ANGLE DOMINANT
Rome retient surtout le contraste transatlantique : le retrait américain face aux appels saoudiens, plus que la déclaration collective du G7 sur l'Iran.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump a retiré dimanche l'ordre de frapper les Houthis, après le retour anticipé du président de Camp David, alors que la liste des cibles était déjà validée (ANSA)
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Le département d'État américain a approuvé le 17 septembre la vente potentielle de 48 F-35 à l'Arabie saoudite pour environ 24,3 milliards de dollars (Panorama)
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La Repubblica souligne que seul le Royaume-Uni a répondu aux appels saoudiens tandis que l'ONU signale la hausse des victimes civiles et 130 000 personnes déplacées
ANALYSE
Rome, 22 septembre 2026. La presse italienne retient d'abord un contraste transatlantique plutôt que la déclaration collective du G7. Selon La Repubblica, alors que le président Donald Trump a retiré, dimanche, l'ordre de bombarder les Houthis en dépit des appels répétés du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, « soltanto Londra tende una mano ai sauditi » — seul Londres tend la main aux Saoudiens. Le journal souligne que Washington « non vuole farsi coinvolgere nel conflitto yemenita », pendant que l'ONU tire la sonnette d'alarme sur la hausse des victimes civiles et le déplacement de 130 000 personnes.
ANSA détaille la mécanique du renoncement américain : les chasseurs étaient prêts, la liste des cibles validée, les frappes sur le point de commencer. Puis, à en croire « le ricostruzioni del New York Times » reprises par l'agence, la Maison Blanche a fait volte-face après le retour anticipé du président de Camp David. Le prince héritier avait multiplié les appels pendant deux semaines ; même l'entretien avec le président yéménite Rashad al-Alimi n'a arraché aucune promesse de soutien militaire. Trump a justifié le rétropédalage en affirmant discuter directement avec les rebelles : « Parliamo con gli houthi », insistant sur le fait que le mouvement se serait engagé à ne pas viser les intérêts américains. Les conseillers de la Maison Blanche, inquiets d'ouvrir un nouveau front à l'approche des élections de mi-mandat, auraient pesé dans la décision.
Ce retrait américain est mis en regard, dans la presse italienne, avec un autre dossier suivi de près : Panorama rappelle que le département d'État a approuvé, le 17 septembre, la vente potentielle de 48 avions F-35 à l'Arabie saoudite, pour un montant estimé à 24,3 milliards de dollars. L'accord, encore soumis à l'approbation du Congrès, romprait avec la règle américaine de préservation de l'avantage militaire qualitatif d'Israël dans la région — un précédent que Rome observe avec attention, au moment où Riyad affronte une campagne houthie soutenue par l'Iran et où l'engagement occidental reste fragmenté entre Washington, prudent, et Londres, seule à s'avancer. Le sursaut britannique du ravitaillement aérien est ainsi lu à Rome moins comme un choix militaire isolé que comme le symptôme d'un vide laissé par l'hésitation américaine, à quelques semaines d'élections de mi-mandat jugées décisives pour Trump.
