ANGLE DOMINANT
Paris scrute le procès de Damas comme le premier test de la justice transitionnelle syrienne, où la comparution du seul accusé présent, Atef Najib, contraste avec l'absence de Bachar al-Assad, protégé par Moscou.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Atef Najib, cousin d'Assad et seul accusé jugé en personne, condamné à mort pour crimes contre l'humanité (Le Monde)
- 02
Le juge Fakhr al-Din al-Aryan a retenu assassinat avec préméditation, meurtre d'enfants de moins de 15 ans et torture ayant entraîné la mort (BFMTV, Le Monde)
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La Russie refuse de remettre Bachar al-Assad, réfugié à Moscou depuis le 8 décembre 2024 (RFI, Le Monde)
ANALYSE
Paris, 12 août 2026. Le Monde consacre son reportage à la scène du tribunal de Damas plutôt qu'au seul énoncé du verdict : Atef Najib, « le visage pâle et le crâne rasé, en tenue de prisonnier », se tient seul, mutique, dans la cage de métal de la 4e chambre criminelle à l'annonce de sa condamnation à mort pour « crimes contre l'humanité ». Cousin de Bachar al-Assad et ancien chef de la sécurité politique à Deraa, il est le seul des accusés à comparaître en personne : les autres, dont Bachar et son frère Maher al-Assad, ont été jugés par contumace. La presse française retient ce contraste comme clé de lecture du procès : la justice transitionnelle syrienne peut-elle vraiment s'exercer si ses principaux accusés restent hors de portée ?
Le Monde rappelle que Najib a supervisé l'arrestation de quinze adolescents dont la torture en détention « fut l'étincelle de la révolution syrienne » en mars 2011, avant que la répression des manifestations pacifiques à Deraa ne précipite le pays dans la guerre civile. Le tribunal, selon le juge Fakhr al-Din al-Aryan cité par BFMTV et Le Monde, a retenu les chefs d'« assassinat avec préméditation, meurtre intentionnel de plusieurs personnes, meurtre intentionnel d'enfants de moins de 15 ans (...), torture ayant entraîné la mort et privation de liberté », qualifiés de crimes de guerre et crimes contre l'humanité. « Il est donc condamné à mort », a déclaré le juge.
RFI et Le Monde soulignent que la Russie refuse de remettre Bachar al-Assad, réfugié à Moscou depuis la chute de son régime le 8 décembre 2024 et à qui elle a accordé l'asile politique — rendant la sentence, en l'état, sans portée pratique sur l'ancien président. HuffPost France et BFMTV rappellent que les autorités de transition, qui ont renversé Assad au terme de treize ans de guerre civile, s'étaient engagées à ce que justice soit faite ; des poursuites avaient été engagées dès avril, sous la pression d'ONG et de gouvernements étrangers insistant sur l'importance de la justice de transition pour l'avenir du pays. Pour la presse française, ce premier verdict contre des membres de l'ancien pouvoir marque moins un aboutissement qu'un test : celui de la capacité des nouvelles autorités syriennes à juger au-delà des symboles, quand l'essentiel des condamnés demeure hors d'atteinte.
SOURCES (4)
- HuffPost FranceMOYEN
- BFMTVMOYEN
