ANGLE DOMINANT
Stockholm retient la chute d'un homme fort : la presse suédoise présente la défaite de Vučić comme la fin de quatorze ans de pouvoir, arrachée par un mouvement étudiant sans passé politique.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Vučić et le SNS ont reconnu leur défaite peu après 21 h 30, heure suédoise, selon Aftonbladet, après la fermeture des bureaux à 20 heures.
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Une projection Ipsos/CeSID, citée via The Guardian, donne 52 % à la Liste étudiante contre 39,3 % au SNS, soit 138 sièges.
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Sveriges Radio décrit une campagne inégale, Vučić contrôlant des chaînes de télévision et des journaux importants, et mentionne Pegasus, que le gouvernement dément.
ANALYSE
Stockholm, 26 octobre 2026. La presse suédoise rend compte de la défaite d'Aleksandar Vučić comme d'un basculement après quatorze ans de pouvoir. Aftonbladet titre sur une « victoire écrasante » (« Jordskredsseger ») et précise le déroulé : les bureaux de vote ont fermé à 20 heures, heure suédoise, et peu après 21 h 30 le dirigeant et son Parti progressiste serbe (SNS) ont reconnu leur échec. « Nous n'avons pas encore de résultats définitifs, mais, d'après un échantillon, il est clair que nous avons perdu les élections », déclare Vučić, cité par le quotidien, qui rappelle qu'il dirige le pays depuis 2012.
Le même article s'appuie sur une projection Ipsos/CeSID relayée par The Guardian : 52 % pour la Liste étudiante contre 39,3 % pour le SNS, soit 138 sièges, douze de plus que la majorité absolue. Aftonbladet cite aussi Reuters sur une participation la plus élevée depuis 34 ans. Dagens Nyheter, dans un texte plus bref derrière son accès payant, retient que Vučić et son parti « reconnaissent leur défaite » face au mouvement d'opposition issu de la rue, et parle d'un pouvoir perdu au profit de la mobilisation étudiante.
Sveriges Radio avait posé le cadre dès le jour du scrutin. Le service public décrivait des élections législatives après deux ans de protestations, où la Liste étudiante avait une chance de l'emporter, mais dans une campagne « inégale » puisque Vučić contrôle des chaînes de télévision et des journaux importants. Il rapportait que plusieurs étudiants ont découvert le logiciel espion Pegasus dans leur téléphone, ce que le gouvernement dément. La politologue Jelisaveta Blagojević y expliquait que Vučić conserve un appui chez les agents publics, tandis que les partisans de la Liste veulent le changement.
L'origine du mouvement est rappelée sobrement : seize personnes sont mortes quand la toiture d'une gare rénovée de Novi Sad s'est effondrée il y a deux ans, ce qui a lancé des manifestations contre le gouvernement. La Liste étudiante, dirigée par des étudiants sans expérience politique, veut réformer le pays et accuse les autorités de corruption.
La dimension européenne apparaît par une seule voix : l'ambassadeur de l'UE en Serbie, Andreas von Beckerath, s'est dit sur X « profondément préoccupé » par des incidents violents signalés dans plusieurs bureaux, appelant à voter dans un climat « pacifique et sûr ». Les files d'attente étaient longues, note Aftonbladet. Le récit suédois reste centré sur la politique intérieure serbe : la chute d'un homme fort, la solidité de la victoire et l'équité du scrutin.
