ANGLE DOMINANT
Jakarta pèse le prix humain d'une guerre qui s'étend, entre les six civils tués à Moka et le refus persistant de Washington de s'engager militairement aux côtés de Riyad.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le porte-parole houthi Yahya Saree a revendiqué le tir de "missiles balistiques, missiles de croisière et drones" sur Riyad et l'installation pétrolière de Yanbu le samedi 19 septembre.
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Une frappe de la coalition saoudienne sur le port de Moka a tué six civils, dont deux enfants et une femme, et blessé huit autres personnes, selon l'agence Saba, affiliée aux houthis, citée par l'AFP.
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Rashad Al Alimi, chef du Conseil de direction présidentielle yéménite, a appelé Donald Trump dimanche 20 septembre pour demander un soutien militaire américain contre les houthis ; Trump n'a rien promis.
ANALYSE
Jakarta, 22 septembre 2026. La presse indonésienne dresse le tableau d'une guerre qui déborde ses frontières habituelles, entre attaques houthies contre l'Arabie saoudite et frappes de la coalition saoudienne contre le Yémen. CNN Indonesia rappelle que les rebelles houthis ont visé samedi 19 septembre Riyad et les installations pétrolières de Yanbu avec, selon leur porte-parole Yahya Saree, « un grand nombre de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones ». La défense antiaérienne saoudienne a intercepté les tirs visant la capitale, sans bilan humain rapporté, mais les habitants ont entendu de fortes explosions et l'aéroport international du roi Khaled a connu d'importants retards.
En retour, la coalition dirigée par Riyad a frappé mardi le port yéménite de Moka, tuant six civils, dont deux enfants et une femme, et en blessant huit autres, selon l'agence Saba, affiliée aux houthis, citée par l'AFP. Jakarta relaie ce bilan sans le mettre en doute, signe que la couverture indonésienne donne une place large au récit du camp houthi sur ce terrain précis du bilan civil.
La presse locale souligne aussi le dilemme de Donald Trump. Rashad Al Alimi, chef du Conseil de direction présidentielle yéménite soutenu par Riyad, l'a appelé dimanche pour réclamer un soutien militaire américain contre les houthis ; Trump n'a rien promis. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane l'aurait lui aussi pressé, en vain jusqu'ici, d'attaquer directement le mouvement soutenu par l'Iran. Selon le New York Times, cité par CNN Indonesia, Trump a déjà changé plusieurs fois de position, tiraillé entre la pression saoudienne et le risque d'ouvrir un nouveau front au Moyen-Orient.
Les articles rappellent que les houthis contrôlent désormais l'ensemble de la façade du Yémen sur la mer Rouge, face au détroit stratégique de Bab-el-Mandeb, une prise territoriale qui renforce l'emprise du mouvement soutenu par Téhéran sur deux voies maritimes vitales pour le Golfe. Le renfort britannique — ravitaillement en vol des chasseurs saoudiens par des appareils Voyager de la RAF, annoncé par le premier ministre Andy Burnham comme « défensif » et limité à quelques semaines — n'apparaît que dans un seul article repris de Tempo, sans écho ailleurs dans la couverture indonésienne, davantage centrée sur le sort des civils yéménites et l'attentisme américain.
SOURCES (2)
- CNN IndonesiaMOYEN
- Tempo EnglishMOYEN
