ANGLE DOMINANT
Kuala Lumpur scrute le bilan policier des manifestations françaises : 1 314 interpellations d'un côté, témoignages de manifestants gazés et matraqués de l'autre, relayés depuis les dépêches de l'AFP.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le ministère de l'Intérieur français a fait état de 1 314 interpellations, 53 policiers blessés, 75 incendies et 24 commerces pillés.
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Deux manifestants ont été grièvement blessés, à Toulouse (homme de 20 ans, plaie à la main) et à Clermont-Ferrand, selon le ministre Laurent Nuñez.
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À la porte de Vincennes, la police a utilisé gaz lacrymogène et matraques en fin de cortège, selon les reporters de l'AFP relayés par Malay Mail.
ANALYSE
Kuala Lumpur, 25 octobre 2026. La presse malaisienne, qui s'appuie sur les dépêches de l'AFP, rend compte de la deuxième fin de semaine consécutive de troubles en France autour de la vie chère. The Sun MY ouvre sur le bilan officiel : 1 314 personnes interpellées et 53 policiers blessés, selon le ministère de l'Intérieur, qui recense aussi 75 incendies et 24 commerces pillés lors des manifestations de samedi. « Plusieurs enquêtes ont été ouvertes », dit-il, sans détail. Il juge « calme » le reste de la nuit, une fois les heurts apaisés.
Le même texte relève que le communiqué de dimanche ne précise pas combien de manifestants ont été blessés. Le ministre Laurent Nuñez avait évoqué tard samedi deux blessés graves, à Toulouse et à Clermont-Ferrand. La préfecture de Toulouse a indiqué à l'AFP qu'un homme de 20 ans avait une plaie à la main ; un secouriste anonyme affirme que « plusieurs doigts » de sa main droite ont été arrachés. À Clermont-Ferrand, la préfecture parle d'une main touchée, sans perte de doigt. La Nouvelle République signale un homme blessé à l'œil gauche à Poitiers.
Malay Mail, sous le titre « Do you hear the people sing? », publie un panorama des reporters de l'AFP déployés dans les villes. À la porte de Vincennes, aux franges est de Paris, la police a employé gaz lacrymogène et charges à la matraque en fin de cortège. Un étudiant, David, le visage entaillé, dit que les policiers « battaient beaucoup de gens ». À Lille, la marche, partie dans une atmosphère plus calme que la semaine précédente, a été plongée dans un nuage de gaz au bout d'une heure, après quelques jets de projectiles vers la police. Eline, 23 ans, manifestait pour la première fois et dit avoir été gazée alors qu'elle ne faisait rien ; Appoline, 25 ans, se disait « terrifiée » par les images de l'action policière et portait une pancarte pour les personnes mutilées lors des précédentes manifestations.
Le prisme retenu est donc celui du maintien de l'ordre et de ses conséquences : chiffres d'arrestations et de blessés d'un côté, témoignages de violences policières de l'autre. L'échéance politique n'est évoquée qu'en toile de fond : la France se dirige vers une présidentielle en avril et mai pour succéder à Emmanuel Macron, qui atteint la limite de ses deux mandats.
