ANGLE DOMINANT
Katmandou mesure la guerre du Yémen à l'aune de ses déplacés plutôt qu'à celle des manœuvres militaires occidentales, quand Londres arme le ravitaillement saoudien et que Washington s'abstient.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon l'OIM, 130 000 personnes ont été déplacées depuis sept gouvernorats yéménites, dont 73 494 rien qu'à Taïz.
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Le premier ministre britannique Andy Burnham a confirmé un accord permettant à des avions Voyager de la RAF de ravitailler en vol des chasseurs saoudiens, pour quelques semaines.
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Washington refuse les appels répétés du prince héritier Mohammed ben Salmane à rejoindre le combat contre les Houthis ; Trump aurait annulé des frappes prévues dimanche, selon le New York Times cité par The Kathmandu Post.
ANALYSE
Katmandou, 22 septembre 2026. La presse népalaise retient d'abord les chiffres de l'exode plutôt que les manœuvres diplomatiques autour du Yémen. Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), citée par Ratopati, 130 000 personnes ont été déplacées depuis sept gouvernorats en raison de l'insécurité croissante, dont 118 086 au 18 septembre et 11 352 supplémentaires en trois jours seulement. Le gouvernorat de Taïz concentre à lui seul 73 494 déplacés. Selon Othman Belbeisi, directeur régional de l'OIM pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, le nombre de personnes déplacées augmente rapidement. Au dimanche soir, 3 106 personnes avaient rejoint Djibouti en traversant la mer Rouge depuis le Yémen.
Ce constat humanitaire s'ajoute à l'annonce, rapportée également par Ratopati, d'un soutien militaire britannique à l'Arabie saoudite. Le premier ministre Andy Burnham a confirmé, en route vers l'Assemblée générale des Nations unies à New York, un accord permettant à des avions Voyager de la Royal Air Force de ravitailler en vol des chasseurs saoudiens. Ce soutien, précise-t-il, ne durera que quelques semaines, sa durée pouvant être révisée selon l'évolution de la situation. Les Houthis ont par ailleurs déclaré un blocus du trafic maritime saoudien dans le détroit de Bab-el-Mandeb et en mer Rouge, visant navires et infrastructures pétrolières, ce qui alimente les inquiétudes sur la sécurité régionale, l'approvisionnement énergétique et le commerce international.
The Kathmandu Post relève de son côté que Washington continue de refuser les appels répétés du prince héritier Mohammed ben Salmane à rejoindre le combat contre les Houthis, malgré une progression éclair du groupe soutenu par l'Iran ce mois-ci vers les hauteurs stratégiques du Yémen, qui menace de couper la côte de la mer Rouge des zones encore tenues par les forces pro-saoudiennes. Le New York Times, cité par le journal, affirme que Donald Trump avait préparé dimanche des frappes contre les Houthis avant de les annuler au dernier moment, alors que des bombes étaient déjà chargées sur les avions. Les Houthis affirment avoir visé Riyad samedi ; le missile aurait été intercepté en vol.
Pour la presse népalaise, l'écart entre l'aide militaire limitée promise par Londres et le retrait américain souligne surtout la fragilité d'une région dont dépend une partie de l'économie régionale, tandis que le nombre de déplacés yéménites continue de grimper.
