ANGLE DOMINANT
Berne retient de la défaite de Vučić la victoire d'un mouvement né du drame de Novi Sad, que la presse suisse présente comme une sanction de la corruption et une affaire qui touche aussi sa diaspora.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Vučić a reconnu la défaite : la Liste étudiante obtiendrait 135 à 140 sièges, le SNS environ 105 (SRF News).
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Selon CRTA, la Liste étudiante recueille 51,5 % des voix contre 40,4 % au SNS, pour une participation proche de 70 %, la plus haute depuis 1992.
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Plus de 4000 électeurs inscrits en Suisse ne pouvaient voter qu'à Berne et Zurich, avec jusqu'à huit heures d'attente devant le consulat de Zurich.
ANALYSE
Berne, 26 octobre 2026. Dans la presse suisse, la défaite d'Aleksandar Vučić est d'abord racontée par le terrain. Le Temps décrit dès 6h30, dimanche 25 octobre, une file devant une école primaire de Zvezdara, quartier de Belgrade « traditionnellement acquis à l'opposition ». Mila, 66 ans, enseignante retraitée, qui a manifesté contre Milošević puis contre Vučić, explique vouloir montrer « notre détermination » par un vote massif et matinal. Le quotidien note des queues d'un kilomètre à Novi Beograd et le chant « Je veux trois baisers », devenu l'hymne de la Liste étudiante, numéro 3 sur les bulletins.
SRF News rapporte que Vučić a reconnu la défaite alors que seules des projections existaient. Selon lui, la liste étudiante obtiendrait entre 135 et 140 sièges, son parti environ 105. La chaîne cite le groupe d'observation CRTA : 51,5 % pour la Liste étudiante, 40,4 % pour le SNS, aucun autre parti au-dessus du seuil de 3 %. La participation avoisine 70 %, un niveau inédit depuis 1992. Le porte-parole des étudiants, le professeur Radomir Sajcic, déclare : « Aujourd'hui nous fêtons la victoire, demain nous façonnons l'avenir. »
Un commentaire de SRF, titré « Un succès pour la démocratie », lit le résultat comme un rejet de la corruption. Il décrit une élite que beaucoup de Serbes tiennent pour une « mafia », prend l'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad, qui a tué 16 personnes, comme symbole, et rappelle que le mouvement est resté près de deux ans dans la rue avant de se doter d'une liste. Il évoque aussi la mainmise de Vučić sur une grande partie des médias et une politique fondée sur la division.
La dimension suisse apparaît à travers la diaspora. Plus de 4000 électeurs s'étaient inscrits en Suisse, mais ne pouvaient voter qu'à Berne et à Zurich. Devant le consulat zurichois, la file a parfois atteint un demi-kilomètre et certains ont attendu huit heures. Ivana Heusser, animatrice de groupe de jeu, dit que son nom et celui de son fils manquaient sur la liste, contrairement à celui de son mari, et n'a d'abord pas pu voter. Le matin même, Vučić avait déclaré : « La volonté du peuple est la volonté de Dieu. »
