ANGLE DOMINANT
Berlin retient d'abord la récompense d'une recherche fondamentale née d'une algue verte, portée par deux chercheurs allemands de Humboldt et de Wurtzbourg.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Peter Hegemann (Humboldt, Berlin) et Georg Nagel (Wurtzbourg) partagent le Nobel avec Karl Deisseroth ; la dotation de 12 millions de couronnes suédoises vaut environ un million d'euros (DW).
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Nagel a montré dans des ovocytes de xénope que la channelrhodopsine-2 est un canal ionique ouvert par la lumière bleue (Tagesschau).
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Hegemann relativise : le cerveau humain « est largement sombre » et l'éclairage optogénétique ne couvre qu'un à cinq millimètres carrés (tagesthemen).
ANALYSE
Berlin, 6 octobre 2026. Le Nobel de médecine, annoncé lundi 5 octobre à Stockholm, est présenté par la presse allemande comme un prix « für zwei Deutsche und einen US-Amerikaner » (DW, FAZ). Peter Hegemann, 71 ans, travaille à l'université Humboldt de Berlin, Georg Nagel, 73 ans, à celle de Wurtzbourg ; l'Américain Karl Deisseroth, 54 ans, est à Stanford.
La Tagesschau raconte la genèse comme une histoire de recherche fondamentale : Hegemann voulait comprendre comment l'algue Chlamydomonas reinhardtii s'oriente si vite vers la lumière. Vers 2000, de nouvelles séquences génétiques de l'algue deviennent publiques et son équipe y repère des gènes proches de protéines photosensibles. Nagel, alors à l'Institut Max-Planck de biophysique de Francfort, introduit ces protéines dans des ovocytes de xénope et montre que l'une d'elles, la channelrhodopsine-2, est un canal ionique commandé directement par la lumière : sous lumière bleue, il s'ouvre et crée un signal électrique. Deisseroth a ensuite transféré le gène dans des neurones de rats, selon DW.
Le jury, cité par la FAZ, estime que la méthode montre « wie Nervenzellen im Gehirn Erinnerungen, Gefühle und Verhaltensweisen formen » et qu'elle est utilisée « in Laboren auf der ganzen Welt ». Abdel El-Manira, du Karolinska, évoque des applications possibles pour la cécité, la dépression, l'addiction ou la démence.
Dans l'entretien des tagesthemen, Hegemann tempère : on peut éclairer le cerveau d'une mouche ou d'un poisson-zèbre, mais le cerveau humain « ist weitgehend dunkel » ; il faudrait y placer un conducteur de lumière, pour un volume de un à cinq millimètres carrés. Le même entretien annonce qu'il réclame « mehr Mut von der Politik ».
Le volet politique et local domine les dépêches de ZEIT : le maire de Berlin Kai Wegner (CDU) y voit une distinction pour la science berlinoise, et la sénatrice de la Science Ina Czyborra (SPD) dit que Berlin est fière de son nouveau lauréat et que le prix montre la valeur de la recherche fondamentale persévérante pour la médecine. Une anecdote de dpa complète le tableau : Hegemann a d'abord ignoré le message du comité Nobel, avant de reconnaître l'indicatif suédois grâce à ses souvenirs de navigation à voile.
DW et FAZ rappellent enfin le contexte : dotation relevée à 12 millions de couronnes suédoises (environ un million d'euros) pour les 125 ans du prix, partagée en trois ; le premier Nobel de médecine, en 1901, était revenu à l'Allemand Emil von Behring.
SOURCES (4)
- ZEIT OnlineMOYEN
- FAZMOYEN
