ANGLE DOMINANT
Washington calcule son retrait : Trump a écarté des frappes contre les Houthis malgré les appels répétés du prince héritier saoudien, préférant limiter son engagement militaire pendant que Londres assure le ravitaillement en vol des chasseurs de Riyad.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le prince héritier Mohammed ben Salmane a appelé Trump deux fois la même journée pour demander des frappes ; Trump a refusé et n'a accepté que de fournir renseignement et données de ciblage (Axios)
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L'amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM, a préparé des options de frappes et les a présentées au secrétaire à la Défense Pete Hegseth samedi, avant que Trump ne renonce (Axios)
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Le responsable houthi Mohamed al-Bukhaiti a assuré à l'AP que son mouvement ne cible « ni les États-Unis, ni aucune autre nation » dans le détroit de Bab el-Mandeb, à l'exception de l'Arabie saoudite (HuffPost World)
ANALYSE
Washington, 22 septembre 2026. Face à la campagne houthie contre l'Arabie saoudite, l'exécutif américain a choisi la retenue plutôt que l'intervention directe, une position qui laisse le champ libre à Londres pour ravitailler en vol les chasseurs saoudiens.
Selon Axios, le président Donald Trump a envisagé, ce week-end, une frappe contre les Houthis avant d'y renoncer. Dix jours plus tôt, le prince héritier Mohammed ben Salmane l'avait appelé deux fois dans la même journée pour le presser d'agir, alors que le groupe soutenu par l'Iran se rapprochait d'un point de passage stratégique de la mer Rouge. Trump avait alors refusé, acceptant seulement de fournir renseignement et données de ciblage. Le week-end dernier pourtant, Riyad, en difficulté face aux avancées houthies, a de nouveau sollicité une action militaire américaine : le commandant du Commandement central (CENTCOM), l'amiral Brad Cooper, a préparé des options de frappes et les a présentées au secrétaire à la Défense Pete Hegseth samedi. Trump a finalement choisi de temporiser, invoquant, selon un responsable, la volonté de ne pas « ouvrir une boîte de Pandore ».
Cette prudence s'explique aussi par les garanties obtenues des rebelles eux-mêmes. Un responsable houthi, Mohamed al-Bukhaiti, a assuré à l'AP que son mouvement ne vise « ni les États-Unis, ni aucune autre nation » dans le détroit de Bab el-Mandeb, à la seule exception de « l'ennemi saoudien ». Des contacts indirects se sont tenus via Oman, médiateur du cessez-le-feu de 2025 qui avait mis fin à une campagne de bombardements américains contre les rebelles. « Les Houthis nous ont appelés, ils ne veulent pas se battre contre nous », a résumé Trump.
Pendant ce temps, Londres avance : le Premier ministre britannique Andy Burnham a confirmé que des avions-ravitailleurs Voyager de la RAF appuieront les chasseurs saoudiens dans des missions jugées défensives, pour plusieurs semaines.
L'enjeu économique pèse tout autant sur le calcul américain. La fermeture de l'oléoduc Est-Ouest saoudien menace d'assécher l'approvisionnement de l'Asie, la Corée du Sud étant la plus exposée avec 34,1 % de ses importations de brut venues du royaume. Washington négocie aussi la vente controversée de 48 F-35 à Riyad, notifiée au Congrès le 17 septembre, un dossier compliqué par les inquiétudes israéliennes et chinoises.
SOURCES (6)
- CNBCMOYEN
- BloombergMOYEN
- HuffPost WorldMOYEN
- AxiosMOYEN
- Bloomberg PoliticsMOYEN
- ABC News WorldMOYEN
