ANGLE DOMINANT
Dhaka pèse la marge de manœuvre d'Emmanuel Macron : une contestation qui s'élargit des lycéens aux syndicats et aux gilets jaunes, à six mois de la présidentielle.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le ministère de l'Intérieur compte 410 000 manifestants le 24 octobre, les syndicats environ le double ; 110 000 personnes au moins à Paris.
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70 000 membres des forces de l'ordre déployés ; The Daily Star rapporte près de 1 000 interpellations, contre 2 700 la semaine précédente.
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Syndicats et gilets jaunes appellent à manifester le 31 octobre et à une grève nationale le 5 novembre.
ANALYSE
Dhaka, 25 octobre 2026. Les journaux bangladais suivent la crise sociale française à travers deux angles complémentaires : le bilan sécuritaire du samedi 24 octobre, puis la pression politique qui pèse sur l'exécutif.
The Daily Star ouvre sur les chiffres : la police française a arrêté « près de 1 000 personnes » alors que des centaines de milliers de manifestants ont défilé, des cortèges largement pacifiques cédant la place à des heurts à Paris et à Marseille à la tombée de la nuit, malgré un dispositif destiné à éviter la répétition des troubles de la semaine précédente. Le quotidien rappelle que le 17 octobre, des centaines de commerces avaient été pillés et 2 700 personnes interpellées. Selon le ministère de l'Intérieur, 410 000 personnes ont participé aux marches, les syndicats avançant un chiffre deux fois supérieur. Le cortège parisien principal, aux franges sud-est de la capitale, a réuni au moins 110 000 personnes contre la hausse du coût de la vie et les inégalités croissantes.
Le journal détaille ensuite les violences : gaz lacrymogènes et canons à eau contre un groupe d'environ 500 jeunes cagoulés, poubelles incendiées et jets de pierres à Marseille, boutiques saccagées dont deux bijouteries, heurts à Lyon, Bordeaux, Grenoble, Clermont-Ferrand, Lille, Rennes, Nantes et Toulouse. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez y dénonce des groupes « à haut risque » issus de l'ultragauche. Il fait état de deux blessés graves, à Toulouse et Clermont-Ferrand, et juge le bilan plus « positif » que celui de la semaine précédente, avec 70 000 membres des forces de l'ordre déployés. Le même article note toutefois une « colère généralisée » contre un traitement policier perçu comme une atteinte au droit de manifester.
TBS News déplace le regard vers la suite. Dimanche, syndicats et collectifs ont appelé à de nouvelles manifestations le samedi 31 octobre et à une grève nationale le 5 novembre. Murielle Guilbert, codirigeante de Solidaires, parle d'une « agrégation de colère » où se rejoignent étudiants, salariés et pompiers ; SUD Éducation rejoindra le 31 octobre, la CGT tranchera dans la semaine, et les gilets jaunes prévoient des sit-in devant les mairies et l'Assemblée nationale. Le titre souligne que la marge de réponse de Macron est « minimale », à six mois de l'élection censée désigner son successeur.
La couverture bangladaise ne mentionne ni l'extension de la contestation à l'Italie ni le discours de Marine Le Pen à Orléans : l'attention reste centrée sur la rue française et sur l'équation du pouvoir.
