ANGLE DOMINANT
Ottawa retient du Nobel de médecine le parcours d'un outil : d'une algue d'étang observée par un biophysicien à une méthode qui permet d'interroger le cerveau vivant.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le prix 2026 récompense Karl Deisseroth (54 ans, Stanford), Peter Hegemann (71 ans, Humboldt) et Georg Nagel (73 ans, Wurtzbourg), qui se partagent 12 millions de couronnes suédoises, soit environ 1,7 million de dollars canadiens (CBC).
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Peter Hegemann a étudié la réaction des algues à la lumière dès les années 1980 à Martinsried ; Georg Nagel a produit la protéine dans des ovocytes de grenouille (Globe and Mail).
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Selon Thomas Perlmann, la méthode permet d'allumer ou d'éteindre l'activité de cellules nerveuses individuelles dans un cerveau vivant ; des essais cliniques visent la rétinite pigmentaire (CBC).
ANALYSE
Ottawa, 6 octobre 2026. La presse canadienne rend compte du prix Nobel de physiologie ou de médecine, annoncé lundi 5 octobre à Stockholm, en insistant sur la genèse de l'outil. Le Globe and Mail ouvre sur « une découverte qui a commencé avec des algues et s'est transformée en une méthode puissante pour étudier le cerveau ». Karl Deisseroth, de l'université Stanford, Peter Hegemann, de l'université Humboldt de Berlin, et Georg Nagel, de l'université de Wurtzbourg, sont récompensés pour leurs « découvertes concernant les canaux ioniques activés par la lumière et l'optogénétique ».
Le quotidien torontois retrace l'histoire depuis les années 1980. Peter Hegemann, biophysicien à l'Institut Max-Planck de biochimie de Martinsried, s'intéresse alors à la capacité des algues d'étang à sentir la lumière du soleil et à y réagir, ce qui leur permet de réguler la photosynthèse. Ce phénomène mène aux channelrhodopsines, des protéines que les algues utilisent pour convertir la lumière en signaux électriques. Hegemann trouve le gène associé, que Georg Nagel parvient à produire dans des ovocytes de grenouille pour en étudier la fonction. Abdel El Manira, membre du comité, est cité : les deux chercheurs « avaient découvert l'interrupteur dont les neuroscientifiques rêvaient depuis longtemps ».
CBC News met l'accent sur la portée pour la compréhension du cerveau. Thomas Perlmann, secrétaire général de l'Assemblée Nobel de l'Institut Karolinska, explique que la méthode permet d'allumer ou d'éteindre l'activité de cellules nerveuses individuelles dans un cerveau vivant, et qu'elle sert dans des laboratoires du monde entier. Il rapporte que les trois lauréats, surpris, se sont dits honorés de recevoir le prix ensemble. Anna Wedell, généticienne et membre du comité, juge qu'une nouvelle ère s'ouvre en neurosciences, mais que ce n'est que le début : « Pour la première fois, nous pouvons commencer à comprendre comment le cerveau traite l'information. »
CBC évoque aussi des essais cliniques où des chercheurs tentent de redonner la vue à des personnes rendues aveugles par la rétinite pigmentaire. Les médias canadiens convertissent par ailleurs la dotation : 12 millions de couronnes suédoises, soit environ 1,7 million de dollars canadiens, à partager entre les trois lauréats. Les deux médias situent les lauréats par leurs institutions (un Américain, deux Allemands) sans développer de dimension canadienne ni de débat sur le financement de la recherche. Le Globe publie en outre une brève vidéo reprenant la dépêche de l'Associated Press.
