ANGLE DOMINANT
Singapour pèse la marge de manœuvre d'un Macron en fin de mandat : un dispositif massif a contenu la rue, mais la colère sociale s'étend et les finances publiques limitent sa réponse.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le ministère de l'Intérieur recense 1 314 interpellations, 53 policiers blessés, 75 incendies et 24 commerces pillés après le 24 octobre (CNA).
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Syndicats et Gilets jaunes appellent à manifester le 31 octobre et à une grève nationale le 5 novembre (Straits Times).
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En Italie, 9 personnes arrêtées et 371 retenues, dont 110 mineurs, lors des manifestations du 24 octobre (CNA).
ANALYSE
À Singapour, la journée du samedi 24 octobre est d'abord celle d'un test pour Emmanuel Macron. Le Straits Times et Channel News Asia rapportent que 410 000 personnes ont défilé selon le ministère de l'Intérieur, et jusqu'à 800 000 selon la CGT, dont 110 000 à 250 000 à Paris. Le cortège parisien s'est tenu en lisière sud-est de la capitale pour dénoncer la vie chère et les inégalités.
Les deux titres décrivent des rassemblements en grande partie pacifiques, suivis de heurts à la nuit tombée. Les CRS ont tiré des gaz lacrymogènes et utilisé des canons à eau contre environ 500 jeunes cagoulés qui jetaient des pierres. À Marseille, des jeunes ont bloqué une rue et incendié des poubelles ; deux bijouteries ont été visées. Des incidents ont aussi touché Lyon, Bordeaux, Grenoble, Lille, Nantes et Nice. Le Straits Times note que la violence restait moindre que la semaine précédente.
Le bilan chiffré vient du ministère, cité par CNA : 1 314 interpellations, 53 policiers blessés, 75 incendies et 24 commerces pillés. Laurent Nuñez avait prévenu : « We will not tolerate any violence ». Il a fait état de deux manifestants gravement blessés, à Toulouse et Clermont-Ferrand. Un homme de 20 ans a eu plusieurs doigts arrachés, selon un secouriste cité par l'AFP. Le Straits Times relève que des critiques accusent l'exécutif d'en faire trop et avertissent que les troubles pourraient se répéter chaque semaine.
La presse singapourienne s'intéresse surtout à la marge de manœuvre du président. Syndicats et Gilets jaunes réclament de nouveaux rassemblements le 31 octobre et une grève nationale le 5 novembre. Murielle Guilbert (Solidaires) évoque « an aggregation of anger ». En 2019, Macron avait pu baisser le coût des carburants ; sept ans plus tard, les finances publiques laissent peu de latitude, alors que l'élection présidentielle approche, au printemps prochain.
Le volet italien est traité en miroir. Selon CNA, quelques milliers de personnes ont manifesté à Milan et à Rome, avec 9 arrestations et 371 personnes retenues, dont 110 mineurs. Le ministre Matteo Piantedosi a salué le travail de la police, et le gouvernement de Giorgia Meloni a durci ses règles de sécurité. Le Straits Times rattache la colère aux coupes budgétaires et au coût de la vie.
SOURCES (2)
- Straits TimesMOYEN
