ANGLE DOMINANT
Islamabad mesure la journée du 24 octobre à l'aune du dispositif de sécurité : 70 000 policiers et gendarmes, musées fermés, et des heurts nocturnes malgré l'anticipation vantée par le ministre.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le ministère de l'Intérieur compte 410 000 manifestants le 24 octobre, les syndicats environ le double, dont au moins 110 000 à Paris.
- 02
70 000 policiers et gendarmes ont été déployés, 10 000 de plus que le 17 octobre, après un aveu de sous-estimation des troubles.
- 03
Louvre, Orsay, Orangerie, Jeu de Paume, musée Picasso et jardin des Tuileries ont été fermés par précaution.
ANALYSE
Islamabad, 25 octobre 2026. La presse anglophone pakistanaise, qui reprend des dépêches d'agence, rend compte de la journée de samedi 24 octobre en France sous l'angle du dispositif de sécurité et de ses effets. Daily Times décrit des centaines de milliers de manifestants et des cortèges « largement pacifiques » qui ont cédé la place à des heurts à Paris et à Marseille à la tombée de la nuit, malgré une opération de sécurité massive destinée à éviter la répétition des troubles du 17 octobre.
Le ministère de l'Intérieur a compté 410 000 participants dans le pays, les syndicats affirmant que le chiffre réel est deux fois plus élevé. Le rassemblement principal s'est tenu en périphérie sud-est de Paris, avec au moins 110 000 personnes venues dénoncer la hausse du coût de la vie et les inégalités croissantes. Après la fin du rassemblement, les forces antiémeute ont employé gaz lacrymogènes et canons à eau contre un groupe d'environ 500 jeunes encagoulés, par une soirée froide et pluvieuse. À Marseille, des jeunes ont incendié des poubelles pour bloquer des routes et lancé pierres et bouteilles ; selon la police, plusieurs magasins, dont deux bijouteries, ont été saccagés. Des affrontements ont aussi éclaté à Lyon, Bordeaux, Grenoble, Clermont-Ferrand, Lille, Rennes, Nantes et Toulouse.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez accuse des militants d'extrême gauche et des bandes criminelles de chercher à provoquer des troubles : dans presque chaque marche, dit-il, ces groupes à haut risque se sont formés et détachés du cortège. Il juge la violence moins intense que la semaine précédente : « Ce qui a changé, c'est l'anticipation. » Il évoque aussi des militants d'extrême droite cherchant l'affrontement avec des groupes de gauche à Nice et Montpellier. Les autorités ont déployé 70 000 policiers et gendarmes, soit 10 000 de plus qu'une semaine plus tôt, après avoir reconnu avoir sous-estimé l'ampleur des troubles du 17 octobre.
Business Recorder s'attache à l'effet du dispositif sur la capitale. Le Louvre, le musée d'Orsay, l'Orangerie, le Jeu de Paume et le musée Picasso sont restés fermés par précaution, et l'ensemble du jardin des Tuileries a été bouclé. Des touristes déçus se sont retrouvés devant les grilles ; un visiteur canadien de 67 ans, Don Nowschuk, a suggéré que les autorités réagissaient de façon excessive. Ces fermetures faisaient suite aux couvre-feux locaux décidés après une semaine de violences, décrites comme parmi les pires qu'ait connues la France depuis des années, nées du coût de la vie et de la dégradation des services publics.
SOURCES (2)
- Daily TimesMOYEN
- Business RecorderMOYEN
