ANGLE DOMINANT
Buenos Aires jauge la journée du 24 octobre à l'aune de l'échéance de 2027 : la presse argentine y lit d'abord une tension politique pour Emmanuel Macron, à six mois de la présidentielle, et un mouvement qui déborde vers l'Italie.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Perfil : plus de 1 000 interpellations selon des sources officielles et 70 000 policiers et agents déployés, une semaine après des troubles ayant fait plus de 2 700 détenus.
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La Nación : à Milan, au moins dix mille manifestants, 500 soldats envoyés par le gouvernement Meloni en plus de 5 000 policiers, et une affiche de la Ligue incendiée.
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Nuñez avait averti avant les marches : « Nous ne tolérerons aucun acte de violence ni aucune atteinte à l'ordre public » (Perfil).
ANALYSE
Buenos Aires, 25 octobre 2026. Les quotidiens argentins La Nación et Perfil traitent la journée de samedi 24 octobre comme un épisode de tension politique autant que d'ordre public. Perfil titre sur des protestations « contre Macron » qui « ajoutent de la tension politique » à six mois de l'élection, et rappelle que la France revenait dans la rue une semaine après des troubles et des pillages ayant entraîné plus de 2 700 arrestations.
Selon Perfil, les marches contre le renchérissement du coût de la vie se sont étendues à plusieurs villes. Le journal avance environ 400 000 manifestants dans le pays et, citant des sources officielles, au moins 1 000 personnes interpellées. Le gouvernement a déployé 70 000 policiers et agents. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait prévenu : « Nous ne tolérerons aucun acte de violence ni aucune atteinte à l'ordre public ». La police a employé des gaz lacrymogènes à Paris, Marseille, Lyon, Lille, Bordeaux, Toulouse, Montpellier et Nantes, ainsi que des matraques et des camions à eau dans la capitale.
Perfil souligne que les cortèges se sont déroulés en grande partie dans le calme pendant l'essentiel de la journée ; les affrontements se sont intensifiés quand les manifestants ont commencé à se disperser et que de petits groupes se sont formés. Le quotidien insiste sur la réponse officielle : restrictions de parcours et mesures pour empêcher l'accès aux zones commerciales, dans un climat de limitation du droit de manifester.
La Nación, sous la plume de son envoyé à Milan, élargit la focale : « Les protestations de ce samedi, avec la France pour épicentre, ont eu des répliques » en Italie, en Espagne, en Albanie et au Portugal. À Milan, l'Italie a déployé des soldats ; le gouvernement de Giorgia Meloni a envoyé 500 militaires en renfort de centaines déjà sur place et de 5 000 policiers, avec drones, contrôles dans les gares et surveillance en ligne. Au moins dix mille personnes ont convergé place Leonardo da Vinci, devant l'École polytechnique, en criant des slogans contre Meloni ; une affiche de la Ligue, qui tenait son congrès fédéral dans la ville, a été arrachée et incendiée. Des boutiques de luxe comme Omega, Tiffany et Gucci ont masqué leurs vitrines avec des planches.
Le regard argentin s'attache ainsi à deux fils : la fragilité d'un pouvoir exécutif confronté à la rue à l'approche de la présidentielle de 2027, et la contagion européenne d'un mécontentement social alimenté par le coût de la vie, que les gouvernements affrontent d'abord par des moyens policiers.
