ANGLE DOMINANT
Canberra retient surtout l'ordre public : la presse australienne chiffre arrestations, gaz lacrymogènes et déploiement de 70 000 agents, et mesure l'écart avec les émeutes de la semaine précédente.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le ministère de l'Intérieur chiffre la participation à 410 000 personnes (110 000 à Paris), la CGT à près de 800 000 (250 000 à Paris), selon l'ABC.
- 02
Quelque 70 000 membres des forces de l'ordre ont été déployés ; deux personnes ont été grièvement blessées, à Toulouse et à Clermont-Ferrand, selon SBS.
- 03
Laurent Nuñez juge le bilan plus « positif » que celui de la semaine précédente, qui avait compté 2 700 interpellations, selon SBS.
ANALYSE
Sydney, 25 octobre 2026. Pour les médias australiens, la journée de samedi en France se lit d'abord comme un test de maintien de l'ordre, une semaine après des manifestations devenues émeutes. L'ABC et le Sydney Morning Herald titrent sur « près de 1 000 arrestations » à l'échelle du pays, un chiffre antérieur au décompte de 1 314 communiqué ensuite par le ministère de l'Intérieur.
L'ABC décrit un cortège parisien parti dans le calme, puis des heurts près du point d'arrivée, à l'est de la capitale : des manifestants masqués ont lancé des objets et des feux d'artifice, auxquels la police a répondu par des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des lances à eau. À Marseille, des jeunes ont incendié des poubelles pour bloquer les rues et jeté pierres et bouteilles sur les forces de l'ordre.
Les chiffres de participation sont donnés avec leurs deux sources. Selon l'ABC, le ministère de l'Intérieur compte 410 000 manifestants, dont 110 000 à Paris, contre 550 000 la semaine précédente. La CGT en annonce près de 800 000, dont 250 000 à Paris. Le Sydney Morning Herald et The Age, qui reprennent une dépêche de Londres, citent 440 000 participants selon le gouvernement et soulignent que le tracé parisien, convenu avec les autorités, évitait les quartiers pillés auparavant.
SBS rapporte les propos du ministre Laurent Nuñez, qui dénonce « un niveau de violence extrêmement élevé » imputé à des extrémistes d'« ultra-gauche » vêtus de noir. Il juge pourtant le bilan plus « positif » que celui de la semaine précédente, grâce à davantage de policiers, à des interventions plus rapides et à des contrôles en amont. SBS rappelle les 2 700 interpellations et les centaines de commerces pillés du week-end précédent, et fait état d'une colère persistante contre la répression des manifestations.
L'ABC replace le mouvement dans la durée : plus d'un mois de troubles, nés de mobilisations lycéennes pour plus de moyens et d'enseignants, qui éprouvent les derniers mois de Macron au pouvoir. SBS note que le pays vote dans six mois pour lui choisir un successeur.
L'Italie occupe une place secondaire mais visible : The Age et le Herald évoquent des policiers qui frappent de leurs matraques à Turin pour tenir les cortèges à distance des magasins, et des manifestants qui tentent d'entrer dans le Colisée à Rome avant d'être escortés dehors.
