ANGLE DOMINANT
Katmandou décrypte la mobilisation française comme un test d'autorité pour Emmanuel Macron, à quelques mois de la présidentielle, plus que comme un dossier de vie chère.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le ministère de l'Intérieur chiffre la participation à 410 000 personnes, contre 550 000 la semaine précédente, la CGT avançant près de 800 000.
- 02
70 000 policiers et gendarmes ont été déployés, 10 000 de plus que le week-end précédent, après une sous-estimation reconnue des troubles du 17 octobre.
- 03
Environ 500 jeunes encagoulés ont été dispersés à Paris au gaz lacrymogène et au canon à eau, avec des heurts aussi à Marseille, Lyon, Bordeaux et Toulouse.
ANALYSE
Katmandou, 25 octobre 2026. La presse népalaise relaie les dépêches d'agences sur la journée de samedi, où plus de 400 000 personnes ont manifesté dans toute la France contre la vie chère et pour le financement de l'école, selon The Rising Nepal, qui reprend l'AP. Le ministère de l'Intérieur chiffre la participation nationale à 410 000 personnes, contre 550 000 la semaine précédente, tandis que la CGT, qui a contribué à organiser certains cortèges, avance près de 800 000. À Paris, 110 000 selon le ministère, 250 000 selon le syndicat ; les autorités ont confiné la marche à la périphérie sud-est, loin du centre.
Le récit insiste sur le contraste entre un défilé d'abord pacifique, une semaine après des émeutes et des pillages dans tout le pays, et la fin de parcours : des manifestants masqués ont lancé des objets et des feux d'artifice sur les policiers, qui ont répondu par gaz lacrymogènes, grenades assourdissantes et canons à eau. The Kathmandu Post, citant Reuters, décrit environ 500 jeunes encagoulés dispersés sous la pluie, puis des heurts à Marseille, où des poubelles ont été incendiées et des magasins, dont deux bijouteries, saccagés, ainsi qu'à Lyon, Bordeaux, Grenoble, Clermont-Ferrand, Lille, Rennes, Nantes et Toulouse.
Le dispositif est présenté en chiffres : 70 000 policiers et gendarmes, soit 10 000 de plus que la semaine précédente, après que les autorités ont reconnu avoir sous-estimé l'ampleur des troubles du 17 octobre. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez accuse des militants d'extrême gauche et des bandes criminelles de chercher à provoquer des troubles et juge la violence moindre qu'une semaine plus tôt. Selon le gouvernement, près de 1 000 arrestations avaient été effectuées au moment de la dépêche de l'AP.
L'angle principal reste politique : plus d'un mois d'agitation, née de mobilisations lycéennes pour davantage de moyens et d'enseignants, met à l'épreuve l'autorité d'Emmanuel Macron dans les derniers mois de son mandat, avant le scrutin de mai. L'AP rapporte que le Rassemblement national accuse le gouvernement de ne pas protéger la population et appelle à transformer la colère en votes pour Marine Le Pen, tandis que Jean-Luc Mélenchon, à l'extrême gauche, est lui aussi candidat. Les deux articles ne mentionnent ni l'Italie ni le bilan définitif du ministère de l'Intérieur.
SOURCES (2)
- The Kathmandu PostMOYEN
- The Rising NepalMOYEN
