirigé le pays pendant vingt-quatre ans, la moitié en guerre civile, son gouvernement étant accusé d'assassinats, de détentions arbitraires et de tortures.
La Folha de S.Paulo insiste sur le caractère inédit de la procédure : la première décision rendue par les autorités de transition, qui jugent depuis cette année d'anciens responsables, en personne ou par contumace. Le journal détaille les chefs retenus contre Najib — assassinat, homicide volontaire d'enfants de moins de 15 ans, torture ayant entraîné la mort — et rappelle que la famille Assad, de la minorité alaouite, a dirigé le pays pendant cinquante-quatre ans, avec Bachar puis son père Hafez. Cinq millions de Syriens ont fui vers les pays voisins depuis 2011, note la Folha, pour qui le pays reste fragmenté et cherche encore la stabilité.
