ANGLE DOMINANT
Buenos Aires retient d'abord la chute politique d'un homme fort : la presse argentine raconte la fin de quatorze ans de pouvoir de Vučić, battu par un mouvement étudiant né d'une tragédie.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Vučić a déclaré : « À en juger par un échantillon stratifié, il est clair que nous avons perdu ces élections », une heure et demie après la fermeture des bureaux (La Nación).
- 02
Projection du président sortant : 135 à 140 sièges sur 250 pour la Liste étudiante et environ 105 pour le SNS ; résultats partiels de 750 bureaux : 52 % contre 39,3 % (Infobae).
- 03
Le mouvement est né de l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad le 1er novembre 2024, qui a fait 16 morts ; la participation a avoisiné 70 % (La Nación).
ANALYSE
Buenos Aires, 26 octobre 2026. La Nación et Infobae, qui reprend une dépêche d'agence et une dépêche de l'EFE, couvrent la défaite d'Aleksandar Vučić comme un basculement politique interne : la Liste étudiante a remporté dimanche 25 octobre les législatives anticipées serbes, dans un scrutin que La Nación qualifie de « référendum » sur ses quatorze ans au pouvoir, avec une participation proche de 70 %.
Le récit s'ouvre sur l'aveu du dirigeant. « À en juger par un échantillon stratifié, il est clair que nous avons perdu ces élections », a déclaré Vučić devant ses partisans, au siège de son parti à Belgrade, une heure et demie après la fermeture des bureaux de vote et sans résultats définitifs. Il a chiffré à 135-140 sièges sur 250 la Liste étudiante et à environ 105 le Parti progressiste serbe, ce qui donne à l'opposition une majorité absolue. Infobae ajoute des résultats partiels de 750 bureaux : 52 % pour la Liste étudiante, soit 138 sièges, contre 39,3 % et 104 sièges pour la liste Aleksandar Vučić-Serbie unie. Seules les minorités hongroise et albanaise obtiennent aussi une représentation, le seuil étant de 3 %.
La Nación rappelle le parcours de l'homme : vice-Premier ministre et ministre de la Défense de 2012 à 2014, puis Premier ministre pendant trois ans, président depuis 2017. Il avait démissionné de la présidence en septembre pour conduire la liste du pouvoir en candidat au poste de Premier ministre, la Constitution lui interdisant un troisième mandat présidentiel.
Le quotidien insiste sur l'origine du mouvement, l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad le 1er novembre 2024, qui a fait 16 morts, tragédie « attribuée à la corruption ». Infobae présente la tête de liste, Ilija Srdanović, cardiologue et professeur à Novi Sad, et une liste composée d'universitaires, d'économistes, de juristes, d'ingénieurs, de sociologues et d'artistes.
La dépêche de l'EFE donne la parole à Dejan Bodiroga, légende du basket et candidat de la liste : « Nous avons gagné la liberté, grâce à cette jeunesse ». Il y voit, en « apparente référence » à l'Union européenne, la direction que la Serbie veut prendre, seule touche internationale du dossier.
Vučić a pour sa part promis de « lutter », affirmant que « notre structure est très solide » et que « beaucoup se surprendront de voir à quel point certains ont menti ». Les deux médias le qualifient d'ancien président et de dirigeant populiste nationaliste, et ne développent ni programme du futur gouvernement ni enjeux régionaux.
